III).
La bonne leçon est donc: Ne couche de rien moins que (ou de) l’immortalité.
-- v. 18.
Tous ses papiers seruir à la chaire percée, 1608; chaise percée, 1609 & 1613.
Page 20, v. 24.
Selon que le requiert ou l’age ou la santé, 1612 & 1613; et selon que, 1603.
-- v. 26.
Ie n’ay comme ce Grecq des Dieux grand interprete.
Hésiode, auteur d’une théogonie où il expose la généalogie & les amours des dieux.
-- v. 30.
Resuant comme vn oyson qu’on mene à la pature; allant à la pature, 1609 à 1613.
Variante vicieuse qui répète le mot allant du vers antérieur.
Page 21, v. 9.
Mais retournons à nous, & sages deuenus, 1613; & sage deuenus, 1608 & 1612.
S. III, p. 22.
Cœuvres (Marquis de), François-Annibal d’Estrées, né en 1573, mort en 1670, frère de Gabrielle; il fut nommé évêque de Noyon à vingt & un ans, puis, douze années plus tard, en 1626, il devint maréchal de France.
Page 23, v. 28.
Estant serf du desir d’aprendre & de sçauoir; du desir, d’aprendre, 1609.
-- v. 34.
Si la science pauure, affreuse est mesprisée, 1608; affreuse & mesprisée, 1609 à 1613.
Page 24, v. 3.
Et si lon nest docteur sans prendre ses degrés; si l’on n’est, 1612 & 1613.
Nest pour naist, comme plus loin, p. 61, v. 23, tresne pour traisne. La véritable leçon paraît être: Si l’on est.
-- v. 10.
En credit esleuez ils disposent de tout, 1608 & 1613; du tout, 1609 & 1612.
Page 24, v. 22.
Entre l’espoir du bien, & la peur du danger de froisser...; du danger, 1609 & 1612.
Page 25, v. 8.
Et le surnom de bon me va t’on reprochant, correction; 1608 donne tou pour ton. Cette inversion est très-fréquente chez notre poëte:
Et moins avance t’on.
(S. XI.)
Et change la nature De sept ans en sept ans nostre temperature.
(S. V.)
D’autre part, 1609, 1612 & 1613 portent: Et le surnom de bon me va tout reprochant.
Cette dernière leçon est correcte. Le vers devient moins dur; mais la pensée perd en précision.
-- v. 24.
Offrir tout de la bouche & d’vn propos menteur; repos, 1613.
-- v. 29.
Ainsi qu’asnes ces gens sont tout vestus de gris; tous vestus, 1609 à 1613.
Page 26, v. 27.
N’est plus rien qu’vne idolle; vn idole, 1612 & 1613.
-- v. 34.
Il faut estre trop pront, escrire à tout propos, 1608 & 1612; trop prompt à escrire, 1613.
Page 29, v. 15.
Compere, ce dit-il, 1608 & 1609;--Et comme, 1612 & 1613. Faute évidente due au vers précédent & au suiuant qui tous deux commencent par Et comme.
-- v. 19.
Et d’vn œil innocent il couuroit sa pensée, 1608 & 1612; la pensée, 1613.
Page 29, v. 32.
N’en deplaise aux Docteurs, Cordeliers, Iacopins; Iacobins, 1609 à 1613.
Page 30, v. 14.
Et qui morts nous profite; même leçon en 1609 & 1612; ne profite, 1613.
Page 31, v. 2.
Puis qu’en ce monde icy on n’en faict differance; on en fait difference, 1613.
-- v. 15.
De tout, peut estre en fin; du tout, 1612 & 1613.
-- v. 19.
... Sinon de dire voire, 1609 à 1613, sinon dire voire, 1608.
-- v. 23.
Puis que pauure & quémande, 1608 à 1612; quaymande, 1613.
Page 32, v. 1.
I’aurais vn beau teston, 1608 & 1613; vn beau teton, 1609 & 1612.
-- v. 15.
S’auancer par cet’ art; cet art, 1609 à 1613.
-- v. 21.
S’acorde d’armonie; s’acorde d’harmonies, 1612.
-- v. 25.
D’vn autre œil nous verrons les fieres destinées, 1608 à 1612; les hautes destinées, 1613.
Page 33, v. 15.
Qui sert de fable au peuple, aux plus grands de risée; & aux grands, 1612 à 1613.
Page 33, v. 25.
Apollon est gené par de sauuages loix; des sauuages loix, 1609 à 1613.
-- v. 31.
Les poetes plus espais; espois, 1612 & 1613.
Page 34, v. 27.
Qu’ils ont tiré cet’ art; cet art, 1609 à 1613.
Page 35, v. 8.
Et que c’est mon amy, vn gremoire & des mots; vn grimoire, 1609 à 1613.
-- v. 11.
Mon tans en cent caquets, 1609 à 1613; ces caquets, 1608.
-- v. 14.
Doncq’ sans mettre l’enchere; mettre enchere, 1609 à 1613.
S. V, p. 36.
Bertault (Jean), né à Caen en 1552, mort en 1611. Secrétaire & lecteur de Henri III dès 1577, il devint abbé d’Aulnay au diocèse de Bayeux en 1594, & premier aumônier de Marie de Médicis en 1600. Enfin, en 1606, il fut nommé évêque de Sées.
-- v. 5.
Chaque fat a son sens, correction; à son sens, 1608 & 1609; chasque fait à son sens, 1612; chasqu’vn fait à son sens, 1613.
-- v. 17.
Et disent, ô chetifs qui mourant sur vn liure; que mourant, 1609 à 1613.
Page 37, v. 3.
Comme la mort vous fait, la taigne le deuore; vous deuore, 1609 à 1613.
-- v. 14.
Digerent la viande; leur viande, 1609 à 1613.
Page 37, v. 20.
De la douce liqueur roussoyante du ciel; rosoyante, 1609 à 1613.
-- v. 28.
Or sans me tourmenter des diuers apetis, 1608; de diuers apetis, 1612 & 1613.
Page 38, v. 2.
C’est ce qui m’en deplaist; me desplaist, 1609 à 1613.
-- v. 5.
Qui dans le four l’Euesque enterine sa grace; entherine, 1609 à 1613.
-- v. 11.
Et que iamais sergent, 1608 & 1613; & qui iamais, 1609 & 1612.
-- v. 20.
Scaures du temps present; Sçaurez, 1609 à 1613.
-- v. 34.
Et ores on contraire, on m’obiecte à peché, 1608 & 1609; on m’abiecte, 1612 & 1613.
Page 39, v. 5.
Au vif entendement; en cet entendement, 1609 à 1613.
-- v. 11.
Et brauant les faueurs; En brauant, 1612 & 1613.
-- v. 22.
Chaque age a ses façons & change la Nature; de nature, 1609 à 1613.
-- v. 26.
Auecq’ l’age s’altere, 1608 & 1612; auec l’ame, 1613.
Page 40, v. 13.
Et d’vn cœur obstiné se heurte à ce qu’il aime, 1612 & 1613; s’heurte à ce qu’il aime, 1608.
Page 40, v. 25.
Imbecile, douteux, 1608 & 1612; douteur, 1613.
Page 41, v. 31.
Gouuernoit vn enfant & faisant le preud’homme; faisoit, 1609 à 1613.
Page 42, v. 1.
De son pedant qu’il fut, deuient son maquereau, 1608 & 1612; deuint son maquereau, 1613.
-- v. 16.
Peres des siecles vieux, exemple de la vie, 1608 & 1612; exemples, 1613.
-- v. 32.
Et de façons nouuelles, 1608 & 1612; & des façons, 1613.
Page 43, v. 5.
Sçait escrire & porter les vers, & les poulets; tes poulets, 1612.
S. VI, p. 44.
Béthune (Philippe de), comte de Selles, 1561-1649. Frère puîné de Sully, il fut chargé d’ambassades importantes en Écosse & à Rome. Louis XIII l’envoya en Autriche. Il fut gouverneur de Gaston d’Orléans. On trouve dans les manuscrits de la Bibl. nat., nº 3484 f. fr., les instructions dont il fut pourvu avant son départ, le 23 août 1501.
-- v. 5.
Où comme au grand Hercule; vn grand hercule, 1612 & 1613.
-- v. 8.
Tissu bijarement; bigarrement, 1609 à 1613.
Page 45, v. 4.
Je ne veux qu’à mes vers vostre Honneur se derobe; nostre, 1612 & 1613.
Page 46, v. 25.
A toy qui des ieunesse apris en son escolle, As adoré l’honneur, 1608 & 1612; appris en son escole A adorer, 1613.
Page 47, v. 1.
L’honneur que soubs faux titre habite auecque nous; auecq’ nous, 1609 à 1612.
-- v. 7.
Qui nous veut faire entendre en ses vaines chimeres; ces vaines, 1609 à 1613.
Page 48, v. 3.
Que la terre de soy le fourment raportoit, 1608 & 1609; le froment, 1612 & 1613.
-- v. 24.
Qui de l’auoir d’autruy ne se soulent iamais, 1608 & 1609; se saoulent, 1612 & 1613.
-- v. 27.
D’où naquit le Bordeau, 1608 & 1609; le bourdeau, 1612 & 1613.
Page 49, v. 1.
Ce fier serpent qui couue vn venin soubs des fleurs; venim, 1609 & 1612.
-- v. 17.
Qu’il n’est rien de si beau, 1608 & 1612; qui n’est rien, 1613.
-- v. 32.
Cil qui mist les Souris en bataille.--Homère dans la Batrachomyomachie.
-- v. 33.
Qui sceut à la Grenouille aprendre son caquet.--Aristophane, auteur de la comédie des Grenouilles.
-- v. 34.
L’autre qui fist en vers vn Sopiquet.--Virgile & son petit poëme intitulé Moretum.
Page 50, v. 1.
Ie ferois esloigné; serois, 1609 à 1613.
Page 50, v. 12.
Ce malheureux honneur a tint le becq en l’eau; a tins, 1609 à 1613.
-- v. 15.
Qui s’en va doucement; qu’il s’en va, 1609 & 1612.
-- v. 17.
S’il veut que plus long tans à ces discours ie croye; ce discours, 1609 à 1613.
-- v. 23.
Et le mal qui caché nous oste l’embon-point; l’embom-point, 1609 & 1612; l’embompoint, 1613.
S. VII, p. 52, v. 8.
Et duquel il vaut moins; il vaut mieux, 1609 à 1613.
Page 53, v. 6.
Tant il est mal aisé d’oster auecq’ estude; auecq’ l’estude, 1609 à 1613.
-- v. 23.
Mes amours ne limitent, 1608; me limitent, 1612 & 1613.
-- v. 34.
Toutesfois estant femme, elle aura ses delices; les delices, 1612.
Page 54, v. 2.
Qui dans l’estat d’amour la sçauront maintenir; sçauroit, 1609 à 1613.
-- v. 6.
Captiuant les Amans des mœurs ou du discours; de mœurs ou de, 1609 à 1613.
-- v. 9.
Qui voyant les deffaux; que voyant, 1612 & 1613.
Page 55, v. 1.
Et qu’au sarail du Turc, 1608 & 1612; & qu’au serrail, 1613.
-- v. 29.
Se la promet sçauante, 1608 & 1612; sçauant, 1613.
-- v. 30.
Que l’autre parle liure & fasse des merueilles, 1608 & 1609; de merueilles, 1612 & 1613.
Page 57, v. 1.
Que i’aimeray, ie croye; ie croy, 1609 & 1612.
-- v. 4.
Sans cordes, sans timon, 1608; sans corde, 1612 & 1613.
-- v. 7.
Se rit de voir de flots, 1608; des flots, 1609 à 1613.
S. VIII, p. 58.
Charles de Beaumanoir de Lavardin, 1586-1637, descendant des Beaumanoir & fils du maréchal de France, Jean de Lavardin, gouverneur du Maine. Il fut à huit ans pourvu de l’abbaye de Beaulieu-les-Mans, & en 1601, le roi l’appela à l’évêché du Mans, laissé vacant par Claude d’Angennes de Rambouillet. Il ne prit toutefois possession du siége que dix années plus tard.
-- v. 5.
Faisant mainte oraison, 1608 & 1612; oraisons, 1613.
-- v. 6.
Et tout percé des pointes, 1608 & 1612; de pointes, 1613.
Page 59, v. 8.
Entre les mains des Iuys, 1608; des Iuifs, 1612 & 1613.
-- v. 23.
Il poursuyt, mais amy, laissons le discourir, correction; Ie poursuyt, 1608; Ie poursuis, 1609 à 1613.
Page 60, v. 29.
Te iurant mon amy que ie quitté ce lieu, 1608 & 1609; i’ay quitté, 1612 & 1613.
Page 62, v. 20.
Pour vn qui n’a du tout nul acquis de science; acquis nulle science, 1609 à 1613.
Page 63, v. 4.
M’eust donné l’anguillade, 1608; anguilade, 1612 & 1613.
Page 64, v. 8.
Comme on fait son trauail, ne derobroit sa gloire, 1608; desroboit, 1609 à 1613.
-- v. 17.
Encor l’eusse-ie fait estant desesperé, 1612; s’estant desesperé, 1613.
Page 65, v. 8.
Et prie Dieu qu’il nous garde, 1613; qui nous garde, 1608 à 1612.
S. IX, p. 66.
Rapin (Nicolas), né en 1535 à Fontenay-le-Comte, mort en 1608. Il fut l’un des auteurs de la satire Menippée, dans laquelle il a notamment écrit les harangues de Monsieur de Lyon & du recteur Rose, jadis évêque de Senlis. Il a laissé des poésies latines & françaises qui ont été publiées collectivement en 1610 avec un recueil de vers mesurés.
