IX.
VERS ÃCRITS SOUS L'IMPRESSION D'UNE MORT PROCHAINE.
Oublierai-je ici la scène encore présente à ma pensée? Les rochers s'élèvent et les ruisseaux coulent dans les lieux champêtres que la passion rendait fortunés. Cependant, Marie, tous tes charmes m'apparaissent encore aussi frais que dans un songe délicieux d'amour.
Oublie ce monde, ô mon ame agitée; tourne, tourne tes pensées vers le ciel; tu y dirigeras bientôt ton essor, si tes erreurs te sont pardonnées. Ignorée des bigots et des sectaires, incline-toi devant le trône du Tout-Puissant, adresse-lui ta tremblante prière. Lui, qui est clément et juste, ne rejettera pas la prière de l'enfant de la poussière, quoiqu'il soit le moindre objet de ses soins. Père de la lumière! j'élève vers toi mes accens; tu vois mon ame triste et sombre: toi qui peux observer la chute du moineau, détourne de moi la mort du péché. Toi qui guides l'étoile errante, qui apaises la guerre des élémens, qui as pour manteau les cieux immenses; pardonne-moi mes pensées, mes paroles, mes crimes; et puisque je dois bientôt cesser de vivre, apprends-moi comment je dois mourir.
1807.