II. - L'ADIEU.
A UNE DAME.
Quand l'homme, chassé des bosquets d'Ãden, s'arrêta quelques instans sur le seuil de la porte, chaque pas lui rappelait des heures évanouies, et lui faisait maudire son avenir.
Mais errant à travers de lointains climats, il apprit à porter le poids de son chagrin; il ne fit plus que donner un soupir aux souvenirs du tems passé, et trouva du soulagement au milieu de scènes plus agitées.
Ainsi, madame, doit-il en être de moi; je ne dois plus revoir tes charmes: car quand je m'arrête près de toi, je soupire pour tout ce que j'ai connu autrefois.
En te fuyant, je serai sûrement sage; car j'échapperai aux piéges de la tentation: je ne puis pas voir mon paradis sans désirer d'y entrer.