Page 67, v. 2.
Et leur dire à leur nez, 1608 & 1613; en leur nez, 1609 & 1612.
-- v. 24.
Que le cheual volant n’ait pissé que pour eux, 1608 & 1609; 1612 & 1613: passé.
Cette dernière variante, qui satisfait les lecteurs pudibonds, n’a aucun sens, tandis que la véritable leçon est une allusion comique à la fable, suivant laquelle Pégase fit d’un coup de pied jaillir de l’Hélicon la source d’Hippocrène.
Page 68, v. 16.
Ils attifent leurs mots, ageolliuent leur frase, 1608; attisent leurs mots, enioliuent, 1609 & 1612; attifent leurs mots, eniolivent, 1613.
-- v. 21 & suiv.
Qui gentes en habits & sades en façons, 1608; fades en façons, 1609 à 1613.
-- v. 27 & suiv.
Leur visage reluit de cereuse & de peautre, Propres en leur coifure, 1608; de ceruse & de peautre, propre en leur coifure, 1609 & 1612.
-- v. 29.
Où ses diuins esprits, 1608 à 1613. Correction: ces diuins.
Page 69, v. 3.
Éclaté d’vn beau teint, 1608; esclaté, 1609 à 1613.
-- v. 4.
La nature l’a peint; la peint, 1609 à 1612.
-- v. 7.
Or Rapin quant à moy qui n’ay point tant d’esprit; moy ie n’ay, 1609 à 1613.
-- v. 14.
Leur don’ra comme à luy; comme luy, 1609 & 1612.
Page 70, v. 5.
Hercule, Ænée, Achil’, 1608 & 1609; Ælee, Achil’, 1612 & 1613.
-- v. 12.
L’homme le plus parfaict a manque de ceruelle, 1608; manqué, 1609 à 1613.
-- v. 23.
Les brouillas nous embrouillent, 1608; broüillars, 1609 à 1613.
Page 70, v. 24.
Et de lieures cornus le cerueau nous barbouillent; & de liures cornus, 1613.
-- v. 28.
Et pesez vos discours mesme, dans sa balance, 1608 & 1609; vos discours, mesme, 1612.
-- v. 33.
Quelle main sus la terre; sur la terre, 1609 à 1613.
Page 72, v. 6.
Que son taint fait la nique, 1608 & 1609; que son teynt, 1612; teint, 1613.
-- v. 16.
La court & sa maistresse, 1608; est sa maistresse, 1612 & 1613.
Page 73, v. 28.
Et mangeons des chardons; charbons, 1612.
Page 74, v. 18.
Larcanciel. Leçon des éditions originales.
Page 75, v. 9.
Qu’ils fissent à leurs frais; à leur frais, 1609 & 1612.
-- v. 14.
L’ame bizarément, 1608 & 1609; bizarrement, 1612 & 1613.
-- v. 28.
Il ne guarit de rien, 1608 & 1609; garit, 1612.
Page 76, v. 2.
Il met ses partis en auant, 1608 & 1609; ses parties, 1612.
Page 77, v. 6.
Trebuschant sur le cul, 1608 & 1609; par le cul, 1612 & 1613.
Page 77, v. 11.
Devers nous se vint rendre, 1609 & 1612; se vient, 1613.
-- v. 20.
Ie regorgeois d’ennuy; regorgois, 1609 & 1612.
-- v. 25.
Ie n’en pense pas moings, 1609 & 1612; pensois pas moins, 1613.
-- v. 32.
Lors ie fus asseuré de ce que i’auois creu, 1608 & 1609; i’aurois creu, 1612.
Page 78, v. 16.
Sa race autres fois ancienne, 1608 & 1609; autrefois, 1612.
Page 79, v. 12.
Aux veilles des bons iours; de bons iours, 1612.
-- v. 29.
Au temps qu’il auoit consommé, 1609 & 1612; qui l’auoit consommé, 1613.
Page 80, v. 22.
Luy pendoient au costé, qui sembloit, 1608, 1609; qui sembloient, 1612 & 1613.
-- v. 29.
Qu’il fleuroit bien plus fort, correction; qui fleuroit, 1609 & 1612.
-- v. 33.
Que sans robe il a veu la matière première, correction; que sa robe, 1609 & 1612; qu’en son globe, 1613.
La leçon adoptée est celle qui se rapproche le plus du texte italien traduit par Regnier.
... E qui si stima Haver... Veduta ignuda la materia prima.
(CAPORALI, Rime piacevole. In Venetia, 1592. Presso G. B. Bonfudino, p. 94, v. 26.)
Page 81, v. 11.
Le pain quotidian de la pédanterie, 1609; quotidien, 1612.
Page 83, v. 14.
Quand sainct Marc s’habilla, 1609; S. Marc, 1612.
-- v. 15.
Ie l’acomparerois, corr.; Ie la comparerois, 1609 & 1612.
-- v. 24.
Qui dedans ses escrits; ces escrits, 1609 & 1612.
Page 84, v. 10.
Ainsi que la charté, 1609; cherté, 1612.
-- v. 33.
De sa grace il gressa, 1609; graissa, 1612.
Page 85, v. 29.
Par force les chassant; les chassants, 1609 & 1612.
Page 87, v. 8.
I’y suis, ie le voy bien, 1609; Ie suis, 1612.
Page 89, v. 24.
Et mainte estrange beste; maint, 1609 & 1612.
Page 90, v. 10.
Bien que maistre Denis soit sçauant en sculture, 1609; Denis sçauant en la sculture, 1612.
-- v. 11.
Fist-il auec son art, correction; son arc, 1609 & 1612.
-- v. 14.
De ces trois corps tronquez, corr.; tronguez, 1609 & 1612.
Page 91, v. 15.
Monsieur, me dist-elle, auez-vous point soupé, 1609; aurez vous, 1612.
Page 92, v. 32.
Le museau vermoulu, 1609; vermolu, 1612.
Page 93, v. 11.
Qui me porte guignon, corr.; quignon, 1609 & 1612.
-- v. 27.
Deux gands depariez, 1609; despariez, 1612.
Page 95, v. 11.
Et que l’on me bernast, 1609; berçast, 1612.
-- v. 21.
Ie le conte pour vne; ie le conté, 1612.
-- v. 27.
Mais monsieur crayez vous; croyez, 1612.
-- v. 28.
Comme de chaneuottes; cheneuottes, 1612.
Page 96, v. 1.
Et les linceux trop cours; linceuls, 1612.
-- v. 20.
Ie detache vn soüillé, ie m’oste vne iartiere; vn soüiller, ie m’oste vn’ iartiere, 1612.
Page 97, v. 28.
Et me tapis d’aguet; daguet, 1612.
Page 98, v. 4.
Au mortier embourbé; mourtier, 1612.
S. XII, p. 100.
Freminet (Martin Freminel dit), né à Paris en 1567, mort en 1619. Parti de bonne heure pour l’Italie (1589), où il étudia beaucoup Michel-Ange, il fut à son retour en France, en 1600, nommé premier peintre du Roi & chargé, en 1608, de la décoration de la chapelle de la Trinité à Fontainebleau. Sept ans plus tard, Marie de Médicis lui conféra l’ordre de Saint-Michel.
Page 100, v. 17.
Estrange effronterie en si peu d’importance, 1608; de si peu, 1609 & 1612.
Page 101, v. 5.
Non pas moy qui me ry, 1608; qui ne ry, 1609 & 1612.
-- v. 31.
Vont criant les chouëttes, 1608; chuëttes, 1609 & 1612.
Page 102, v. 11.
Qu’ils estiment honneur, 1608; estiment l’honneur, 1612.
Page 103, v. 17.
Qui me pouront par l’age, 1608, 1609 & 1613; pourroit, 1612.
Page 106, v. 28.
N’ayant pas tout à fait mis fin à ses vieux tours, La vieille me rendit tesmoin de ses discours. Tapy dans vn recoin & couuert d’vne porte...
Ces trois vers ont été remplacés, dans l’édition de 1613, par les suivants:
Ceste vieille Chouette à pas lents & posez, La parolle modeste & les yeux composez, Entra par reuerence, & resserrant la bouche, Timide en son respect sembloit Saincte Nitouche, D’vn Aue Maria luy donnant le bon-iour, Et de propos communs bien esloignez d’amour, Entretenoit la belle en qui i’ay la pensee D’vn doux imaginer si doucement blessee Qu’aymans & bien aymez, en nos doux passe-temps Nous rendons en amour ialoux les plus contans, Enfin comme en caquet ce vieux sexe fourmille De propos en propos & de fil en esguille, Se laissant emporter au flus de ses discours, Ie pensé qu’il falloit que le mal eust son cours. Feignant de m’en aller, daguet ie me recule Pour voir à quelle fin tendoit son preambule, Moy qui voyant son port si plein de saincteté Pour mourir, d’aucun mal ne me feusse doubté: Enfin me tapissant au recoin d’vne porte, I’entendy son propos...
Page 107, v. 18.
Pour moy ie voudrois; ie voudroy, 1613.
Page 108, v. 6.
Fille qui sçait son monde a saison oportune.
Ce vers & les treize suivants manquent dans l’édition de 1613.
Page 109, v. 6.
Ie cache mon dessin; dessein, 1613.
-- v. 9.
Le scandale & l’opprobre, 1612; le scandale, l’opprobre, 1613.
Page 110, v. 22.
Et mesme de vos pertes; mesmes, 1613.
Page 111, v. 28.
Et faisant des mouuans; mouuants, 1613; mourans, 1729.
-- v. 32.
Et le Poëte croté; & ce poëte, 1613.
S. XIV, p. 114.
Cette satire est adressée à Sully. En 1614, elle a paru sous le nom de Maître Guillaume, le Pasquin français. Enfin elle a été réimprimée dans le Recueil A. Z. A Paris, 1761 (Q., p. 207 à 216).
S. XV, p. 121, v. 20.
Se pleignent doucement, correction; se pleigent, 1613.
Page 123, v. 17.
Ils deuoient à propos tascher d’ouurir la bouche, 1613; correction, ils deuroient.
Cette faute se retrouve sat. VIII: Comme on fait son trauail ne desroboit sa gloire, 1613; au lieu de desrobroit.
Page 125, v. 21.
Informans de nos faits sans haine & sans enuie, 1613; variante, informons.
Page 125, v. 24.
N’est veu par mes escris si librement touché, 1613; correction, s’est veu.
S. XVI, p. 126.
Forquevaus (François Pavie de), gentilhomme de la maison de la reine Marguerite. Il était du Midi, & il mourut en 1611. On lui attribue à tort l’Espadon satyrique, dont l’auteur, ainsi qu’il résulte de certains passages de ce livre, était Franc-Comtois & vivait en 1615. Ces particularités viennent confirmer l’opinion d’après laquelle l’Espadon serait l’œuvre de Claude d’Esternod, seigneur de Refranche & d’Esternod, près Ornans.
Page 127, v. 14.
Ou si parfois encor i’entre en la vieille escrime, correction; i’entre en vieille escrime, 1613.
S. XVII, p. 131.
Suivant Brossette, commentaire de 1729, cette satire aurait été écrite pour le roi Henri IV.
-- v. 10.
Comme vn nouueau Toitan si le veux-ie combattre, 1613; correction de 1642, Titan.
Page 133, v. 6.
Ie lasche mon discours, correction; ton discours, 1613; ce discours, 1642.
-- v. 10.
Si mon dernier souspir ne la iette dehors, 1613; variante, iettoit.
Page 137, v. 4.
Qui souffre ce qui m’est de souffrir impossible, correction; ce qui n’est, 1613.
Page 143, v. 15.
Et sa langue mon cœur par ma bouche embrasa.
Correction. Le texte original porte:
Et sa langue mon cœur par ma bouche embrasée Me suggerant la manne en sa leure amassée.
Il y a ici une mauvaise fin de vers & une lacune. Les Elzévirs, d’après le texte fourni pour le Second Livre des délices de la Poésie françoise, de I. Beaudouin, Paris, Toussainct du Bray, M. DC. XX, p. 679, ont rétabli ce passage de la manière suivante:
Et sa langue mon cœur par sa bouche embrasa, Bref tout ce qu’ose amour, ma Déesse l’osa.
Ce dernier vers, brusquement jeté dans une énumération, ne paraît pas en son lieu. Il est en outre d’une médiocre facture.
En lisant avec attention le passage dont il s’agit, on est porté à croire que le vers manquant n’est pas là, où les Elzévirs l’ont rétabli.
Après ce vers:
Elle mit en mon col ses bras plus blancs que neige,
il y a une lacune; puis le récit reprend sa marche logique avec la correction finale du vers:
Et sa langue mon cœur par ma bouche embrasa Me suggerant...
Page 144, v. 14.
Puis que ie suis rectif au fort de ma ieunesse.
Ce vers manque dans l’édition de 1613 ainsi que dans toutes les suivantes, à l’exception de celle d’Antoine du Breuil publiée en 1614, & celle d’Anthoine Estoc, Paris, 1619. On le trouve en outre en 1615 dans le texte de l’Impuissance, imprimée avec les Satyres bastardes & autres Œuures folastres du cadet Angoulevent, Paris M.DC.XV, in-12 de 164 pages plus 4 lim., tit. comp.
Notons en passant que ce livre singulier, sans nom d’imprimeur, porte pages 2 lim. 1, 115, 127 & 149, le fleuron à tête de lion accoté de deux cornes d’abondance que l’on remarque dans l’édition de Regnier de 1612.
