VII.
STANCES A UNE LADY, EN LUI DONNANT LES POÈMES DE CAMOENS.
1. Peut-être, ô vierge chérie! apprécieras-tu en ma faveur ce gage sacré d'une tendre estime: ce livre dit les rêves enchanteurs de l'amour, sujet que nous ne pouvons point mépriser.
2. Qui blâme l'amour? c'est la sottise envieuse; c'est là vieille fille désappointée, ou l'élève d'une école de prudes, condamnée à se faner dans un ennui solitaire.
3. Lis donc, vierge chérie; lis avec abandon: car tu ne seras jamais au nombre de telles femmes: ce n'est point en vain que je réclamerai de toi quelque pitié pour les maux du poète.
4. C'était un barde vraiment inspiré; son feu ne fut ni faible ni mensonger: puisse l'amour qui fut sa récompense être aussi la tienne! Mais puisse ta destinée n'être point aussi cruelle[7]!
[Note 7: Allusions aux malheureuses amours de Camoëns avec Alayde.]