LI.
SUR UNE JEUNE RELIGIEUSE. SONNET TRADUIT DE VITTORELLI.
Ce sonnet fut composé au nom d'un père qui venait de perdre sa fille, peu de tems après l'avoir mariée, et adressé au père d'une jeune personne qui avait tout récemment pris le voile.
Deux filles, don du ciel,--deux filles, aussi modestes que belles au milieu des hommages, faisaient notre bonheur: et maintenant, misérables pères que nous sommes! le ciel appelle leur vertu à de plus nobles destinées, et en les voyant l'une et l'autre, il les a réclamées toutes deux ensemble. La mienne, parmi les flambeaux de l'hymen, qui à peine allumés s'éteignent, expire--hélas!--trop tôt. La tienne, enfermée dans les grilles du cloître, éternelle captive, n'aspire qu'à son Dieu. Mais toi, du moins, à travers la porte jalouse qui interdit à jamais à vos yeux de se rencontrer, tu peux entendre encore la voix douce et pieuse de cette vierge. Moi, je me jette sur le marbre où repose ma fille,--je verse un torrent de larmes amères; je frappe, frappe, frappe--et n'obtiens point de réponse.