C’est donc à l’aide de l’un ou de l’autre de ces divers volumes que les Elzévirs ont, dans leur édition de 1642, complété le texte où ils étaient accusés d’avoir fait une interpolation.
Page 145, v. 9.
Que l’œil d’vn enuyeux nos desseins empeschoit, correction; d’vn ennuyeux, 1613.
Page 145, v. 15.
Luy seul comme enuyeux d’vne chose si belle, correction; comme ennuyeux, 1613.
Page 146, v. 20.
Pour m’acheuer de peindre esteignit ma vigueur.
Dans son excellente édition du Cabinet satyrique, M. Poulet-Malassis propose avec raison de lire: Pour m’acheuer de poindre.
-- v. 34.
La fureur à la fin rompit sa modestie, correction; la faueur, 1613.
Page 147, v. 22.
I’ay meurtry, i’ay vollé, i’ay des vœuz pariurez, Trahy les Dieux benins, correction; vollé, ay des vœuz... les Dieux; venins, 1613.
Page 149.
Sur le trespas de Monsieur Passerat.
Ce sonnet est tiré du Recueil des Œuures poetiques de Ian Passerat, lecteur & interprete du Roy, augmenté de plus de la moitié outre les précédentes impressions. Dédié à Monsieur de Rosny. A Paris, chez Claude Morel, rüe Saint-Iaques, à l’enseigne de la Fontaisne, M.DC.VI. Avec priuilege du Roy.
Il se trouve à la fin du volume, p. 46 non chiff.
Page 150.
Stanses. Pièce tirée fº 200, des Muses gaillardes recueillies des plus beaux esprits de ce temps par A. D. B. parisien. A Paris, de l’Imprimerie d’Anthoine du Breuil, au mont Saint-Hilaire, rue d’Écosse à la Couronne: & en sa boutique au Palais en la Gallerie des Prisonniers, M.DC.IX. Avec priuilege du Roy (du 7 août 1609).
-- v. 5.
Sur les paons audacieux, 1609; sur ces paons, 1613.
-- v. 12.
Et la Cheuesche à Minerue, 1609; & la Chouette, 1613.
-- v. 14.
Tel oyseau qui leur a pleu, 1609; tels oyseaux qui leur ont pleu, 1613.
Page 150, v. 17.
A tatons au lieu d’oyseau, 1609; pour son oyseau, 1613.
-- v. 18.
Print vn Aze qui vous f..., 1609; vn Asnon qui void goute, 1613.
Page 152, v. 1.
Sa façon, correction; 1613: De façon.
-- v. 12.
Vne saliue, correction; 1613: D’vne saliue.
-- v. 18.
Qui tient la mort entre ses dents.--Après ce vers Brossette a intercalé la stance suivante d’après le texte du Cabinet satyrique:
Ha! que ceste humeur languissante Du temps iadis est differente, Quand braue, courageux & chaut, Tout passoit au fil de sa rage, N’estant si ieune pucelage Qu’il n’enfilast de prime assaut!
Page 156, contre vn Amoureux transy.
L’édition de 1642 contient de plus que celle de 1613 les sept strophes suivantes prises dans le recueil cité plus haut. Elles font suite aux cinq qui précèdent.
L’effort fait plus que le merite, Car pour trop meriter vn bien Le plus souuent on n’en a rien; Et dans l’amoureuse poursuite, Quelquesfois l’importunité Fait plus que la capacité.
I’approuue bien la modestie, Ie hay les amans effrontez; Euitons les extremitez: Mais des Dames vne partie, Comme estant sans election, Iuge en discours l’affection.
En discourant à sa Maistresse, Que ne promet l’amant subtil? Car chacun, tant pauure soit-il, Peut estre riche de promesse; «Les Grands, les Vignes, les Amans «Trompent tousiours de leurs sermens.
Mais vous ne trompez que vous-mesme, En faisant le froid à dessein. Ie crois que vous n’estes pas sain: Vous auez le visage blesme. Où le front a tant de froideur, Le cœur n’a pas beaucoup d’ardeur.
Vostre Belle qui n’est pas lourde, Rit de ce que vous en croyez. Qui vous voit pense que soyez Ou vous muet, ou elle sourde. Parlez, elle vous oira bien; Mais elle attend, & n’entend rien.
Elle attend d’vn desir de femme, D’ouyr de vous quelques beaux mots. Mais s’il est vray qu’à nos propos On recognoist quelle est nostre ame, Elle vous voit, à ceste fois, Manquer d’esprit comme de voix.
Qu’vn honteux respect ne vous touche, Fortune ayme vn audacieux. Pensez, voyant Amour sans yeux, Mais non pas sans mains ny sans bouche, Qu’apres ceux qui font des presens L’Amour est pour les bien-disans,
Page 157, QVATRAINS.
Le Dieu d’Amour.
Cette petite pièce, qui a paru pour la première fois dans la deuxième édition des Fleurs des plus excellens poëtes donnée en 1601 chez Nicolas & Pierre Bonfons, p. 240, offre un texte un peu différent dans la réimpression des Satyres de Régnier de 1613. On lit en effet dans ce dernier volume:
Le Dieu d’Amour se deuoit peindre Aussy grand comme vn autre Dieu, N’estoit qu’il luy suffit d’atteindre Iusqu’à la piece du milieu.
Peu importent, d’ailleurs, les variantes. Le quatrain en question est d’une authenticité douteuse. On le trouve en effet dans les manuscrits de la Bib. nat. (1662, f. fr., fº 27) tel que nous l’avons donné, avec le titre: Sur un Petit dieu d’amour, & la signature T. S. qui désigne Theodorus Seba, c’est-à-dire Théodore de Bèze.
C’est probablement en raison de cette particularité révélée par les frères du Puy, gardes de la Bibliothèque du Roy, que les Elzeviers n’ont pas reproduit ce quatrain dans leur édition de 1642.
Page 159, Discours au Roy, v. 9.
Qui plus qu’vne Hydre affreuse; vn Hydre, 1609 & 1612.
-- v. 12.
Qui reduite aux abois; aux bois, 1609 & 1612.
Page 160, v. 7.
Qui s’employant aux ars; s’employoient, 1609 & 1612.
-- v. 11.
La mer aux deux costés ceste ouurage bordoit, 1608 & 1609; cest ouurage, 1612.
-- v. 12.
De l’Aucate à Bayonne.
Leçon des éditions originales. Leucate, Leocata, autrefois ville forte, fut assiégé en 1590 par les Espagnols.
-- v. 25.
Et purgeant le venin; venim, 1609 & 1612.
Page 161, v. 14.
Du puissant archiduc, le cardinal d’Autriche. Amiens fut repris le 25 septembre 1597. Voir dans l’Estoile, édition Champollion, II, 287, deux dépêches sur les diverses phases du siége & les évolutions de l’armée de secours.
-- v. 18.
Où si tost que le fer l’en rendoit possesseur, 1608; s’en rendoit, 1609 & 1612.
Page 162, v. 8.
Tandis que la fureur précipitoit son cours.
Hors 1608 & 1609, toutes les éditions, même les plus récentes, portent: Tandis que la faueur, leçon défectueuse dont on a déjà rencontré un exemple p. 146, v. 34:
La faueur à la fin rompit sa modestie.
Page 162, v. 29.
Et depuis de bon œil le Soleil; & depuis le Soleil de bon œil, 1609 & 1612.
Page 163, v. 3.
Saccagez des soldars; soldats, 1609 & 1612.
-- v. 21.
En ses murs combatu; en ces murs, 1609 & 1612.
Page 164, v. 1.
Issu comme tu dis; Yssu, 1609 & 1612.
-- v. 34.
Rendant par ses brocards; tes brocards, 1609 & 1612.
Page 165, v. 18.
Reietté loing de toy, 1608 & 1609; retiré loin, 1612.
-- v. 26.
S’éleuant dans le vague des Cieux; la vague, 1609 & 1612.
Page 167.
PLAINTE.
Cette pièce a paru pour la première fois dans le Temple d’Apollon ou nouueau recueil des plus excellens vers de ce temps. A Rouen, de l’imprimerie de Raphaël du Petit Val, libraire & imprimeur du Roy (1611). Tome I, p. 5.
Elle a été réunie à l’œuvre de Regnier en 1642, dans l’édition donnée par les Elzeviers.
Page 173.
ODE.
Le texte original de cette ode se trouve dans le premier volume du Temple d’Apollon, p. 33, d’où il a été tiré avec les stances précédentes pour l’édition déjà citée de 1642.
Page 175.
Sonnet sur la mort de M. Rapin.--Ce sonnet fait partie in fine des Œuures latines & françoises de Nicolas Rapin poictevin, grand préuost de la connestablie de France. Tombeau de l’autheur auec plusieurs éloges, à Paris, chez Pierre Cheualier, au mont S. Hilaire à la Court d’Albret CIↃ.IↃC.X. Auec priuilege du Roy. In-4º.
Page 176.
Discours d’vne maquerelle.--Cette satire a paru sous ce titre dans les Muses gaillardes en 1609, sans nom d’auteur. Neuf ans plus tard, elle a été réimprimée dans le Cabinet satyrique avec le titre de Discours d’une vieille maquerelle & le nom de Regnier. C’est d’après ce dernier recueil que l’éditeur de 1729 l’a donnée. Nous avons cru devoir reproduire ici le texte original suivant le plan de notre édition.
-- v. 1.
Depuis que ie vous ay quitté, on lit dans le Cabinet satyrique de 1618: Philon, depuis t’auoir quitté; & dans l’édit. de Rouen, 1627: depuis t’auoir irrité. Lenglet Dufresnoy, pour éviter l’expression dépuis t’auoir, qui lui paraissait incorrecte, a dans son édition du Montparnasse, imaginé la suivante:
Philon, en t’ayant irrité,
et Brossette a adopté cette leçon.
Page 178, v. 15.
Vn prelat me voulant avoir; var.: vn prelat me voulut.
Page 182.
Epitaphe.--Cette pièce, attribuée à Regnier par le P. Garasse, p. 648, dans les Recherches des Recherches, Paris, Sebastien Chappelet, 1622, a paru dans les Muses gaillardes dont nous donnons le texte de préférence à celui qui a été suivi jusqu’à ce jour.
-- v. 4.
Et ne sçaurois dire pourquoy. Ces vers & les deux suivants diffèrent de ceux qui, d’après les Recherches, terminent ainsi l’épitaphe du poëte:
Et si m’estonne fort pourquoy, La mort oza songer en moy, Qui ne songeay iamais en elle.
Page 185.
Dialogue, Cloris & Philis.
Les Elzeviers ont tiré cette pièce du Cabinet des muses (Rouen, David du Petit Val, 1619, t. I, p. 251) pour leur édition de 1652. Nous avons rétabli la leçon originale, & le lecteur trouvera ici les plus curieuses infidélités de la réimpression.
Page 186, v. 21.
Force donc tout respect, & ma fillette croy, 1619; ma chere fille, & croy, 1652.
Page 187, v. 1.
Hermione la belle, 1619; Berenice la belle, 1652.
-- v. 7.
Es cendres d’Amyante, 1619; es cendres d’Alexis, 1652.
-- v. 9.
... Fut nostre ame entamée, Par sa mort mon amour n’en est moins enflammée, 1619;
... Notre ame fut blessée, S’il n’auoit qu’vn desir ie n’eus qu’vne pensée, 1652.
Page 188, v. 8.
Avec toy mourront donc tes ennuis rigoureux. Dans l’édition donnée par les Elzeviers, ce vers & les trois suivants se trouvent rejetés huit vers plus bas, après:
Ie ne peux, & n’osé discourir de mes peines.
Le développement de la pensée, qui était absolument troublé par cette interversion, reprend son cours régulier dans le texte du Cabinet des Muses.
Page 194, v. 5.
De si dures alarmes, 1619; rudes alarmes, 1652.
Page 195, v. 22.
I’en pouuois eschaper, 1619; si i’en puis echapper, 1652.
Page 198, v. 2.
Se retrouuant en eux, 1619; se retrouve dans eux, 1652.
Pages 199 à 220.
Pièces tirées de l’édition de 1652 (Leiden, Jean & Daniel Elsevier), où elles ont paru pour la première fois. Les deux premières font suite à la satire XVII, & l’élégie: L’homme s’oppose, que Regnier écrivit pour Henri IV, placée avant le dialogue de Cloris & Philis, forme, avec les vers spirituels, le complément du volume.
Page 221.
Epigramme tirée de l’Anti-Baillet. Toutes les éditions de Regnier portent à tort: Dieu me gard.
Pages 222 à 228.
Ode sur une vieille maquerelle. Cette ode, les stances & les épigrammes qui suivent ont été jointes pour la première fois à l’œuvre de Regnier par l’éditeur de 1729, qui les a recueillies dans le Cabinet Satyrique.
Page 227.
Lorsque i’estois comme inutile.
Traduction de l’épigramme latine: Impuber nupsi valido de Jacques Bouju (voir le Menagiana de 1715, t. III, p. 312).
On croit que ce petit poëme, souvent traduit, a été inspiré par Marguerite, fille naturelle de Charles-Quint, épouse à douze ans d’Alexandre de Médicis & à vingt ans d’Octave Farnèse. Lors de leur mariage, ces deux personnages avaient, le premier, vingt-sept ans & le second treize ans.
Pages 229 à 237.
