XXVIII, XXIX, XXX. B. - XLIII. B.
[301] Voltaire parle encore de l’abbé de Saint-Pierre dans la septième de ses Lettres à son altesse monseigneur le prince de ***: voyez tome
[302] L’article SALLO est de 1751. Voltaire avait déjà nommé Th. Renaudot (voyez son article) premier auteur des gazettes en France. Le Journal des savants, commencé par Sallo, ne date que de 1665. B.
[303] En 1652. B.
[304] Guillaume, mort le 15 mai 1703; Adrien, mort le 7 septembre 1718. B.
[305] A Hermanville. B.
[306] L’ouvrage de Saumaise est intitulé: Defensio regia, pro Carolo primo, 1649, in-4º. B.
[307] Il en est de même de la réplique de Saumaise, qui ne fut imprimée qu’après sa mort, sous ce titre: Ad Joannem Miltonum responsio, Dijon, in-4º; Londres, 1660, in-8º. B.
[308] Voyez ma note, page 57. B.
[309] La fin de cet alinéa fut ajoutée lorsqu’en 1763 Voltaire supprima le morceau que je donne ci-après en note. B.
[310] Il est bon de remarquer que ce certificat est de 1757, vingt ans après la mort de Saurin; cependant les prédicants suisses voulurent déposer les trois dignes pasteurs qui avaient signé suivant leur conscience: tant la haine théologique est implacable, et tant l’hypocrite intolérance de Calvin a jeté de profondes racines dans les pays qu’il a infectés de son esprit. K.
[311] Le 29 décembre. B.
[312] Dans l’édition de 1757 (voyez ma Préface), l’article se terminait ainsi:
«Depuis que cet article a été composé, j’ai en main la déclaration suivante; elle doit fermer la bouche à ceux qui ont voulu décrier un philosophe:
«Nous, les pasteurs de l’église de Lausanne, canton de Berne, en Suisse, déclarons que, requis de dire ce que nous pouvons savoir d’une accusation intentée contre feu M. Joseph Saurin, ci-devant pasteur de la baronnie de Bercher, au bailliage d’Yverdun, et touchant une lettre imputée audit sieur Saurin, dans laquelle il paraît s’accuser d’actions criminelles et honteuses; ladite lettre et ladite imputation étant imprimées dans les Suppléments aux Dictionnaires de Bayle et de Moréri, nous déclarons n’avoir jamais vu l’original de cette prétendue lettre, ni connu personne qui l’ait vue, ni ouï dire qu’elle ait été adressée à aucun pasteur de ce pays; en sorte que nous ne pouvons qu’improuver l’usage qu’on a fait de ladite pièce. En foi de quoi nous nous sommes signés. Ce 30 mars 1757, à Lausanne.
Signés: ABRAHAM DE CROUSAZ, premier pasteur de l’église de Lausanne, et doyen.
N. POLIER DE BOTTENS, premier pasteur de l’église de Lausanne.
DANIEL POVILLARD, pasteur.»
Ce certificat fut attaqué dans le Journal helvétique; et Voltaire publia la Réfutation d’un écrit anonyme, etc., qui est à la fin du tome XXXIX. Voltaire ne reproduisit pas le certificat en 1763; ce fut alors qu’il ajouta l’alinéa sur l’auteur de Spartacus. B.
[313] Bernard-Joseph Saurin, auteur de Spartacus, né en 1706, est mort le 17 novembre 1781. B.
[314] Le Dictionnaire de commerce n’est pas de Jacques Savari, mort en 1690, mais de Jacques Savari, son fils, mort en 1716, et connu sous le nom de Savari des Brulons. Ce ne fut qu’en 1723 que parut la première édition, par les soins de l’abbé Savari, qui avait été le collaborateur de son frère, et qui, lors de sa mort, en 1727, laissa un volume de supplément, qui fut publié en 1730. B.
[315] Le 3 auguste. B.
[316] C’était l’opinion générale du temps de Voltaire; mais madame de Sévigné est née le 5 février 1627. B.
[317] Ce qui précède est de 1756, et conséquemment antérieur à la Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau; Voltaire a eu en vue les Lettres diverses du chevalier d’Herm... (par Fontenelle): voyez tome XXXIX, page 243. Ce qui suit est de 1768. B.
