V.
A MARIE.
Ne te souviens pas de moi, ni de ces heures bien-aimées, de ces heures évanouies, où toute mon ame était à toi,--heures qui ne peuvent jamais être oubliées, avant que le tems n'énerve nos puissances vitales, et que toi et moi ayons cessé d'être.
Puis-je oublier, peux-tu oublier toi-même ce tems où, jouant avec tes cheveux dorés, ton cÅur, avec vivacité, répondait à mes jeux? Oh! par mon ame! je te vois encore, avec des yeux si languissans,--un sein si beau, et des lèvres, quoique silencieuses, qui murmuraient l'amour.
Lorsqu'ainsi tu te penchais sur mon cÅur, ces yeux laissaient échapper un éclat si doux, que, quoiqu'à moitié réprobateur, il inspirait le désir; et alors nous nous serrions plus près, et encore plus près,--et nos lèvres frémissantes s'efforçaient de se rencontrer comme pour expirer dans leurs baisers.
Et alors ces yeux pensifs voulaient se fermer, et leurs deux paupières se rapprochaient en voilant leurs orbites d'azur,--tandis que leurs longs et humides regards semblaient fuir sur ta joue brillante d'amour.
FIN DES POÃSIES ATTRIBUÃES A LORD BYRON.