Pièces empruntées au Parnasse Satyrique par Viollet-le-Duc pour son édition de 1822. La Complainte que l’on serait tenté de retirer à Regnier, sur la foi de l’Estoile qui l’attribue à la reine Marguerite, est un modèle de mauvais goût, dont on trouve des exemples dans les œuvres des poëtes du XVIe siècle. Ainsi on peut lire, sous le nom de Pibrac, dans les Fleurs des plus excellents poëtes de ce temps, Paris, Nicolas & Pierre Bonfons, 1601, des stances aussi obscures & aussi tourmentées. Du reste, les anthologies du temps contiennent beaucoup de pièces en galimatias, où la pensée n’est pas moins torturée que la langue. En prose enfin le comte de Cramail, dans ses Jeux de l’inconnu, n’a pas dédaigné d’écrire en une série de coq-à-l’âne, l’historiette du Courtisan Grotesque.
Devant ces témoignages officiels des travestissements imposés à la poésie, nous n’avons pas cru devoir écarter de l’œuvre de Regnier, l’ami de Forquevaus, gentilhomme de la reine Marguerite, une pièce qui, selon quelque apparence, a pu être demandée pour cette princesse.
Page 238.
Épigrammes.
La première de ces petites pièces est rapportée par Tallemant dans l’historiette de Desportes. Pour les suivantes, leur authenticité a été établie par M. Tricotel dans le Bulletin du bouquiniste du 15 juin 1860. Voir aussi les Variétés bibliographiques publiées par cet érudit, Paris, Gay, 1863.
Page 239.
Quelque moine de par le monde.
Le trait final de cette épigramme se retrouve dans une historiette des Serees de Guillaume Bouchet, liv. III, Ser. 26. Il s’agit d’un gros ventru brocardé par de bonnes galoises. Pour toutes sortes de raisons, je suis forcé de laisser au lecteur le soin de se renseigner davantage.
Page 241.
Pour M. le Dauphin. Cette pièce, tirée du manuscrit 12491 f. fr., Bib. nat., est attribuée à Regnier par l’Estoile.
Les trois épigrammes qui suivent nous ont été communiquées par M. Tricotel qui les a découvertes dans les mss. de Conrart, t. XVIII, in-4º, p. 323-324. La dernière n’est pas signée.
Le livre du pesant & du leger du cardinal Duperron ne nous est point parvenu, mais voici ce qu’on lit dans l’Analecta Biblion du marquis du Roure, t. II, p. 206: «Asinus inter omnes, comme disoit Joseph Scaliger de monseigneur du Perron, lequel, dix ans devant qu’il fut cardinal, pour paroître savant auprès des dames de la cour de Henri III, les entretenoit de æstu maris, de leui & graui & de ente metaphysico.»
La dernière épigramme est tirée du mss. 884, f. fr., fol. 307, vº. Elle a été publiée pour la première fois par M. Pierre Jannet, dans son édition des œuvres de Regnier. Paris, Picard, 1868.
GLOSSAIRE.
ABOLITIONS, 38.--Les abolitions, ou plus exactement les lettres d’abolitions, sont des lettres du prince obtenues en grande chancellerie, par lesquelles il abolit & efface un crime qui, de sa nature, n’est pas rémissible, & par la plénitude de sa puissance en remet la peine portée par la loi, de manière qu’il ne reste aucun examen à faire touchant les circonstances du crime. (Ferrière, Dict. de droit.)
ACORT, 25.--Discret, avisé, circumspect, foreseing, of good spirit. (Cotgrave.)
Il faut se taire acort, ou parler faucement.
(Sat. III.)
Les auditeurs iugeans en eux-mêmes que ce prédicateur deuoit estre quelque homme d’esprit & accort.
(BOUCHET, Seree XXXIV.)
ACCOSTABLE, 82.--Propre, convenable, fit. (Cotgrave.)
ADULTERISER, 43.--Dénaturer, transformer.
Voilà comme à present chacun l’adulterise.
(S. V.)
Comp. Rabelais, I, 24.--Visitoient les boutiques des drogueurs, consideroient les fruits, racines, ensemble aussi comment on les adulteroit.
AFFOLER, 15.--Tourmenter, navrer, blesser, souiller, profaner.
La pauureté comme moy les affolle.
(S. V.)
Ah, le brigand, il m’a tout affolée.
(LA FONTAINE, Le Diab. de Pap.)
Montaigne a dit:
Et leur sembloit que c’estoit affoler les mysteres de Venus, que de les oster du retiré sacraire de son temple. (Essais, II, 12).
AGUETS, 10.--Embûches.
Que l’innocent ne tombe aux aguets du meschant.
(S. I.)
AINS, 57, 108, mais; AINS QUE, 241, avant que.
Digne non de risee ains de compassion,
(S. VII.)
Ains que Phebus eust pris naissance.
(Append.)
ALOURDER, 18.--Accabler.
Vous alourdent de vers, d’alaigresse vous priuent.
(S. II.)
AMENUISÉ, 14.--Exténué, épuisé.
Le corps amenuisé.
(S. II.)
Conf.:
I’amenuise mon cœur d’vne poison amere.
(BAÏF, Amours, 1573, fº 77.)
ANGUILLADE, 63.--Coups de lanières faites de peau d’anguille.
M’eust donné l’anguillade & puis m’eust laissé là.
(S. VIII.)
Le patissier luy bailla l’anguillade si bien que sa peau n’eust rien vallu à faire cornemuse.
(RABELAIS, II, 30.)
APPENDRE, 61.--Consacrer, offrir en ex-voto.
Au dieu de la bataille apendoit les escus.
(Disc. au Roy.)
Ie Berger plein de vitesse, Par humblesse Aux dieux cheurepieds, i’appens Ceste despouille conquise.
(RONSARD, Voyage d’Hercueil.)
ARDEZ, 91.--Syncope de Agardez, voyez.
Ardez le beau museau.
(MOLIÈRE, Le Dépit am., IV, 4.)
ARMET, 89.--Tête, proprement armure de tête.
Quand l’humeur ou le vin luy barbouillent l’armet.
(S. XI.)
On disait morion dans le même sens.
Et tant plus voyoient les beaux peres honteux & baisser leur morion, de peur d’estre cogneus.
(Comptes du Monde Adv., 1595, p. 81.)
ARRASSER, 152, ARSER, 59, 89.--Dresser, lever.
Faire arser son épée, porter l’épée en verrouil.
En vain d’arrasser il essaie.
(La C. P.)
ARROY, 80, 201.--Equipage. Le sens primitif est charrue, train.
ARSENAC, 201.--Arsenal.
La porte Saint-Victor vis-à-vis de l’arsenac. (MALHERBE, Lettres à Peiresc, 20 janv. 1608.)
V. les Observations de Ménage sur la langue françoise, Paris, 1672, p. 20.
ASSEUREMENT, 40.--Avec assurance.
L’enfant... Qui marque asseurement la terre de ses pas.
(S. V.)
ASSINER, 123.--Assigner, ajourner.
I’assine l’enuieux cent ans apres la vie.
(S. XV.)
ATOURS, 108.--Parures. Atour au singulier signifiait chaperon.
Madame se mit en cotte simple & print son atour de nuit.
(LOUIS XI, Nouv. 39.)
Ie la vois de maint diamant Et de maint rubiz atournée.
(O. DE MAGNY, Épithalame de Jean Flehard.)
ATTENTER, 12.--Tendre avec effort vers.
Attenter par ta gloire à l’immortalité.
(S. I.)
ATTIFET, 94.--Parure, ornement de tête, de tifer par Attifer, le seul mot qui nous reste.
AUTENTIQUE, 77.--Scellé de rouge comme une charte revêtue du grand sceau de cire rouge.
Et iugé ce lourdaut à son nez autentique.
(S. X.)
La cire verte était employée pour tous les arrêts, la cire jaune pour les expéditions. Enfin la cire blanche était réservée pour la chancellerie de l’ordre du Saint-Esprit.
AVALER, 159.--Descendre, tomber, aussi bien que boire ou manger avidement.
Ses cheueux... sur son dos auallez.
(Disc. au Roy.)
Si ie montois aussi bien comme i’avalle.
(RABELAIS, I, 5.)
Vn propos avalé, est un propos dit en pinçant les lèvres avec affectation, comme si l’on retenait (avalait) ses paroles.
AVANCER (S’), 16, 32, 33.--S’élever au-dessus d’autrui.
Et sans estre auancé ie demeure contant.
(S. II.)
... Et si ton oncle a sçeu S’auancer par cet art.
(S. IV.)
Encor seroit ce peu, si sans estre auancé.
(Ibid.)
BANDER (Se), 23.--S’efforcer, se révolter.
Qui voudroit se bander contre vne loy si forte.
(S. III.)
BARBE (Faire barbe de paille), 48.--Expression vicieuse née de la confusion d’une locution: faire la barbe, avec une autre: faire garbe de paille (H. Estienne, Precell. du Lang. franç.); faire garbe de paille, c’est proprement payer à l’Eglise, en gerbes de paille, la redevance due en gerbes de blé.
Que veut dire... quand elle dit: il ne faut point faire à Dieu barbe de feurre; en lieu qu’on deuroit dire: il ne faut point faire à Dieu gerbe de feurre, ou de fourre.
(BOUCHET, Seree XXXV.)
BARISEL, 48.--Lictorum præfectus (Hornkens), capitaine des sbires, de l’italien barigello.
BARRAGOUIN, 123.--Langage étranger, plus particulièrement breton.
Il fault feuilleter sans distinction, toutes sortes d’auteurs & vieils & nouueaux, & barragouins & françoys, pour y apprendre les choses de quoy diuersement ils traitent.
(MONTAIGNE, Essais, II, 10.)
Quand nous voulons dire qu’vn homme parle mal, nous l’appelons Barragoüin, qui est autant à dire comme si nous disions, il parle breton, car barra en breton, c’est-à-dire du pain, & goüin du vin: tellement que ceux qui parlent ainsi: appellans du pain barra & goüin du vin, nous disons, qu’ils sont Barragoüins, c’est-à-dire qu’ils parlent fort mal.
(G. BOUCHET, Seree XXXV.)
BAYE (Repaître de), 123.--Donner de vaines espérances, proprement faire bayer, baisler, beer, du bas latin badare.
Les gentilz hommes de Beauce desieunent de baisler & s’en trouuent fort bien.
(RAB., I, 16.)
BLEU (Cordon), 111.--Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. La croix du petit ordre se portait avec un ruban bleu.
L’argent d’vn cordon bleu n’est pas d’autres façons Que celuy d’vn fripier ou d’vn aide à maçons.
(S. XIII.)
BONADIES, 25.--Bonjour.
Pour cent bonadies s’arrester en la ruë.
(S. III.)
BONNETER, 63.--Tirer le bonnet, saluer.
Apres ces Messieurs bonneter.
(S. VIII.)
Bonneter tout vn iour vn financier superbe.
(AUVRAY, Banquet des muses, 1628, p. 154.)
BORD (A), 52.--A terre.
BOUCHON, 34, 94.--Botte de verdure servant d’enseigne aux cabarets; brassée de paille pour la litière des animaux.
Font vn bouchon à vin du laurier du Parnasse.
(S. IV.)
Qu’en bouchons tortillez elle auoit sous le bras.
(S. XI.)
BOURRIER, 213.--Flocon, duvet, de bourre (Cotg.). Ce mot a servi de sous-titre à un recueil de poésies: Les Muses incognues ou la seille aux bourriers, pleine de desirs & imaginations d’amours (Rouen, Iean-Petit, 1604), où l’on trouve des vers de Beroalde de Verville, de Motin & un portrait satirique de Rabelais.
BRIDER, 24.--Porter la moustache droite ou relevée sur les joues.
Qu’on bride sa moustache.
(S. III.)
BRUIRE, 11.--Pris activement.
Où tout le monde entier ne bruit que tes proiets.
(S. I.)
BRUIT, 19.--Dire, propos.
Contraire en iugement au commun bruit de tous.
(S. II.)
CABAN, 80.--Gabardine, or cloake of felt (Cotgrave). Manteau de feutre dont le tissu est fait de bourre de laine & de poils d’animaux.
CABINET, 19.--Bahut rempli de petits tiroirs sur lesquels se fermait une porte à deux battants. Dans ce meuble, d’une ornementation habituellement très-recherchée, on enfermait les ouvrages graveleux aussi bien que les objets de prix.
Ie m’ennuie que mes Essais seruent les dames de meuble commun seulement, de meuble de sale. Ce chapitre me fera du cabinet.
(MONTAIGNE, Essais, III, 5, sur des vers de Virgile.)
Cabinet avait aussi le sens de privé, retrait. C’est sur cette double signification qu’Alceste joue, lorsqu’il dit:
Franchement ils sont bons à mettre au cabinet.
CACHOTS, 7.--Retraites.
Les bestes sauuages laissent leurs cauernes & cachots.
(AMBROISE PARÉ, XXIV, 6.)
CALAMITE, 222.--Aimant, magnes. (Nicot.)
Voyez à la calamite de vostre boussole. (RAB., IV, 16.)
CAROUSSE (Faire), 19.--To quaffe, carousse. Faire beuverie, de l’allemand: Gar aus, tout vide. (H. ESTIENNE, Dial. du nouv. lang. franc., Envers, 1579, p. 42.)
Ils font iournellement carousse auec les dieux.
(S. II.)
Trinquer, voire, carous & alluz.
(RAB., IV, Prol.)
Gar aus & all aus ont en allemand la même signification: tout hors le verre.
CERVELLE (En), 26, 83.--En souci, en peine. Ce mot a été très-torturé. Brossette veut qu’il signifie: de mauvaise humeur; M. Lacour lui donne le sens d’imaginairement.
Mais pour dire le vray ie n’en ay la ceruelle.
(S. III.)
... Où l’esclanche en ceruelle.
(S. X.)
