‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 8 sur 112 · VIII.

VIII.

A M*** (1806).

1. Oh! si ces yeux brillaient, non d'une flamme ardente, mais d'une tendre émotion, peut-être exciteraient-ils de moins vifs désirs, mais tu serais aimée plus qu'une mortelle.

2. Malgré les rayons sauvages de ces astres, tes angéliques attraits nous obligent à l'admiration, qui bientôt fait place au désespoir: car ce coup d'oeil fatal nous défend l'estime.

3. Quand la nature t'introduisit si belle en cette vie, elle craignit que la terre ne fût indigne de la divine perfection de tes charmes, et que le ciel ne t'appelât parmi ses habitans:

4. Aussi, pour garder son plus cher ouvrage, pour empêcher les anges de lui en disputer la possession, elle cacha, dans ces yeux naguère célestes, un éclair terrible toujours prêt à étinceler.

5. Ces yeux pourraient faire pâlir le plus hardi des sylphes, quand ils rayonnent comme le soleil en son midi; ta beauté doit nous enflammer tous; mais qui peut affronter le feu de ton regard?

6. On dit que la chevelure de Bérénice, métamorphosée en étoiles, orne la voûte de l'Empyrée; mais toi, tu n'y seras jamais admise: tu éclipserais trop les sept planètes.

7. Car si tes yeux brillaient dans l'espace, à peine laisserais-tu paraître la lumière des planètes, dont tu serais devenue la soeur: les soleils eux-mêmes qui régissent les divers mondes, ne jetteraient qu'une sombre lueur dans leur propre sphère.

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