L'ENVIE. - L'HYMÉNÉE.
Pourrions-nous craindre un dieu qui contre nos fureurs Ne prend pour armes que des fleurs?
Oui, monstres, oui, craignez cette main vengeresse; Mais craignez encor plus cette grande princesse[368] Pour qui je viens allumer mon flambeau: Pourriez-vous soutenir les traits de son visage? 145 Fuyez, monstres, à son image; Fuyez, et que l'enfer, qui fut votre berceau, Vous serve à jamais de tombeau. Et vous, noirs instruments d'un indigne esclavage, Tombez, fers odieux, à ce divin aspect, 150 Et pour lui rendre un prompt hommage, Anéantissez-vous de honte ou de respect.
(Il présente ce portrait aux yeux de la Discorde et de l'Envie, qui trébuchent aussitôt aux enfers, et ensuite il le présente aux chaînes qui tiennent la Paix prisonnière, lesquelles tombent[369] et se brisent tout à l'heure.)
LA PAIX[370].
Dieux des sacrés plaisirs, vous venez de me rendre Un bien dont les Dieux même ont lieu d'être jaloux; Mais ce n'est pas assez, il est temps de descendre, 155 Et de remplir les vœux qu'en terre on fait pour nous.