XIV.
CHANSON.
Je ne dis pas, je n'écris pas, je ne murmure pas ton nom: le son m'en serait pénible; je serais coupable de le divulguer. Mais cette larme qui brûle ma joue décèle les pensées profondes qui assiègent mon cÅur silencieux.
Ces heures ont été trop courtes pour notre passion, trop longues pour notre repos!--Leur joie ou leur amertume pourrait-elle cesser? Nous nous repentons,--nous abjurons notre amour,--nous voulons rompre notre chaîne,-nous voulons nous séparer,--nous voulons nous fuir--pour nous unir encore!
Oh! que le bonheur t'appartienne, que la faute ne soit qu'à moi! Pardonne-moi, femme adorée!--oublie-moi, si tu veux;--mais ce cÅur qui est à toi expirera sans s'abaisser ou s'avilir: et jamais homme ne le brisera;--quoique toi tu en aies le pouvoir.
Fière avec les superbes, mais humble avec toi, sera toujours cette ame, dans sa noirceur la plus amère. Quand tu es à mes côtés, les jours passent plus rapidement; et tous les momens me paraissent plus doux que si des mondes étaient à mes pieds.
Un soupir de ta douleur, un regard de ton amour, fixera, changera mon sort. Ceux qui n'ont point d'ame s'étonneront de tout ce que j'abandonne pour toi; tes lèvres répondront, non aux leurs, mais aux miennes.