[318] Madame de Sévigné, dans sa lettre du 6 novembre 1675, dit que Mascaron a surpassé tout ce qu’on attendait de lui. Dans sa lettre du 10 novembre, elle appelle l’oraison funèbre admirable; mais dans la lettre du 28 mars 1676, elle met l’oraison funèbre de Turenne, par Fléchier, au-dessus de celle par Mascaron. B.
[319] Silva, dont le nom se trouve dans des vers des second et quatrième Discours sur l’homme (voyez tome XII), est mort le 19 août 1742. B.
[320] Fille du maréchal de Coligni, tué à la Marfée, en 1646, et, par conséquent, arrière-petite-fille de l’amiral. CL.
[321] Boileau (vers 90 de son épître VII) avait appelé Tallemant
... le sec traducteur du français d’Amyot. B.
[322] Voyez tome XXXV, pages 193-94. B.
[323] Jean Terrasson est né à Lyon en 1670. Matthieu Terrasson, son cousin, avocat à Paris, né à Lyon, le 13 août 1669, est mort en 1734. B.
[324] Voyez, tome XIV, dans les Poésies mêlées (année 1731), une épigramme de Voltaire sur Séthos. B.
[325] Le 11 novembre 1636, auteur de l’Histoire des perruques, de La Sauce-Robert, de la Dissertation sur la sainte larme de Vendôme, etc. B.
[326] Le 11 octobre 1714. Son successeur à l’académie française fut Malet, dont la réception est du 29 décembre 1714. B.
[327] Voltaire a déjà parlé de Ramsay, pages 183 et 184; voyez aussi, dans la lettre à Formont, du 25 juin 1735, ce que Voltaire dit de la Vie de Turenne, par Ramsay. B.
[328] C’est la satire XI, Sur l’honneur; elle a forme d’épître. CL.
[329] Gesta Francorum, 1646-58, trois volumes in-folio. B.
[330] Vauban est l’auteur du Projet de dixme royale; voyez ma note, tome XXXIV, page 40. B.
[331] Vergier est né à Lyon, le 3 janvier 1655. B.
[332] Vergier n’est pas l’auteur de la parodie d’une scène de Mithridate, dirigée contre le prince de Condé, que la calomnie accusa d’avoir fait assassiner Vergier. Ce furent des voleurs de la bande de Cartouche qui assassinèrent Vergier, dans l’intention de le voler. B.
[333] Au château de Bernetot, arrondissement d’Ivetot. CL.
[334] Les Mémoires du duc de Villars, maréchal de France, 1734, trois volumes in-12, ont été publiés par l’abbé Margon, qui fabriqua les deux derniers volumes; c’est le même qui, trois ans après, donna les faux Mémoires de Berwick: voyez page 20. B.
[335] Née en 1632, à Alençon. CL.
[336] Marc-Antoine-Gérard, sieur de Saint-Amant, né à Rouen, en 1594, ne mourut qu’en 1660, la dix-septième année du règne de Louis XIV, alors âgé de vingt-deux ans. B.
[337] Sur sa Lettre de la carpe au brochet, voyez tome XXXIX, page 241. B.
[338] Alors on était dans l’usage de retrancher, dans les vers, les lettres finales qui incommodaient; vous ête pour vous êtes. C’est ainsi qu’en usent les Italiens et les Anglais. La poésie française est trop gênée, et très souvent trop prosaïque.