CHAIRE, 82.
Chaire est conforme à l’étymologie. Chaise est un reste du zezaiement à la mode dont Marot (V. le biau fiz de Pazi) nous a laissé un exemple ainsi que Lasphrise dans son sonnet:
Hé! mé, mé, bine-moy, bine-moy, ma pouponne.
(Édition BLANCHEMAIN, Turin, 1870, p. 325.)
CHALAN, 83.--Gros pain venant par les bateaux chalands de Corbeil & de Villeneuve-Saint-Georges. (FURETIÈRE.)
CHARTIS, 121.--Hangar.
CHAUVIR de l’oreille, 61.--Baisser, remuer les oreilles.
To clape downe the eares, as an horse, or asse doth.
(COTGRAVE.)
Chacun ne se plaist pas à attendre dix ans pour vn baiser, mesmes d’vne qui en derriere chauuist des oreilles.
(DU FAIL, Propos rustiques, 14.)
Chauuent des oreilles comme Asnes de Arcadie au chant des musiciens.
(RAB., III, Prol.)
CHERE, 15.--Visage.
Belle chere & cueur arrière, dit un vieux proverbe français rapporté par H. Estienne (Precell. du Lang. fr.).
... A qui mesme la mère Pour ne se descouurir fait plus mauuaise chère.
(S. II.)
CHEVRE (Prendre la), 112.--Prendre de l’humeur. Cette expression est restée longtemps en usage dans notre langue.
C’est prendre la chevre vn peu bien viste aussi.
(MOLIÈRE, Sgan., XII.)
Les Italiens disent encore en ce sens: Pigliar la monna, prendre la guenon.
CHIFFLER, 81.--Siffler. To Whistle. (Cotgrave.)
On a dit de même longtemps capuchins pour capucins. (Voir Ménage, Observations sur la langue fr., p. 458, édit. cit.)
CHOPPER, 53.--Heurter du pied, faire un faux pas.
CICATRISÉ, 15.--Portant des traces de recousures, comme les blessures ou les plaies refermées.
Si mon habit par tout cicatrisé.
(S. II.)
CINQ PAS, 42.--Danse fort en vogue au XVIe siècle, & décrite par Antoine Arena dans son poëme macaronique adressé ad suos compagnones studiantes, qui sunt de persona friantes bassas dansas in galanti stylo bisognatas.
Voici d’après l’édition de Lyon (1601, in-8º de 78 p., tit. comp.) la description d’Arena:
... Passus fiunt ordine quinque suo: Vna duos primos marchet tantummodo gamba, Ac alium post hoc altera gamba dabit. Tibia sed faciet quartum gentissima passum Quæ primos fecerit ante duos... Vna dabit finem.
COFFRE, 22.--Meuble servant de banc dans les antichambres où se tiennent les gens de service.
Mourir dessus vn coffre en vne hostellerie.
(S. III.)
COITE, 96.--Lit de plume, de culcita qui a donné coulte, coueste & coite. Le premier mot est entré dans coutepointe, devenu enfin courte-pointe.
COMMUNE, 27.--La foule, le vulgaire.
Qui n’abaye & n’aspire ainsy que la commune Apres l’or du Perou.
(S. III.)
CONSTABLE, 80.--Forme contractée de connestable, qui lui-même vient de l’allemand Kœnigstapel, aide du roi, & non de comes stabuli. (Nicot.)
CONVENANT, 12.--Approprié.
Iugez comme au subiect l’esprit est conuenant.
(S. I.)
CONVENT, 106.--Du latin conventus, & par euphonie couvent. Cette double forme se retrouve dans moustier & monstier, de monasterium. Enfin on a fait pareillement mouton de montone.
CORNETTE, 31.--Bande de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou, pendant jusqu’à terre. (Littré.)
Vne cornette au col debout dans vn arquet.
(S. IV.)
CORNUS, 85.
Cornus du bon père. Enhardis par le vin.
Le bon père est Bacchus; & pour l’explication de cornus, voici un extrait de Guillaume Bouchet:
Les cornes augmentans la hardiesse: car si à vn mouton vous ostez les cornes il deuient timide & doux, laissant sa hardiesse. Nous baillons à Bacchus des cornes pour monstrer que le vin rend les personnes hardies.
(Serees, liv. I, 8.)
Conf.: Depuis quand auez-vous pris les cornes qu’estes tant rogues deuenus?
(RAB., I, 25.)
COUCHER, 20.--Avoir pour enjeu, viser.
Ne couche de rien moins que l’immortalité.
(S. II.)
Les princes ne craignans point de gager la vie de trente mille hommes où ils ne couchent rien du leur.
(BOUCHET, éd. Roybet, t. III, p. 17.)
COUPEAU ou Coupet, 20.--D’une montagne. Montis cacumen. (Nicot.)
Vient à Vanues à pied pour grimper au coupeau Du Parnasse françois.
(S. II.)
COURAGE, 16, 25, 39.--Ce mot est pris souvent pour cœur.
I’allay vif de courage & tout chaud d’esperance.
(S. II.)
Ie n’en ay pas l’esprit non plus que le courage.
(S. III.)
Suiect à ses plaisirs, de courage si haut.
(S. V.)
COURANTE, 53.--Impulsion irrésistible.
Au gouffre du plaisir la courante m’emporte.
(S. VII.)
COURTAUX, 42.--Cheval de petite taille à qui l’on a coupé les oreilles, la crinière & la queue.
Fait creuer les courtaux, en chassant aux forests.
(S. V.)
DAMOYSELLE, 26.--Nom donné aux femmes mariées de noblesse inférieure. Ce titre permettait de porter la robe de velours & une bordure d’or au chaperon. Plus tard il s’étendit à toutes les femmes mariées, nobles ou roturières.
En honneur les auance & les fait Damoyselles.
(S. III.)
DARIOLET, 42.--Entremetteur. Dariolette est le nom de la confidente d’Elisenne dans Amadis.
De vertueux qu’il fut le rend dariolet.
(S. V.)
Sont-ce pas les dariolettes Et les messagers d’amourettes Qui peuplent France de cocus?
(AUVRAY, Banquet des muses, 1628, p. 194.)
Qu’il soit bon Sibillot, ruzé dariolet, Qu’il sçache finement presenter vn poullet.
(COURVAL SONNET, Œuv. sat., 1622, p. 91.)
DEGOISER, 122.--Cette expression paraît dans l’origine ne s’être dite que des oiseaux. Les oyseaux se degoysent, garriunt aves. (Nicot.)
To chirpe or warble (as a singing bird). (Cotgrave.)
DÉGOUT, 86.--Écoulement, débordement d’eau.
Et du haut des maisons tomboit vn tel degout.
(S. X.)
Et là n’eussent rencontré source, ou degout d’eaux.
(RAB., III, 5.)
Ce mot se retrouve au figuré dans les Quatrains de Pibrac:
A bien parler ce que l’homme on appelle, C’est vn rayon de la diuinité, C’est vn degout de la source eternelle.
(Éd. de 1584. Quat. XIII.)
DEGREZ, 24.--Grades.
Et si l’on est docteur sans prendre ses degrez.
(S. III.)
DEPITER, 57.--Maudire.
Ie semble depiter, naufrage audacieux, L’infortune, les vents, la marine & les cieux.
(S. VII.)
Ie despite à ce coup ton inique puissance, O nature cruelle à tes propres enfants.
(D’AUBIGNÉ, Hécat. à Diane, LX.)
DILAYANT, 40.--Delayer, temporiser.
Dilayant, qui tousiours a l’œil sur l’auenir.
(S. V.)
DOUTEUX, 40.--Hésitant.
Imbecille, douteux, qui voudroit, & qui n’ose.
(S. V.)
ÉGUILLETTE (Courir l’), 128.--Chercher des aventures galantes.
Cette expression est restée longtemps obscure, parce qu’on a voulu la rattacher au mot aiguillette, désignant le signe que les courtisanes de Toulouse portaient sur l’épaule pour se distinguer des autres femmes. C’est aller, ce semble, chercher un peu loin une explication. L’aiguillette est un double cordon ferré, servant à fermer la brayette. Nouer l’aiguillette, courir l’aiguillette, sont des locutions très-claires: la première signifie rendre un homme impuissant, & la seconde, faire métier de dénouer les aiguillettes de tout venant.
ENCASTELÉ, 59.--Mot vsité en matière de pieds de bêtes de pied rond, comme cheuaux, mulets, quand on veut dénoter que la corne du talon s’entre approche presque à ioindre, qui est vn grand vice au pied; pour auquel obuier il faut au ferrer faire ouurir le talon auec le boutoir iusques au vif. (Nicot.) Encastellé, qui a le talon étroit; narrow heeled, dit Cotgrave.
ENTERINER, 38.--Ratifier juridiquement.
Qui dans le four l’Euesque enterine sa grace.
(S. V.)
ENTRANT, 21, 24, 25.--Hardi, audacieux. A bould or audacious fellow. (Cotgrave.)
I’entre sur ma louange & bouffy d’arrogance.
(S. II.)
Sois entrant, effronté.
(S. III.)
Ie ne suis point entrant.
(Ibid.)
ÉPÉE (Chevalier de la petite), 82.--Coupeur de bourse.
ESCLATER, 69, 107.--Reluire, briller.
Son front laué d’eau claire, esclaté d’vn beau teint.
(S. IX.)
Esclater de satin, de perles, de rubis.
(S. XIII.)
Veaux dorez que tu crains pour leur voir esclater Le clinquant au chapeau, sur le dos l’escarlate.
(COURVAL SONNET, Œuv. sat., 1622, p. 103.)
Esclater en clinquant gorrierement vestu Piaffer en vn bal, gausser, dire sornettes.
(AUVRAY, Banquet des muses, 1628, p. 159.)
ESCORNES, 179.--Affront.
ESGAYER, 13, 16, 39, 42.--Divertir, ébattre.
Pour esgayer ma force.
(S. I.)
Un repos qui s’esgaye en quelque oisiveté.
(S. II.)
Egayer sa fureur parmy des precipices.
(S. V.)
Qui dans vn labeur iuste egayoit son repos.
(Ibid.)
ESPOINÇONNE, 28.--Piquer, pousser en avant.
Iadis vn loup dit-il, que la fain espoinçonne.
(S. III.)
Pour nous espoinçonnez d’vne loüable ardeur, Nous offrons à seruir vostre illustre grandeur.
(AUVRAY, Banquet des muses, 1628, p. 182.)
ESTAMINE, 107, 114.--Petite étoffe légère & de peu de prix. Tissu de crin ou de laine servant à filtrer.
Que cecy fust de soye & non pas d’estamine.
(S. XIII.)
Et qui peust des vertus passer par l’estamine.
(S. XIV.)
ESTRIVER, 113.--Quereller, disputer; d’estrif, qui signifie peine et aussi débat.
ESTUDE, 23.--Ce mot variait d’acception suivant le genre qui lui était donné.
Une estude désignait un cabinet de travail, & l’estude (subst. masc.) avait le sens de soin, souci.
Encores que mon feu pere eust adonné tout son estude à ce que ie prouffitasse en toute perfection. (RABELAIS, II, 8.)
ESTUVER, 193.--Sécher. To warme. (Cotgrave.)
EVEROLLE, 79.--Ampoule.
Du vieux mot français éve, eau, qui a donné éveux, humide, plein d’eau, & évier, demeuré dans la langue.
De nuages éueux.
(BAÏF, Les Jeux, 1593, fº 41.)
Voir, sur éve & aigue, venus tous deux d’aqua, H. Estienne, Precellence du Lang. franc., 1579.
EVESCHÉ, 19, 27.--Ce mot était alors habituellement féminin, comme duché.
Medite vne euesché.
(S. II.)
Et si le faix leger d’vne double Euesché.
(S. III.)
Avec une comté de Plume, & un marquisat d’Ancre, il ne lui falloit plus qu’une duché de Papier, pour assortir tout l’équipage.
(MALHERBE, éd. Lalanne, III, 207.)
EXEMPLE, 41, 83.
Pour exemple parfaitte ils n’ont que l’aparance.
(S. V.)
A Paris, dans la ville, on fait exemple ordinairement feminin, & l’erreur vient de ce que exemple est de ce dernier genre quand il signifie le modelle d’escriture que les maistres Escrivains donnent aux enfans. (Vaugelas, Remarques sur la langue françoise, 1665, p. 171.)
FANIR, 192.
Tu es vn pré sans fleur qui fanist.
(BAÏF, Am. de Franc., IV.)
FAQUIN, 43.--Mannequin contre lequel on joutait dans les manéges. Tournant sur un pivot, il frappait d’un sabre de bois le cavalier qui ne l’atteignait pas en plein milieu.
Court le faquin, la bague.
(S. V.)
Le lendemain des noces on courra la bague & rompra t’on au faquin. (MALHERBE, éd. Lalanne, III, 90.)
FÉE (Courroucer la), 84.--Irriter les génies.
FIGUE, 47, 77.--Nazarde, plus particulièrement signe de mépris, qui consiste à montrer le pouce entre l’index & le médium. Pour l’éclaircissement historique de cette expression, voir G. Paradin, De antiq. Burgundiæ statu, Lyon, Est. Dolet, 1542, p. 49, & aussi Rabelais, IV, 45.
FORAINS (Alibis), 91.--Echappatoires.
Dans Rabelais, liv. II, ch. XXI, cette expression désigne les recoins les plus écartés, all the corners. (Cotgrave.)
FOURCHE (Fait à la), 77.--Mal tourné, de grossière façon.
FOURNEAUX, 129.
Des fourneaux enfumez où l’on perd sa substance.
