VII.
LA FILLE DE JEPHTÉ.
1. Puisque notre patrie et notre Dieu.--ô mon père--demandent que ta fille expire; puisque tu achetas ton triomphe au prix de ce voeu,--frappe le sein que maintenant je te découvre moi-même.
2. La voix de mon deuil est désormais muette, les montagnes ne me reverront plus: si la main que j'aime me précipite dans la tombe, ah! je reçois le coup sans douleur.
3. Et sois bien sûr, oh! mon père,--que le sang de ta fille est aussi pur que la bénédiction que j'implore avant qu'il ne soit versé; aussi pur que la dernière pensée qui adoucit mon trépas.
4. Malgré les lamentations des vierges de Jérusalem, sois un juge, un héros inflexible! j'ai gagné pour toi une grande victoire; par moi, mon père et mon pays sont libres.
5. Quand ce sang que tu as dévoué aura arrosé la terre, quand la voix que tu aimes sera muette, puisse mon souvenir faire toujours ton orgueil! N'oublie pas que j'ai souri en mourant!