VII.
LA RENOMMÃE, LA SAGESSE, L'AMOUR ET LE POUVOIR.
La renommée, la sagesse, l'amour et le pouvoir étaient à moi, et la santé et la jeunesse étaient à moi; mon verre se rougissait des vins de tous les climats, et d'aimables beautés me prodiguaient leurs caresses; je voyais briller mon cÅur dans les yeux de la beauté, et je sentais mon ame s'attendrir; tout ce que peut accorder la terre, ou l'homme désirer, m'appartenait dans une royale splendeur.
J'essaie de compter les jours que la mémoire peut rappeler de l'oubli, avec tout ce que la vie ou la terre déploient de séductions; il ne s'est levé aucun jour, il ne s'est passé aucune heure de plaisir, sans être mêlé d'amertume; et aucun ornement de ma puissance ne brilla sans se flétrir.
Le serpent des campagnes se laisse prendre par des artifices et des charmes; mais celui qui entoure le cÅur de ses replis, oh! qui a le pouvoir de l'arracher par un charme? Il n'est point docile à la science de la sagesse, et sa voix ne peut le séduire; mais il darde à jamais son venin dans l'ame qui est condamnée à ses tortures.