Ambroise Paré a donné la description de cet appareil à fumigation dans ses œuvres (Paris, Buon, 1585), liv. XIX, ch. XXVI.
Par ironie, on disait de ceux qui suivaient ce traitement, qu’ils voyageaient au pays de Surie, Syrie ou Suède.
FRAISÉ, 39.--Portant une fraise, sorte de collet plissé & empesé.
L’homme ne se plaist pas d’estre tousiours fraisé.
(S. V.)
FUSTÉ, 34.--Bâtonné, accablé, de fust, bâton.
Les grands & la fortune Qui fustez de leurs vers en sont si rebattus.
(S. IV.)
Marotte Duflos, pour soupechon de larrecin, fut fustée à la banlieue. (Livre rouge d’Abbeville.) Génin, dans ses Récréations philologiques, t. I, p. 161, prétend mal à propos que ce mot vient de fustigé.
GARITE, 86.--Guerite, lieu de refuge & sauueté en vn desastre & deroute. (Nicot.)
GAROT, 195.--Trait d’arbalète. A boult for a crosse bow (Cotgrave.)
GAULE, 34.--Houssine, cravache.
Nous voyent d’vn bon œil & tenant vne gaule Ainsi qu’à leurs cheuaux nous en flatte l’espaule.
(S. IX.)
GAY, 94.--Geai.
Le Perroquet, & le Gay caqueteur.
(VAUQ. DE LA FRESNAYE, éd. Travers, I, 251.)
GENET, 43.--Cheval de main, de petite taille & bien proportionné, que l’on tirait d’Espagne & de Sardaigne.
Talonne le genêt.
(S. V.)
GENTILLY, 49.
Aller à Gentilly caresser vne rosse.
(S. V.)
Claude Binet nous apprend, dans sa Vie de Ronsard, que le poëte «se delectoit ou à Meudon, tant à cause des bois, que du plaisant regard de la riuiere de Seine, ou à Gentilly, Hercueil, Sainct-Clou, & Vanues pour l’agréable fraischeur du ruisseau de Biéure, & des fontaines que les muses ayment naturellement.»
Hercueil fut le théâtre de la Pompe du Bouc de Jodelle. C’est à Vanves que se trouvait la maison de campagne où Desportes recevait ses amis; enfin le petit Olympe d’Issy a été chanté par Bouteroue. «C’estoit, dit Lestoile, une fadeze dediée à la reine Marguerite sur ses beaux jardins d’Issy, dont on disoit que le dieu Priapus estoit gouuerneur, & Bajaumont son lieutenant.»
Dans Rabelais, liv. I, ch. XXIV, Comment Gargantua employoit le temps, nous lisons enfin que Ponocrates, «pour le séjourner de la vehemente contention des esprits, l’emmenoit à Gentilly, à Montrouge ou à Vanves, & là passoient la journée à faire ripaille.»
GEORGES (Saint), 41, 51.
Et que i’en rende vn jour les armes à Sainct-Georges.
(S. V.)
Releuez, emplumez, braues comme Sainct-George.
(S. VIII.)
La légende a fait de saint Georges un type héroïque. Comme Persée, il a délivré une jeune vierge des griffes d’un dragon. Aussi les Anglais & les Génois l’avaient-ils du temps des croisades choisi pour leur patron.
GILLE (Faire), 62, 97.--Fleury de Bellingen explique ainsi cette expression:
Quand quelqu’un s’en est fuï secrettement, on dit qu’il a fait Gile, parce que Saint Gille, prince du Languedoc, s’enfuit ainsi de peur d’être fait roi.
(Étymologie ou explication des Proverbes françois. La Haye, 1656, p. 133.)
GOULET, 94.--Goulet, diminutif de Goule, aujourd’hui gueule. (Littré.) Sur la permutation eu & ou, voir page 94, feugere pour fougère.
GOURMANDER, 84.--Se repaistre avec avidité de.
Son poulmon tu gourmandes.
(S. X.)
GRAIN (Dans le), 86.--Dans l’abondance, à l’aise.
GREMOIRE, pour grimoire (comme letanie, cemetiere), 35, 95.
C’est mon amy, vn gremoire & des mots.
(S. IV.)
Mon maistre... i’entends bien le Grimoire.
(S. XI.)
On disait aussi gramoire.
Et par ma foy, si vous voulez, Leur montrer mestier ou gramoire.
(Anc. th. franç., III, 12.)
Grimoire est donc véritablement un doublet du mot grammaire.
GUET (Laisser du), 62.--Échapper à quelqu’un & le laisser en quête de soi.
HOUSSE (En), 14.--A cheval, comme s’il y avait en selle. La housse est une sorte de couverture attachée à la selle.
En carosse & en housse.
(S. II.)
Autrefois pour parler d’un qui paroissoit dans le monde, soit financier ou autre, l’on disoit de luy: Il ne va plus qu’en housse; mais maintenant cela n’est plus guères propre qu’aux medecins ou à ceux qui ne sont pas des plus relevez.
(Les Loix de la Galanterie, 1644.)
HYPOSTASE, 106.--Terme de théologie qui signifie essence, nature & personne de Dieu.
INFINITÉ pour Infini, 11, 218.
Ne pouuant le fini ioindre l’infinité.
(S. I.)
JA pour déjà, 12.--Ce mot était hors d’usage au moment où l’employait Regnier.
Ia riante en son cœur.
(S. I.)
JACOPINS pour Jacobins, 29.--Voir, sur cette double forme, les Observations de Ménage sur la langue françoise. Éd. citée, p. 24.
JEAN qui ne peut, 89.--Homme impuissant. Titre d’un poëme écrit en 1577 par Remy Belleau sur le cas de Me Estienne de Bray, & rapporté dans le registre journal de Lestoile.
JEAN (Saint-), 67.--Place Saint-Jean-en-Greve, lieu de stationnement des crocheteurs ou portefaix.
JOUG (Faire), 120, 213.--Italianisme, de far giu, céder, se soumettre, s’abaisser.
Dans Marot, il est écrit faire jou. Plus tard il prend un g euphonique, & les lexicographes le confondent à tort avec le mot joug.
Anjou fait jou, Angoulême est de même.
(MAROT, Complainte de Madame Louise de Savoye.)
JUPON, 80.--Jupe. Nicot donne deux explications de ce mot: squenie ou souquenie, roquet ou rochet, suruestement qui est pendant par deuant & par derriere bien bas.
Le comte d’Egmont... estoit vestu d’vne juppe de damas cramoisi & d’un manteau noir avec du passement d’or.
(BRANTOME, éd. Jannet, II, 169.)
JUYS pour Juyfs, 59.--f muet.
A coups de poings, de pieds, de grifs, S’entredechiroient leurs habits.
(AUVRAY, Banquet des muses, 1628, p. 189.)
Voir, dans les poésies de Malherbe, l’épitaphe de M. d’Is, dont le nom exactement orthographié était d’Ifs.
LANGARD, 119.--Bavard.
Languards picquans plus fort qu’vn hérisson.
(MAROT, Bal. des Enf. sans soucy.)
LANTERNES VIVES, 89.--On appelait ainsi des lanternes dans l’intérieur desquelles un mécanisme particulier faisait mouvoir des figures grotesques, «Comme de harpies, satyres, oisons bridés, lievres cornus, canes batées, boucs volans, cerfs limoniers, & autres telles peintures contrefaites à plaisir pour exciter le monde à rire.»
(RABELAIS, liv. I, Prol. de l’auteur.)
LAVER, 82.--On se lavait les mains avant de se mettre à table & aussi au sortir du repas.
Laquelle ayant pris de l’eau pour lauer, s’assit incontinent à table.
(Le Banquet du comte d’Arete, 1594, p. 15.)
Ie voy ia qu’on dessert, Ie voy ia l’espouze qui laue.
(O. DE MAGNY, Epithal. de J. Flehard.)
LEGENDE, 62.--Lecture, récit.
Pour affaires, projets, on disait faciendes.
(Voir TAHUREAU, Dialogues, éd. Lemerre, p. 146.)
LEGER (De), 106, 122, 207.--A la légère, à l’étourdie.
De leger il n’espere & croit au souuenir.
(S. V.)
Il oit trop les causeurs, il croit trop de leger.
(VAUQ. DE LA FRESN., éd. Travers, I, 227.)
LIEVRE, 81.--Bailler le lièvre par l’oreille, leurrer de promesses.
Me bailla gentiment le lieure par l’oreille.
(S. X.)
LIMESTRE, 108.--Drap de Limestre, étoffe grossière dont on faisait des capes. On appelle aussi Limestres les gens qui portaient cette partie de vêtement. (V. Cotgrave, vº Limestre.)
LINCEUX, 96.--Draps de lit.
Les linceux trop cours par les pieds tirassoit.
(S. XI.)
Ce mot n’avait pas encore le sens précis de drap pour ensevelir les morts.
Entre deux lincieulx Allez reposer votre teste.
(MAROT, éd. Jannet, 271e Épigr.)
LIPÉE, 82.--Proprement bouchée. Suivant de madame Lipée, parasite.
LOS, 11.--Louange &, par extension, gloire.
Qui leurs vers à ton los ne peuuent esgaler.
(S. I.)
LUITEUR, 12, 161.--Vieille forme du mot lutteur.
Ceux qui ayment la luicte, plusieurs bons luicteurs.
(LA BOÉTIE, éd. Feugères, p. 286.)
MALLE (Trousser en), 95.--Emporter de force à la façon d’vne malle qu’on charge sur les épaules.
Les nouueaux receus pour ne sçauoir l’art de la vollerie, sont troussez en malle, & conduits à Montfaucon pour là faire des cabriolles en l’air.
(Règles, statuts, etc., de la Caballe des filous. V. Ed. Fournier, Var. hist. & lit., t. III.)
MARINE, 57.--Mer.
Les vents, la marine & les cieux.
(S. VII.)
Creignant les flots de la marine, Elle troussoit sa vesture pourprine.
(BAÏF, Poëmes, 1573, fº 253, vº.)
MARISSON, 88.--Mot formé régulièrement comme unisson, nourrisson, qui sont restés en usage.
Ébloui suivant la même règle avait formé éblouisson.
D’vn éblouisson trouble a les yeux empeschez.
(BAÏF, Amours, 1573, fº 77, vº.)
MARJOLLET, 25.--Petit homme fanfaron, de l’italien mariolo, homme de rien.
Entendre vn mariollet qui dit auec mespris.
(S. III.)
MATELINEUX, 112.--Fantasque, diminutif francisé de matto, fou.
MATINES, 19.--Livre d’heures où se trouvent les offices du matin.
Que portez à l’Eglise ils valent des matines.
(S. II.)
MÉDARD (Ris de Saint), 59.--Ris forcé. On appelait mal Saint-Médard le mal de dents, &, suivant d’autres, l’emprisonnement. Un proverbe du XVIIe siècle dit:
Ris qui est de Saint Médart, Le cœur n’y prent pas grant part.
(Voir LE ROUX DE LINCY, Livre des Proverbes.)
MENESTRE, 82.--Soupe, de l’italien minestra.
MERCERIE, 126.--Marchandise.
Chacun vante sa mercerie.
(BAÏF, Mimes, III.)
Mercier, le marchand par excellence. Voir, pour la justification de ce sens, le Dictionnaire de Trevoux (1732) & le Guide des Corps des Marchands, Paris, 1766, in-12, p. 358. Le corps des merciers est le plus nombreux & le plus puissant des six corps des marchands, lit-on dans le premier des ouvrages cités plus haut. Voir aussi les Variétés hist. & litt. de M. Ed. Fournier.
MICHEL (Ceux de Saint-), 35.--Pèlerins que l’on appelait Michelets, du nom de leur patron.
Poissons que nous appelons sourdons, desquels les Michelets en enrichissent leurs bonnets ou chappeaux en venant de Saint-Michel.
(B. PALISSY, éd. Cap., p. 365.)
MINUTER, 61, 76.--Projeter.
Minutant me sauuer de cette tyrannie.
(S. X.)
Auecq’ vn froid adieu, ie minute ma fuitte.
(S. X.)
MOINE-BOURRU, 99, 115.--Lutin qui, dans la croyance du peuple, court les rues aux Avents de Noël en faisant des cris effroyables. (Furetière.) Suivant Cotgrave, moyne bourry ou moyne beur designe a lubberly monke or in stead of beuveur a quaffing monke.
Comp. Ie grezille d’estre marié & labourer en diable bur dessus ma femme.
(RAB., III, 7.)
MON (C’est).--Particule affirmative dont l’origine a été diversement expliquée. H. Estienne y voit c’est moult; Nicot y trouve le mot grec μεν francisé; Furetière veut que ce soit l’abréviation de c’est mon avis. D’après Ménage & les hellénistes Périon, Trippault, Lancelot, mon, dans c’est mon, dérive du grec μων, certes, assurément. Cette interprétation s’applique également aux locutions savoir mon, faire mon.
MONTRE, 81.--Revue.
MONUMENT, 10, 66.--Tombeau.
Deterrer les Grecs du monument.
(S. IX.)
MORGANT, 24, 50, 82, 199.--Hautain, menaçant.
Faire une morgue, c’est montrer un visage irrité. D’où est venu qu’au pluriel morgue signifie outrages, malheurs.
La centurie qui promettoit morgues à la France.
(MALHERBE, éd. Lalanne, III, 532.)
MOUTONS, 17.
Or laissant tout cecy retourne à nos moutons.
(S. II.)
Mais comme dit Marot, reprenons nos moutons.
(COURVAL SONNET, Œuv. sat., 1622, p. 166.)
