‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 60 sur 112 · XXXIII.

XXXIII.

SUR LA MORT DE SIR PETER PARKER, BARONET.

1. Il y a des larmes pour tous ceux qui meurent, un cri de deuil sur la plus humble tombe: mais, au trépas des héros, les nations entières chantent l'hymne funèbre, et la victoire elle-même verse des larmes.

2. C'est pour eux que la douleur envoie le plus pur de ses soupirs sur le sein ondoyant de l'océan: en vain leurs ossemens gisent sans sépulture, toute la terre devient leur monument!

3. Leur sépulture est dans les pages de l'histoire; leur épitaphe, dans toutes les bouches. L'âge présent, les siècles futurs, gémissent sur eux, et leur appartiennent...

4. C'est pour eux que se taisent les joyeux devis du festin, leur nom est le seul son qui règne, tandis qu'à la ronde le souvenir reconnaissant paie à leur vertu le tribut des toasts.

5. Ils font parler d'eux à la foule qui ne les connut pas; ils sont pleurés des ennemis qui les admirèrent. Qui donc ne voudrait partager leur lot glorieux? Qui ne voudrait mourir de la mort qu'ils ont choisie?

6. Ainsi, brave Parker! à jamais sera sacrée ta vie, ta chute, ta renommée! et les jeunes guerriers, enflammés de courage, trouveront un modèle dans ta mémoire.

7. Mais il est des coeurs qui, en te perdant, ont reçu une blessure que la gloire ne saurait cicatriser, et ce n'est qu'en frémissant qu'ils entendent célébrer une victoire où succomba un ami si cher, si intrépide.

8. Que feront-ils pour adoucir leur chagrin? Quand n'entendront-ils plus retentir ton nom? Le tems ne peut nous instruire à l'oubli, quand le regret qui remplit l'ame est nourri par la voix de la renommée.

9. Hélas! ils ne peuvent que pleurer davantage sur leur sort, sinon sur le tien. Ah! combien doit être profond le deuil que nous inspire la mort de celui qui jamais auparavant ne nous donna sujet d'affliction!

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