‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 2 sur 42 · I.

I.

VERS ADRESSÉS A L'OBJET DE SES AFFECTIONS APRÈS SON MARIAGE.

Il fut un tems, je n'ai pas besoin de le nommer, puisqu'il ne sera jamais laissé dans l'oubli,--où tous nos sentimens, toutes nos émotions étaient les mêmes, comme mon ame est encore la même pour toi.

Et depuis cette heure où ta bouche m'avoua, pour la première fois, une flamme qui égalait la mienne, quoique mon cœur ait eu plus d'un tort envers toi, tort caché, et par là non ressenti par le tien.

Aucun cœur,--non, aucun cœur n'a été si profondément abattu, en pensant avec quelle rapidité cet amour s'était enfui, éphémère comme chaque infidèle baiser!--mais éphémère dans ton cœur seulement.

Cependant le mien éprouva quelques consolations en entendant récemment tes lèvres déclarer, par des accens crus autrefois sincères, que tu conservais le souvenir des jours qui ne sont plus.

Oui, mon adorée! et cependant ma cruelle amie; quoique tu ne veuilles plus aimer de nouveau, il m'est doublement doux de penser que le souvenir de cet amour se conserve dans ton cœur.

Oui, c'est pour moi une glorieuse pensée; mon ame ne se plaindra plus désormais, quelle que tu sois ou que tu puisses être; tu as été tendrement, uniquement à moi.

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