[339] Voiture, valet de chambre de la reine-mère, rêvant à la fontaine de Belle eau, la reine vint par derrière, lui donna un coup sur l’épaule, et lui demanda le sujet de sa rêverie. Sur quoi il lui répondit qu’il aurait l’honneur de le lui donner par écrit à son coucher; et voici les vers qu’il fit:
Je pensois que la destinée, Après tant d’injustes rigueurs, Vous a justement couronnée D’éclat, de gloire, et de grandeurs; Mais que vous étiez plus heureuse Lorsque tous étiez autrefois, Je ne veux pas dire amoureuse, La rime le veut toutefois: Je pensois (car nous autres poëtes Nous pensons extravagamment) Ce que, dans l’état où vous êtes, Vous penseriez en ce moment Si vous voyiez dans cette place Venir le duc de Buckingam, Et lequel seroit en disgrace De lui ou du père Vincent. Je pensois que le cardinal, J’entends celui de La Valette, Auroit un plaisir sans égal En voyant l’éclat où vous ête: Je dis celui de la beauté, Car sans lui je n’estime guère, Cela soit dit sans vous déplaire, Tout celui de la majesté; Que tant de charmes, de jeunesse, Pour vous le feroit soupirer, Et que madame la princesse Auroit beau s’en désespérer. Je pensois à la plus aimable Qui fut jadis dessous les cieux, A l’ame la plus admirable Que formèrent jamais les dieux, A la ravissante merveille De cette taille sans pareille, A la bouche la plus vermeille, La plus belle qu’on ait jamais; A deux pieds gentils et bien faits Où le temple d’amour se fonde; A deux incomparables mains, A qui le ciel et les destins Ont promis le sceptre du monde; A mille graces, mille attraits, A cent mille charmes secrets, A deux beaux yeux remplis de flamme Qui rangent tout dessous leurs lois: Devinez sur cela, madame, Et dites à quoi je pensois.
Voltaire, dans ses Remarques sur l’épître dédicatoire de Polyeucte (voyez tome XXXV, page 276), cite quatre vers de cette pièce, qu’il dit et que je crois inédite. Cependant vingt-quatre vers, dont huit ne sont pas dans la copie que j’ai suivie, avaient été imprimés dans les Mémoires de madame de Motteville. B.
[340] Frédéric-le-Grand, roi de Prusse. B.
[341] Pascal Colasse, né en 1639, est mort en 1709. Sur Campra, voyez tome XXXVII, page 493; sur Destouches, voyez, tome XLII, l’opuscule intitulé: André Destouches à Siam. B.
[342] Sébastien Bourdon, né en 1616, mort en 1671. Moïse Valentin, né en 1600, mort en 1632. CL.
[343] Né à Paris, en 1676; mort en 1754. CL.
[344] En 1647. Un frère aîné de Jouvenet naquit en 1644; de là l’erreur. CL.
[345] Né en 1640; et mort à Paris, sa ville natale, en 1716. CL.
[346] Né à Paris, en 1649; mort dans sa ville natale, en 1717. CL.
[347] Né à Paris, en 1654; mort en 1733. CL.
[348] Né à Montpellier, en 1677; mort en 1734. CL.
[349] Né à Toulouse, en 1645; mort à Paris, en 1730. CL.
[350] Né à Valenciennes, en 1684; il était âgé d’environ trente-sept ans quand il mourut, en 1721, à Nogent-sur-Marne. CL.
[351] François Desportes, né en 1661; mort en 1743. Jean-Baptiste Oudry, né en 1686; mort en 1755. CL.
[352] Charles-André Vanloo, né en 1705, mourut en 1765. Son frère aîné, Jean-Baptiste, cessa de vivre en 1745. CL.
[353] Pierre Legros, né à Paris, en 1666. Jean-Baptiste Théodon, mort à Paris, en 1713. CL.
[354] Le même jour que Louis XIV. Il était né en 1630, selon la Biographie universelle. CL.
[355] Antoine Coisevox, originaire d’Espagne, né à Lyon, en 1640; mort à Paris, en 1720. CL.
[356] Trois sculpteurs ont illustré le nom de Coustou: Nicolas, né à Lyon, en 1658, mort en 1733; Guillaume, frère de Nicolas, le plus célèbre des trois, né en 1678, mort en 1746; et Guillaume, frère de ce dernier, né à Paris, en 1716, mort en 1777. CL.
[357] François Chauveau, mort en 1676. CL.
[358] Robert Nanteuil, né à Reims, en 1630, gendre d’Edelinck, mort à Paris, en 1678. CL.
[359] Claude Mellan, né à Abbeville, en 1598; mort à Paris, en 1688. CL.
[360] Girard Audran, le plus distingué des neuf artistes de ce nom, naquit à Lyon, en 1640, et mourut à Paris, en 1703. CL.
