XXXIV.
PÉNIBLE SOUVENANCE (1808).
1. Quand nous nous séparâmes l'un de l'autre, dans le silence et dans les larmes, le coeur déchiré et mourant à demi, pour une absence de longues années; pâle et froide devint ta joue; et plus froid ton baiser. En vérité, cette heure du passé prédit les chagrins à l'heure d'aujourd'hui.
2. La rosée du matin tomba glacée sur mon front;--elle me donna comme un pressentiment de ce que je sens aujourd'hui. Tes sermens sont tous rompus, et ta renommée sans honneur. J'entends prononcer ton nom, et j'ai part à la honte qui s'y attache.
3. On te nomme devant moi,--oh! supplice pour mon oreille! Un frisson me parcourt:--pourquoi me fus-tu si chère? On ne sait pas que je t'ai connue; moi qui, hélas, t'ai connue trop bien:--long-tems, ah! long-tems, je te maudirai,--trop profondément pour parler.
4. En secret, nous nous sommes vus:--en silence, je m'afflige que ton coeur ait pu oublier, et ton esprit s'abaisser à la perfidie. Si je te revoyais jamais après longues années, comment t'accueillerais-je?--Avec le silence et les larmes.