XIII.
A UN AMI.
L'amitié est l'amour sans ailes[loc36].
[Note loc36: Cette devise est en français dans l'original.]
Pourquoi mon cÅur affligé gémirait-il de ce que ma jeunesse est passée? je puis encore compter des jours heureux: la faculté d'aimer n'est pas encore morte en moi. En revenant sur mes premières années, un souvenir durable, une vérité impérissable m'apporte une céleste consolation; portez-la, souffles de la brise! portez-la aux lieux où mon cÅur s'émut pour la première fois.--
L'amitié est l'amour sans ailes ... ... ... ... ...[loc37]
[Note loc37: Il manque ici six stances que nous n'avons pu nous procurer.]
Séjour de ma jeunesse! ton clocher lointain me rappelle toutes ces scènes joyeuses; mon sein brûle de sa première flamme,--je redeviens enfant par la pensée. Ton bosquet d'ormeaux, ta colline verdoyante, chacun de tes sentiers me ravissent encore; chaque fleur exhale un double parfum. Il me semble encore, au milieu de nos doux entretiens, entendre chacun de mes chers compagnons s'écrier:
L'amitié est l'amour sans ailes.
Mon Lycus! pourquoi pleures-tu? retiens tes larmes qui tombent; l'affection peut dormir quelque tems, mais, oh! sois-en sûr, elle se réveillera de nouveau. Pense, pense, mon ami, lorsque nous nous retrouverons, combien sera douce cette réunion si long-tems désirée! Mon ame bondit de joie à cet espoir. Quand deux jeunes cÅurs sont si pleins d'affection, l'absence, mon ami, ne peut que redire:
L'amitié est l'amour sans ailes.