[361] Gérard Edelinck, né à Anvers, en 1649, et appelé en France par Colbert, mourut en 1707; il n’appartenait pas réellement au siècle de Louis XIV. CL.
[362] Sébastien Leclerc, né à Metz, en 1637; mort à Paris, en 1714. CL.
[363] Pierre Drevet, né à Lyon, en 1664, eut pour fils Pierre Drevet, né à Paris, en 1697; morts tous deux en 1739, selon la Biographie universelle. CL.
[364] François de Poilly, né en 1622, à Abbeville, mourut en 1693. Son frère Nicolas, mort en 1696, fut son élève, et laissa deux fils, morts avant 1730, avec la réputation de graveurs habiles. CL.
[365] Bernard Picart, fils d’Étienne, naquit à Paris, en 1673, et mourut à Amsterdam, en 1733. CL.
[366] Gaspard Duchange, né à Paris, en 1662, mort en 1756. CL.
[367] Claude Ballin mourut à Paris au commencement de 1678; et Pierre Germain en 1682. CL.
[368] Né à Paris, en 1598; mort en 1666. CL.
[369] Né en 1645, à Paris, où son père, nommé aussi Jules HARDOUIN, était premier peintre du cabinet du roi; mort à Marli, en 1708. CL.
[370] Voyez ma note, tome XXXIII, page 8. B.
[371] On a construit, depuis que M. de Voltaire a écrit cet article, trois théâtres pour les trois grands spectacles de Paris. K.--Les trois théâtres dont parlent les éditeurs de Kehl, étaient, pour l’Opéra, la salle de la Porte Saint-Martin; pour les Français, la salle de l’Odéon, consumée par les flammes le 28 ventôse an 7 (18 mars 1799); reconstruite, brûlée de nouveau le 20 mars 1818, et reconstruite encore; pour l’Opéra-comique, ou les Italiens, la salle qui est entre le boulevard et la place des Italiens. Depuis la note des éditeurs de Kehl, on a construit beaucoup d’autres théâtres. Aucune des trois salles dont parlent les éditeurs de Kehl n’a conservé jusqu’à ce jour sa destination première. B.
[372] Claude Perrault, auquel on doit la colonnade du Louvre, quoiqu’en ait dit Boileau. Louis Levau, mort en 1670, eut pour élève François Dorbay, mort en 1697. CL.
[373] André Le Nostre, fils d’un jardinier du roi, naquit en 1613, à Paris, où il mourut en 1700. Beaucoup d’ouvrages, même récents, racontent que Le Nostre embrassa effectivement Innocent XI, et qu’il en usait ainsi avec Louis XIV, de l’aveu même de ce monarque. Anobli par son maître, auquel il était fort attaché, mais sans adoration servile, il n’oublia ni son bon homme de père, ni sa bêche; bien différent en cela de tant de vilains, improvisés grands seigneurs depuis le commencement du dix-neuvième siècle. CL.
[374] C’était ici que finissait cet article dans les premières éditions: voyez la lettre de d’Alembert, du 24 août 1752. La fin de l’alinéa a été ajoutée en 1763. Sur l’Encyclopédie, voyez, tome XL, une des notes sur le premier des Dialogues chrétiens. B.
[375] Voyez ma Préface en tête de ce volume. B.
[376] Louis XIV est né le 5 septembre 1638; l’établissement de l’académie française est de 1635: voyez tome XXII, page 247. B.
[377] Voltaire s’exprimait ainsi en 1756, lorsque les chapitres CLXV-CCX et CCXIII-CCXV de l’Essai sur l’histoire générale (devenu l’Essai sur les mœurs), se composaient de ce qu’il avait déjà publié sous le titre de Siècle de Louis XIV. Voyez, au reste, tome XVIII, page 169 et suivantes; et surtout les chapitres CLXXV et CLXXVI de l’Essai sur les mœurs; voyez aussi le chapitre suivant. B.
