‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 67 sur 112 · XL.

XL.

LE DÉPART.

Vierge chérie! le baiser que ta lèvre a imprimé sur la mienne y laissera une trace fidèle, jusqu'à ce qu'en des jours plus heureux je puisse te le rendre aussi pur que tu me le donnas. Ton oeil, en répandant sur moi si doux regards d'adieu, peut lire dans le mien une tendresse égale: les larmes qui coulent de ta paupière ne peuvent pleurer mon inconstance[154]. Je ne demande aucun gage d'amour dont la vue seule me rende heureux dans l'absence, aucun souvenir pour ce sein dont toutes les pensées sont à toi. Ai-je besoin d'écrire?--Non:--pour conter mon ardeur, ma plume serait deux fois trop faible. Oh! à quoi bon de vains mots, si le coeur ne peut parler? Jour et nuit, dans la bonne ou mauvaise fortune, ce coeur, qui n'est plus libre, nourrira l'amour qu'il ne peut montrer, et souffrira en silence pour toi.

[Note 154: M.A.P. traduit: «La larme qui mouille ta paupière ne saurait rien effacer de mon coeur,» ce qui est à coup sûr un contre-sens, et me semble même un non-sens.]

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