VIII.
O TOI, QUI NOUS ES RAVIE DANS LA FLEUR DE LA BEAUTÉ.
1. O toi, qui nous es ravie dans la fleur de la beauté, une tombe pesante ne chargera pas ta cendre. Mais sur le gazon qui te couvre, la rose épanouira ses corolles et devancera les autres fleurs de l'année, et le sauvage cyprès balancera son ombre mélancolique.
2. Souvent, auprès de l'onde bleue de ce ruisseau, la douleur penchera sa tête languissante, se repaîtra de profonds rêves de deuil, restera immobile et pensive, ou s'éloignera d'un pas léger,--hélas! comme si les pas des vivans pouvaient troubler les morts.
3. Nous savons que les larmes sont vaines, que la mort n'écoute ni n'entend nos plaintes. Cette pensée nous apprendra-t-elle à ne pas gémir? L'oeil qui pleure un objet chéri en pleurera-t-il moins? Non.--Arrière donc, toi qui me dis d'oublier:--toi-même as les joues pâles et les paupières humides.