[378] Il n’y a plus dans ce moment (juillet 1782) que huit électeurs, les deux électorats de la maison de Bavière étant réunis; et de ces huit électeurs trois sont rois. K.--Les diverses éditions données du vivant de Voltaire portent dans le texte, les unes quatre rois, les autres, trois rois, selon que l’électeur de Saxe était ou n’était pas roi de Pologne. Les trois autres rois-électeurs étaient ceux de Bohême, de Prusse (Brandebourg), d’Angleterre (Hanovre). L’empire d’Allemagne n’existe plus (voyez ma note, tome XXIII, page 662). Beaucoup d’autres états de l’Europe ont subi des changements par suite de la révolution française. B.
[379] Essai sur les mœurs et l’esprit des nations.--Voyez tome XVIII, pages 271-279; et aussi les Annales de l’empire, tome XXIII, pages 582 et 596. B.
[380] Tome XVIII, page 295 et suiv.; et ci-dessus ma note, page 243. B.
[381] Voyez tome XXXII, page 379. B.
[382] Voyez l’article TAXE, tome XXXII, page 314. B.
[383] Voyez tome XVI, pages 27 et 233; tome XXVIII, pages 449 et 453; et, tome XLVI, la remarque sur un des articles du Journal de la cour de Louis XIV (par Daugeau). B.
[384] Essai sur les mœurs, chap. CLXXXV.
[385] Vers le milieu du règne de Louis XIV, les sciences ont été cultivées en Suisse. Ce pays a produit depuis quatre grands géomètres du nom de Bernouilli, dont les deux premiers appartiennent au siècle passé, et le célèbre anatomiste Haller. C’est actuellement une des contrées de l’Europe où il y a le plus d’instruction, où les sciences physiques sont le plus répandues, et les arts utiles cultivés avec le plus de succès. La philosophie proprement dite, la science de la politique, y ont fait moins de progrès; mais leur marche doit nécessairement être plus lente dans de petites républiques que dans les grandes monarchies. K.
[386] Voltaire écrivait en 1751. Depuis lors le sort de la Pologne a subi bien des changements. Après deux partages, l’un en 1772, l’autre en 1795, ce qu’on appelle aujourd’hui le royaume de Pologne est réuni à la Russie, mai 1830. B.
[387] Voyez page 14. B.
[388] Comme dans la suite il sera souvent question de cette opération sur les monnaies, et que M. de Voltaire n’en a discuté les effets dans aucun de ses ouvrages, on nous pardonnera d’entrer ici dans quelques détails.
La livre numéraire n’est qu’une dénomination arbitraire qu’on emploie pour exprimer une certaine partie d’un marc d’argent. Cette proposition, le marc d’argent vaut cinquante livres, est l’équivalent de celle-ci: j’appelle livre la cinquantième partie du marc d’argent. Ainsi, un édit qui prononcerait que le marc d’argent vaudrait cent livres ne ferait autre chose que déclarer que, dans la suite, on donnera dans les actes le nom de livre à la centième partie du marc d’argent, au lieu de donner ce nom à la cinquantième. Cette opération est donc absolument indifférente en elle-même; mais elle ne l’est pas dans ses effets.
Il est d’un usage général d’exprimer en livres la valeur de tous les engagements pécuniaires; si donc on change cette dénomination de livre, et qu’au lieu d’exprimer la cinquantième partie d’un marc d’argent, par exemple, elle n’en exprime que la centième, tout débiteur, en payant le nombre de livres qu’il s’est engagé de payer, ne donnera réellement que la moitié de ce qu’il devait.
Ainsi, ce changement, purement grammatical, devient l’équivalent du retranchement de la moitié des dettes ou des obligations payables en argent.
D’où il résulte pour un état qui ferait une opération semblable:
1º Une réduction de la dette publique à la moitié de sa valeur, ce qui est faire une banqueroute à cinquante pour cent de perte.
2º Une diminution de moitié dans ce que l’état paie en gages, en appointements, en pensions, ce qui fait une économie de moitié sur les places inutiles ou jugées telles, et une diminution sur les places utiles et trop payées: car on sent que, pour les places utiles, une augmentation de gages devient une suite nécessaire de cette opération.
3º Une diminution aussi de moitié dans les impôts qui ont une évaluation fixe en argent: on les augmente proportionnellement dans la suite; mais cette augmentation se fait moins promptement que le changement des monnaies. Souvent un gouvernement faible a profité de cette circonstance pour faire, dans la forme des impôts, des changements qu’il n’aurait osé tenter directement.
