XVII.
A LADY JERSEY. SUR CE QUE LE PRINCE RÃGENT AVAIT EXCLU SON PORTRAIT DE SA GALERIE DE BEAUTÃS.
Lorsque le vain triomphe du maître impérial auquel Rome obéissait en l'abhorrant, offrit aux yeux vulgaires chaque buste glorieux qui représentait l'image d'un brave ou d'un juste, qu'est-ce que le regard scrutateur de la foule admirait le plus de tout ce que lui découvrait cette passagère exhibition?--Quel est le murmure d'étonnement que ce spectacle fit passer de bouche en bouche? Le nom de Brutus, car son image était absente. Cette absence prouvait sa vertu; cette absence fixait son souvenir dans tous les cÅurs pensifs.--Si donc, belle Jersey! notre regard admirateur cherche ton portrait, dans un muet étonnement, parmi tous ces charmes dépeints qui brillent avec moins d'éclat de ton absence,--si lui, ce vain et sot vieillard, admis par confiance l'héritier de la monarchie de son père,--si son Åil corrompu et son cÅur flétri ont pu supporter d'être séparés de ton image charmante, que cette honte sans goût lui reste, et à nous le regret de contempler une troupe de beautés sans leur chef[loc39]!
[Note loc39: Ce mot est en français dans l'original.]
Mais une pensée consolante nous rassure, nous perdons le portrait, mais nous conservons nos cÅurs! Qui peut maintenant visiter cette galerie vantée? C'est un jardin avec toutes ses fleurs, sans la rose; une fontaine qui manque seulement d'eaux vives; une nuit étoilée sans la présence de Diane! Les portraits présens de chaque beauté sont perdus pour nos yeux, parce qu'en les contemplant, ils nous font rêver à toi. Cependant ton âge, à son midi, peut encore briller long-tems avec tout ce que la vertu demande pour hommage;--l'élégance de la jeunesse, la grâce du maintien, l'Åil qui inspire la joie, le front serein, la noirceur éblouissante de cette chevelure bouclée qui ombrage, en le laissant voir, ce front si beau[loc40]; ce regard qui nous séduit, et cette vie qui jette un charme dont le pouvoir ne permet pas à nos regards de se reposer, mais les force à revenir et à découvrir toujours de nouveaux attraits. Rien n'est affaibli de ces charmes qui sont toujours aussi brillans, et même trop éblouissans pour la vue d'un radoteur[loc41]. Ils doivent attendre que chacun de ces attraits soit passé pour plaire au cÅur chétif qui ne plaît à aucun; à ce stupide et froid sensualiste, dont l'Åil sec, dans sa noire envie, a écarté ton portrait; et qui a mis à la torture son pauvre esprit pour réunir en soi la haine de la liberté, et l'amabilité qui t'appartient.
[Note loc40: More than fair.]
[Note loc41: Dotard.]