MOUVANT, 111.--Fringant, pétulant.
L’apothicaire qui etoit vn grand mouueur.
(BOUCHET, Serees, liv. I, 9.)
Dans un sens plus proche de l’exemple tiré de Regnier, Pedoue, chanoine de Chartres, a fait dire par une maîtresse à son amant:
Monsieur vous estes si pressant & si mouueux, qu’on ne sçauroit estre vn quart d’heure en repos auec vous.
(Le Bourgeois Poli. Chartres, Cl. Peigné, 1631. Dialog. VIII.)
On trouve également dans l’ancien théâtre français, avec une acception peu différente, le mot saillant.
Tousiours ma femme se demaine Comme vng saillant.
(La Farce du Cuvier.)
NAVIGER, 46, 128, 129.
Tous les gens de mer disent, naviguer, mais à la Cour on dit, naviger & tous les bons Autheurs l’écrivent ainsi.
(VAUGELAS, Remarques sur la langue françoise.)
NAZARDE, 88, 94.--Coup sur le nez.
NICE, 129.--Ignorance, de nescia.
Voulant tromper vne nice pucelle Il se deguise.
(BAÏF, Poëmes, 1573, fº 252.)
OFFUSQUER, 13, 33, 54.--Obscurcir, priver de son éclat.
Offusque tout sçauoir.
(S. I.)
Apollon est gesné par de sauuages loix, Qui retiennent sous l’art sa nature offusquée.
(S. IV.)
Le miroir ne peut représenter le simulacre des choses objectées si sa polissure est par haleines ou temps nebuleux offusquée.
(RAB., III, 13.)
OPILÉ, 18.--Obstrué.
Et durant quelques iours i’en demeure opilé.
(S. II.)
Ses larris tant furent oppilés & resserés.
(RAB., I, 6.)
ORES, 72.--Maintenant. OR’ répété signifie tantôt... tantôt.
PANTIÈRE, 25.--Filet à prendre les oiseaux.
PANTOIS, 162.--Hors d’haleine. Le primitif Pantais (Pantess, en anglais) est un terme de fauconnerie qui désigne l’asthme chez le faucon.
PARANIMPHE, 43.--Panégyrique.
Bastit vn paranimphe à sa belle vertu.
(S. V.)
PARQUET, 31.--Enceinte réservée aux juges d’un tribunal, y compris la barre, lieu de plaidoirie des avocats, laquelle établit la démarcation de l’espace abandonné au public. On désigna de bonne heure ainsi l’enceinte réservée aux gens du Roi, & par extension ces magistrats eux-mêmes reçurent le nom de Parquet.
PARTIS, 125.--Fermes d’impôts.
Les gentils hommes n’estant pas instruits à faire valoir leur bien par le trafic, le prest d’argent ou les partis.
(Les Loix de la galanterie, éd. Aubry, p. 3.)
PASSE VOLANT, 81, 105.--Soldats de parade qu’on louait aux jours de revue pour montrer des régiments complets.
PATELIN, 125.--Jargon insidieux.
Dans le recueil des Poésies calvinistes publié par M. Tarbé, Reims, 1866 p. 59, on trouve un exemple de cette expression.
Le prestre se vest... Puis chante vne epistre... Puis vne legende En prose, en latin, De peur qu’on entende Tout son patelin.
(Chanson nouvelle contenant la forme & manière de dire la messe. 1562.)
PAVILLON, 94.
Un garde robe gras seruoit de pavillon.
(S. XI.)
Ce vers doit s’entendre ainsi: un fourreau de robe servait de couronne de lit.
Voici du reste un extrait de la correspondance de Malherbe qui éclaircira le sens du mot pavillon.
Son pavillon, pour la mettre quand elle aura accouchée est déjà pendu & dressé en sa ruelle, & celui de son travail est pendu au haut du plancher, troussé dans une enveloppe d’écarlate.
(Lettre à Peiresc du 28 oct. 1609.)
PEAUTRE, 68.--Sel d’étain dont on faisait un fard, comme de la céruse qui est un sel de plomb.--Plus tard par confusion on a dit plâtre.
Et mettant la ceruse & le platre en usage Composa de sa main les fleurs de son visage.
(BOILEAU, Ép. IX.)
PERCHE 95.
Qu’en perche on me le mist.
(S. XI.)
Cette expression signifie ici, dans la langue de Regnier, faire arrasser quelqu’un & probablement le soumettre à un congrès improvisé.
Et à ces paroles, asseurément tira son membre à perche.
(Cent Nouv. nouv., XIII.)
Comp.--Maistre moyne luy leue ses draps & en lieu du doy de la main bouta son perchant dur & roidde.
(Ib., XCV.)
PERRUQUE, 11, 214.--Chevelure.
Qui sa perruque blonde en guirlandes estraint.
(S. I.)
Et ma perruque en ma teste veluë Comme persil se frisoit crepeluë.
(BAÏF, Les Jeux, 1573, fº 36.)
PIOLÉ, 68.--De couleurs diverses & tranchées. Le primitif pie nous est resté. Un cheval pie.
L’arc-en-ciel piolé.
(BAÏF, Poëmes, 1573, fº 1, vº.)
PIOT, 84.--Vin, proprement boisson.
Cy gist qui a bien aymé le piot: C’est grand dommage aux taverniers de Vire.
(JEAN LE HOUX, éd. Gasté. Paris, Lemerre, p. 49.)
PIQUÉ, 14.--Irrité.
Trop discret est Horace Pour vn homme picqué.
(S. II.)
Les Béotiens, piqués du meurtre de leur capitaine général.
(MALHERBE, éd. Lalanne, I, 397.)
PISSER, 15, 67.
Pissent au benestier affin qu’on parle d’eus.
(S. II.)
Que le Cheual volant n’ait pissé que pour eux.
(S. IX.)
Ce grippe aussi tost L’on accusoit d’auoir pissé dessus le rost.
(AUVRAY, B. des muses, 1628, p. 158.)
Le bled y provient comme si Dieu y eust pissé.
(RAB., IV, 7.)
PLAINDRE, 125.--Pleurer, regretter.
Comme vn sire qui plaint ses parents trespassez.
(S. XIII.)
PLATS, 28.--Propos.
Et beaucoup d’autres plats qui seroient longs à dire.
(S. III.)
Faire trois plats s’est dit pour faire beaucoup de bruit au sujet de quelque chose.
Ils en vinrent faire trois plats au roy.
(BASSOMPIERRE, Mem., t. III, p. 12. Voir Lacurne & Littré.)
PLUME, 47.--Passer la plume par le bec. Abuser.
Qui seure les desirs & passe mechamment La plume par le becq’ à mon entendement.
(S. VI.)
Tous les peuples s’allechent vistement à la servitude pour la moindre plume qu’on leur passe devant la bouche.
(LA BOÉTIE, éd. Feug., p. 52.)
POIL, 39, 68, 71, 196, 197.--Chevelure.
Et comme nostre poil blanchissent nos désirs.
(S. V.)
Que son poil dés le soir frisé dans la boutique.
(S. IX.)
POINDRE, 18.--Aiguillonner.
Et quand la faim les poind.
(S. II.)
POINT, 19, 32, 41.--But, visées.
Suant, touchant, crachant, pensant venir au point.
(S. II.)
Contrefaire l’honneste & quand viendroit au point.
(S. IV.)
Et rangent leur discours au point de l’interest.
(S. V.)
POINT-COUPPÉ.--Dentelle à jour.
Vn mignard point-couppé fait d’expertes lingeres.
(COURVAL SONNET, Œuv. sat., 1622, p. 159.)
On n’y laissoit pas de voir quelques dentelles de point couppé au travers desquelles la chair paroissoit.
(ILE DES HERMAPHRODITES, 1724, p. 15.)
POINTE, 39.--Acuité.
Qui donne cette pointe au vif entendement.
(S. V.)
POMMADES, 43.--Terme d’équitation. Saut fait en selle en appuyant seulement la main sur le pommeau.
Monte vn cheual de bois, fait dessus des pommades.
(S. V.)
PONT NEUF.--Que le Pont neuf s’acheue.
Le Pont-Neuf, achevé dans les premiers mois de 1604, fut commencé en mai 1578 par Henri III, qui en avait posé la première pierre. Palma Cayet rapporte, dans sa Chronologie septennaire, qu’à la mort du roi deux arcades seulement étaient terminées & les piles des arches amenées à fleur d’eau. «Tellement, dit le P. du Breul, qu’au moyen de certaines poutres & planches par dessus l’on pouuoit passer aysément des Augustins en l’Isle du Palais. Le vendredy 20 du mois de juin 1603, Henri IV traversa le pont qui n’estoit pas encore très assuré, & plusieurs personnes en ayant voulu faire l’essai, se rompirent le col & tomberent dans la rivière.»
PORFIL, 79.--Profil.--Voir de même, p. 78 & 82, Berlan pour Brelan.
POSTPOSER, 128.--Mettre après, rejeter.
Plutarque postpose Aristide à Marcus Caton, la fortune épargnant sa vertu.
(BOUCHET, Seree XXXI.)
POT POURRY, 13.
Comme vn pot pourry des Freres mandians.
Noël du Faïl a donné, au début du chap. XXII des Contes & Discours d’Eutrapel: Du temps present & passé, la recette du pot pourry. On mestoit le pot sur la table sur laquelle y avoit seulement un grand plat garny de bœuf, mouton, veau & lard, & la grand’ brassee d’herbes cuites & composees ensemble dont se faisoit vn brouet, vray restaurant & elixir de vie.
Il y a quatre ordres mendiants, les Dominicains, les Franciscains, les Carmes & les Augustins.
POULLE, 24.
Fils de la poulle blanche.
(S. III.)
Brossette a donné de ce vers une interprétation compliquée. Fils de la poule blanche désigne un homme né sous un signe heureux, non pas le fils de la femme que l’on aime.
Feliciter natum, albæ gallinæ dicimus.
(Adagiorum Erasmi epitome, 1650, p. 73.)
Quia tu gallinæ filius albæ, Nos viles pulli nati infelicibus ovis.
(JUVÉNAL, XIII, 141.)
Petits mignons du Ciel, fils de la Poulle blanche.
(AUVRAY, B. des muses, 1628, p. 156.)
POURQUOY (Le), 26.--La chose, atto venereo.
Qu’on ne s’enquiert plus s’elle a fait le pourquoy.
(S. III.)
POUSSINIÈRE (Étoile), 50.--Nom populaire de la constellation que les astronomes appellent les Pléiades, & plus particulièrement de l’étoile la plus brillante du groupe.
QUEMANDE ou CAIMANDE, 31.--Mendiante. Caimand, a beggar (Cotgrave). Mendicus (Nicot).
Puisque pauure & quémande on voit la poésie.
(S. IV.)
QUINTAINE, 105.--Poteau fiché en terre & contre lequel on s’exerçait à lancer des dards ou à rompre des lances. Le mot quaintin avait le sens de devanteau, tablier.
De là la signification équivoque attachée à ces deux expressions.
Il donne bien dans la quintaine, Il y fait du grand capitaine Et l’embroche le plus souvent.
(Le Songe, pièce contre le maréchal d’Ancre. Fournier, Var. hist. & litt., t. IV.)
Mesdames sans le linge On verroit votre petit singe Qui enrage sous le quaintin Et de la pature demande.
(L’Éventail satyrique. Var. litt., t. VIII.)
RANC, 38, 48.--Estre sur le ranc (nous dirions aujourd’hui sur le tapis), signifie être en butte à la critique, à la médisance.
Et cependant Bertaut ie suis dessus le ranc.
(S. V.)
RANCŒUR, 140.--Rancune.
Arrière, vaines chimères De haines & de rancueur.
(MALHERBE, éd. Lalanne, I, 90.)
REBOUCHER, 166.--Émousser. Se reboucher se disait d’une arme qui se fausse par suite d’un choc.
Vne petite pointe de convoitise qui se rebouche soudain contre le danger. (LA BOÉTIE, Œuvres, éd. Feugère, p. 17.)
Ses traits impetueux Ne font que reboucher contre les vertueux.
(AUVRAY, B. des muses, 1628, p. 156.)
RECHAPE, 32.--Travestissement du mot recipe, par lequel tous les médecins commençaient leurs ordonnances.
D’vn rechape s’il peut former vne ordonnance.
(S. IV.)
RECREU, 77.--A bout de forces.
Le voyageur lassé, l’artisan hors d’haleine, Et le soldat recreu s’empressent pour m’avoir.
(Le P. Carneau, La Pièce de cabinet.)
Ce mot commençait à vieillir en 1648. Racine l’a souligné, avec les termes passés de mode, dans le Quinte Curce de Vaugelas (1653, p. 248) qui lui a appartenu, & qui se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale. (FOURNIER, Var., III, 288.)
REMEUGLE pour Remugle, 99.--Moisi, relent, mustie. (Cotgrave.)
RESPECT, 18, 139.--Considération, prévoyance.
Mais que pour leur respect l’ingrat siecle où nous sommes.
(S. II.)
Où les lois par respect sages humainement.
(S. III.)
RESSENTIMENT, 171, 191.--Renouvellement d’impression, souvenir.
Chatouille mon mal d’vn faux ressentiment.
(PLAINTE.)
Doux ressentimens d’vn acte si fidelle.
(DIAL. DE CL. & PH.)
ROME (Faire), 125.--Délivrer à vil prix des expéditions de faux brefs & de fausses bulles du pape.
Vn banquier qui fait Rome icy pour six testons.
(S. XV.)
RONDACHE, 85, 88.--Bouclier.
Qui pour vne rondache empoigne vn escabeau.
