L'HYMÉNÉE. - L'HYMÉNÉE.
Ces traits divins n'ont pas de forces si bornées. Mes roses et mes lis par eux en un moment A ces lieux désolés vont servir d'ornement. Promets, et tu verras l'effet de ma parole.
LA FRANCE.
J'entreprendrai beaucoup; mais ce qui m'en console 190 C'est que sous votre aveu....
Va, n'appréhende rien: Nous serons à l'envi nous-mêmes ton soutien. Porte sur ton théâtre une chaleur si belle, Que des plus heureux temps l'éclat s'y renouvelle: Nous en partagerons la gloire et le souci. 195
LA VICTOIRE.
Cependant la Victoire est inutile ici: Puisque la paix y règne, il faut qu'elle s'exile.
LA PAIX.
Non, Victoire: avec moi tu n'es pas inutile. Si la France en repos n'a plus ou t'employer, Du moins à ses amis elle peut t'envoyer. 200 D'ailleurs mon plus grand calme aime l'inquiétude Des combats de prudence, et des combats d'étude; Il ouvre un champ plus large à ces guerres d'esprits; Tous les peuples sans cesse en disputent le prix; Et comme il fait monter à la plus haute gloire, 205 Il est bon que la France ait toujours la Victoire. Fais-lui donc cette grâce, et prends part comme nous A ce qu'auront d'heureux des spectacles si doux.
LA VICTOIRE.
J'y consens, et m'arrête aux rives de la Seine, Pour rendre un long hommage à l'une et l'autre reine, Pour y prendre à jamais les ordres de son roi. Puissé-je en obtenir, pour mon premier emploi, Ceux d'aller jusqu'aux bouts de ce vaste hémisphère Arborer les drapeaux de son généreux frère[374], D'aller d'un si grand prince, en mille et mille lieux, 215 Égaler le grand nom au nom de ses aïeux, Le conduire au delà de leurs fameuses traces, Faire un appui de Mars du favori des Grâces, Et sous d'autres climats couronner ses hauts faits Des lauriers qu'en ceux-ci lui dérobe la Paix! 220