(S. X.)
ROTONDE, 177.--Collet empesé & monté sur du carton.
ROUSSOYANT, 37.--Rosoyante. De rosée, humecté par la rosée.
De la douce liqueur rosoyante du Ciel.
(S. V.)
Et ces herbes & ces plaines Toutes pleines De rosoyante blancheur.
(RONSARD, Les Bacchanales.)
Des perles blanches qui pendoyent Aux raincelets rosoyans nées.
(BAÏF, Poëmes, 1573, fº 115 vº.)
RUSTIQUE, 25.--Simple; proprement, de paysan.
Ma façon est rustique.
(S. III.)
SADE, 68.--Doux, agréable; proprement, qui a de la saveur.
SADINETTES, 56.--Même sens, avec l’idée de délicatesse attachée à tout diminutif.
Je l’ayme de propre nature Et elle moy, la douce sade.
(VILLON, Gr. Test., 138.)
Comp.
Le sadinet Assis sur grosses fermes cuisses.
(VILLON, Les Reg. de la belle Heaumiere.)
SAGETTES, 37.--Traits.
Mais ces diuers rapors sont de faibles sagettes.
(S. V.)
SAINT (Mal de).--Mal placé sous l’invocation d’un saint.
Si c’estoit mal de saint ou de fieure quartaine.
SARAIL, 55.--Sérail. Nous avons vu de même, page 113, garir pour guérir, & p. 115, carasser pour caresser.
SEAU (Draps du), 80.--Il faut lire Usseau: Petit village près de Carcassonne, où un sieur de Varennes avait établi des manufactures. Voir le Dictionnaire de Furetière, vº Draps.
SILLER, 117, 165.--Priver de la vue. Se disait primitivement des oiseaux de proie dont on fillait les yeux en les cousant d’un point d’aiguille, quand on n’avait pas de chaperon pour leur couvrir la tête.
SIVÉ, 96.--D’après tous les commentateurs, à commencer par Brossette, l’eau de sive ou sivé serait une eau de mare ou d’égout. Un passage tronqué du Grand Testament de Villon a donné naissance à cette interprétation inexacte:
Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive Où nourrices essangent leurs drappeaux.
Il faut lire, Ballade IX du Grand Testament:
En sang qu’on mect en poylettes secher Chez ces barbiers, quand plaine lune arrive, Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive; En chancre & fix, & en ces ords cuveaux, Où nourrices essangent leurs drapeaux, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Soient frittes ces langues venimeuses.
Cive est évidemment employé ici pour ciboule. Mais dans Regnier, sivé a un tout autre sens. Suivant Nicot, sive ou sivé, suillum jus conditum, jus e suillis intestinis, désigne une sauce faite avec des épices & de la graisse de porc, du jus de tripes de porc.
SOPIQUET, 49--Saupiquet.
Mestez en la leschefrite des oignons comme dit est, & quand l’oisel sera cuit, si mettez en la leschefrite vn petit de verjus & moitié vin moitié vinaigre, ce tout bouli ensemble & après mis la tostée. Et ceste derreniere sausse est appelée le Saupiquet.
(Le Ménagier de Paris, Crapelet, 1846, t. II, p. 181. Voir plus loin, p. 233, la recette peu différente du saupiquet pour connin, ou pour oiseau de rivière, ou coulon ramier.)
SOUDRE, 85.--Résoudre, éclaircir.
SYNDERESE, 106.--Reproche secret que nous adresse notre conscience.
TACHE (Malle), 85.--Tache mauvaise, rebelle à un nettoyage ordinaire. Cri des dégraisseurs ambulants.
Elles te firent mainte tache Où le crieur de maletache Eust bien perdu tout son latin.
(Cabinet satyrique. Sur le bas de soye d’un courtisan, par le Sr de la Ronce, St. 19.)
TEMPERATURE, 139.--Constitution, santé.
Et change la nature De sept ans en sept ans nostre temperature.
(S. V.)
Le cardinal de Lorraine fut d’une température où il n’y avoit rien à desirer.
(MALHERBE, éd. Lalanne, IV, 204.)
TIERCELET, 18.
De tes enfants bastards, ces tiercelets des poetes.
(S. II.)
On dit, il fait du tiercelet de prince, du gentilhomme qui veut eniamber pardessus le reng & ha quelques façons qui sentent non-seulement le bien grand seigneur, mais le prince, ou pour le moins le petit prince. Car en fauconnerie, le masle s’appelle tiercelet, comme estant un tiers plus menu que la femelle.
(H. Estienne, De la precellence du langage françois. Paris, éd. Feugère, p. 130.)
TINEL, 51.--Réfectoire des officiers ou des familiers d’un grand seigneur. De l’italien Tinello, luogo dove mangiano i cortigiani.
TORCHE, LORGNE, 85.--Ces deux mots sont synonymes de frappe.
Lorgne se trouve dans la 98e nouvelle de Des Periers: A grands coups de poing lorgnoit dessus.
D’autre part on lit dans les Modèles de la conversation tirés du manuscrit 3988 du Mus. brit. Harl. (Paris, A. Franck, 1873, p. 398):
Se ton maistre te trouueroit icy chantant, il te torcheroit tres bien sur la teste.
TOUSSIR, 31.--Tousser. Voir p. 192, Fanir.
Sans oser ny cracher, ny toussir, ny s’asseoir.
(S. IV.)
TRIACLEUR, 111.--Theriacleur. Vendeurs de thériaque. Charlatans.
VEAUX, 34.--Niais, nigaud. A Iobbernoll (Cotg.); propr., grosse tête vide.
Ce malheur est venu de quelques ieunes veaux.
(S. IV.)
VELOURS (ongles de), 79.--Ongles crasseux. Le velours servait à border les vêtements. Des ongles de velours désignent donc des ongles bordés de noir.
VENT, 39.
Porter la teste basse & l’esprit dans le vent.
(S. V.)
VERCOQUIN, 70, 124.--Sorte de ver attaché à la cervelle de l’homme & dont la morsure provoquait l’emportement ou la folie. Telle était la croyance populaire que Cotgrave rapporte en ces termes: A certain worme bred in a mans head, and making him cholericke, humorous and fantasticall, when it biteth, also the Vine fretter or Dewills goldring. Les expressions Vine fretter & Dewills goldring donnent les sens figurés de Vercoquin. La première désigne le trouble de l’ivresse & la seconde les visions de l’esprit.
VERT (sur le), 68.--Sur le pré. Laisser sur le vert, abandonner.
VIEUX, 11, 23, 40, 42, dans le sens de vieillards, anciens.
Chose permise aus vieus.
(S. I.)
Mais n’en deplaise aux vieux.
(S. III.)
Facille au vice, il hait les vieux & les desdaigne.
(S. V.)
Peres des siecles vieux, exemples de la vie.
(Ibid.)
VISIERE, 77.--Vue.
Que les gens de sauoir ont la visiere tendre.
(S. X.)
Vos deportements luy blessent la visiere.
(MOL., L’Et., 1, 2.)
Ce monsieur bas-normand me choque la visiere.
(REGNARD, Le Bal.)
VISTE, 152.--Rapide.
Mesureur des vistes années.
VOIRE, 29, 31, 91.--En vérité; du latin vere.
Comme ces courtisans qui s’en faisant acroire N’ont point d’autre vertu sinon de dire voire.
(S. IV.)
VOIS, 75.
Et m’en vois à grands pas.
(S. X.)
Ne voise au bal, qui n’aymera la dance.
(PIBRAC, Quatrain 105.)
VOLÉES, 136.--Essor, échappée.
Et comme bassement à secretes volees, Elle ouure de son cœur les flames recelees.
INDEX.
ACHILLE, 11, 70.
ÆNÉE, 70.
ALBERT LE GRAND, 79.
ALCIBIADE, 17.
ALCORAN, 78.
ALEMAGNE, 164.
ALEXANDRE, 77.
ALEZINA (l’), 84.--Équivoque sur Alene & Lezine. Vialardi a écrit sous ce titre: Della famosissima compagnia della Lezina, un code d’avarice raffinée, & cet ouvrage, traduit en français, a paru en 1604, à Paris, chez Abraham Saugrain. V. Bib. Viollet-le-Duc. Bibliog. des Chansons, 1859.
ALPES, 80, 160.
AMIENS, 161.
ANGLETERRE, 157.
ANTICIRE, 120.
APOLLON, 14, 20, 30, 31, 33, 66, 122, 149, 152, 175.
ARABE, 79.
ARCADIE, 85.
ARGUS, 99.
ARISTOTE, 22.
ARSENAC, 201.
ATHRACIEN (le bourg), 85.--Atrax, bourg de Thessalie où les Lapithes & les Centaures se livrèrent bataille aux noces de Pirithoüs. Voir Ovide, Métam., XII, & Lucien, les Lapithes ou le Combat des Philosophes.
ATLAS, 33, 44.
AUCATE (l’), 160.--Leucate.
AUGUSTE, 10.
AUTRICHE, 164.
BACCHUS, 121.
BARTOLLE, 31, 81.
BASTILLE, 112.--Lieu de dépôt du trésor royal sous Henri IV & Louis XIII. (Voir Sully, Mémoires, IVe part., chap. LI.)
BAYONNE, 160.
BEAULIEU, 58.
BELLAY (du), 18, 67.
BERNARD (saint), 106.
BERTAUT, 36, 38, 43.
BETHUNE (M. de), 44.
BEZE, 157.
BICESTRE, 78.
BORÉE, 45.
BRIARÉE, 82.
BROUAGE, 35.--Ville de l’Aunis (Charente-Inférieure), autrefois célèbre par ses marais dont on tirait du sel après les avoir inondés d’eau de mer.
CAIRE (le), 166.
CALLIOPE, 19, 31, 33.
CARAMAIN (comte de), 14.
CATON, 41, 78.
CENTAURES, 85.
CÉRÈS, 121.
CÉRIZOLLES, 25.
CÉSAR, 71.
CHALANGE, 201.--Ce partisan célèbre est cité dans la Chasse aux Larrons de Jean Bourgoin. Paris, 1618, in-4º. C’est à son instigation que le connétable de Luyne fit rendre contre les procureurs un édit qui provoqua de vives réclamations.
CHANGE (pont au), 201.--Ce pont était couvert de maisons où les orfévres de Paris avaient leurs forges ou boutiques.
CHARITÉ, 90.--Maison de la Charité chrestienne, fondée en 1578, rue de Lourcine, par Nicolas Houel, pour servir d’asile aux soldats estropiés. Voir à ce sujet le Mercure françois de 1611, fº 109, du 7 juillet 1606.
CHARLEMAGNE, 80.
CHARLES (le roy), 76.
CHARTRES, 161.
CHASTELET, 38.
CHINE, 60, 78.
CIBELLE, 121.
CIPRIS, 150.
CLAUDE, 38.
CŒUR (Jacques), 201.
CŒUVRES (marquis de), 22, 52.
CORBEIL, 119.
CORDELIERS, 29.
COUSIN (le), 118.--Suivant la plupart des commentateurs de Regnier, le Cousin serait un fou de cour ainsi nommé parce qu’il appelait le roi Henri IV mon cousin. Il s’agirait plutôt d’un original tel que celui dont il est question dans les poésies de Pedoue, IIe adventure satirique.
CYTHERE, 151.
DAVID, 69.
DELPHES, 11.
DENIS (Me), 90.
DESPAUTERRE, 85.
DESPORTES, 22, 33.
DIEU (Hostel), 45.
DIOGENE, 118.
EMPEDOCLE, 122.
ENÉE, 11.
ENGUERRAND, 201.--Enguerrand de Marigny, ministre de Philippe le Bel.
EPICURE, 80.
ERYCE, 189.--L’enfant d’Eryce est l’Amour. Erycine est un des surnoms de Vénus, déesse d’Eryx en Sicile.
ESPAGNE, 69, 78, 163.
ETYOPIE, 3.
EVESQUE (four-l’), 38.--Primitivement, le For-l’Evêque fut le siége de la juridiction de l’évêque de Paris. A la suppression de cette juridiction, il devint une prison pour dettes. On y enfermait aussi les comédiens coupables envers le public ou l’autorité.
FLAMENS, 44.
FLANDRE, 164.
FLEURS DE BIEN DIRE, 87.--Il s’agit ici du petit livre de François Desrues, intitulé: Fleurs de bien dire, recueillies des cabinets des plus rares esprits de ce temps, pour exprimer les passions amoureuses de l’un comme de l’autre sexe. Paris, Guillemot, 1598, in-12.
FLORE, 56, 121.
FONTAINE FRANÇOISE, 161.
FORQUEVAUX (de), 126, 128, 129.
FRANCE, 16, 37, 44, 45, 51, 75, 165.
FRANÇOIS, 44.
FREDÉGONDE, 35.--Nom donné à Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, par les poëtes satiriques contemporains de Regnier.
FREMINET, 100.
GAIAC, 128.--Le bois de gaïac était au XVIe siècle le spécifique en faveur contre les maladies vénériennes. Voir: Loys Guyon. Div. Leçons, 1610, IV, 6.
GALLET, 117.--Contrôleur des finances à qui l’on attribue la construction de l’hôtel de Sully. Il fit souvent, dit Sauval, quitter les dez à Henri IV.
GALLIEN, 31.
GARGUILLE, 110.
GASCONGNE, 86.
GASCONS, 67.
GAULES, 79.
GAULTIER, 110.
GENTILLY, 49.
GEORGE (saint), 41, 51.
GOBELINS, 86.--Les Gobelins étaient encore sous Henri IV un établissement privé. Ils ne devinrent manufacture royale que sous Louis