4º Une perte de moitié pour les particuliers créanciers d’autres particuliers; injustice qu’on leur fait sans aucun avantage pour l’état.
5º Un mouvement dans les prix des denrées, qui dérange le commerce, parceque les denrées ne peuvent pas doubler de prix sur-le-champ, ni aussi promptement que l’argent.
Ainsi, cette opération est une manière de faire une banqueroute, et de manquer à ses engagements, qui entraîne de plus avec elle une injustice envers un très grand nombre de citoyens, même de ceux qui ne sont pas créanciers de l’état, une secousse dans le commerce, et du désordre dans la perception des impôts.
Mais si, dans quelque état de l’Europe, on établissait un système plus raisonnable sur les monnaies que celui qui est adopté chez presque toutes les nations, et qu’on fût obligé, pour donner à ce système plus de perfection et de simplicité, de changer la valeur de la livre numéraire, alors on éviterait les inconvénients dont nous venons de parler, et on se mettrait à l’abri de toute injustice, en déclarant que tout ce qui devait être payé en livres anciennes ne pourrait être acquitté qu’en payant, non le même nombre de livres nouvelles, mais un nombre de ces livres qui représenterait un égal poids d’argent.
Voici maintenant en quoi nous croyons que devraient consister les changements dans les monnaies:
1º A rapporter toutes les évaluations en monnaies à un certain poids d’un seul des deux métaux précieux, à l’argent, par exemple, et à ne fixer aucun rapport entre la valeur de ce métal et celle de l’autre, de l’or, par exemple. En effet, toute différence entre la proportion fixée et celle du commerce est une source de profit pour quelques particuliers, et de perte pour les autres.
2º A changer les dénominations et les monnaies, de manière que chaque monnaie répondît à un nombre exact des divisions de la livre numéraire et du marc d’argent, et que les divisions de la livre numéraire et celles du marc d’argent eussent entre elles des rapports exprimés par des nombres entiers et ronds. L’usage contraire a concentré entre un petit nombre de personnes la connaissance de la valeur réelle des monnaies; et dans tout ce qui a rapport au commerce, toute obscurité, toute complication est un avantage accordé au petit nombre sur le plus grand. On pourrait joindre à l’empreinte, sur chaque monnaie, un nombre qui exprimerait son poids, et sur celles d’argent (voyez nº 1), sa valeur numéraire.
3º A faire les monnaies d’un métal pur: 1º parceque c’est un moyen de faciliter la connaissance du rapport de leur valeur avec celui des monnaies étrangères, et de procurer à sa monnaie la préférence dans le commerce sur toutes les autres; 2º parceque c’est le seul moyen de parvenir à l’uniformité du titre des monnaies entre les différentes nations, uniformité qui serait d’un grand avantage. L’uniformité, dans un seul état, s’établit par la loi; elle ne peut s’établir entre plusieurs que lorsque la loi ne s’appuie que sur la nature, et ne fixe rien d’arbitraire.
4º A ne prendre de profit sur les monnaies que ce qui est nécessaire pour faire la dépense de leur fabrique. Cette fabrique a deux parties; les opérations nécessaires pour préparer le métal à un titre donné, et celles qui réduisent le métal en pièces de monnaie. Ainsi on rendrait, pour cent marcs d’argent en lingots, cent marcs d’argent monnayé, moins le prix de l’essai et celui de leur conversion en monnaie. On rendrait pour cent marcs d’argent allié à un centième quatre-vingt-dix-neuf marcs d’argent monnayé, moins les frais nécessaires pour l’affiner et le réduire ensuite en monnaie.
Ces moyens très simples auraient l’avantage de rendre si clair tout ce qui regarde le commerce des matières d’or et d’argent, et la monnaie, que les mauvaises lois sur ce commerce, et les opérations pernicieuses sur les monnaies, deviendraient absolument impossibles. K.
[389] Les lettres-patentes sont du 10 février 1638; ce fut le 15 août, jour de la procession, qu’eut lieu la bataille entre le parlement et la cour des comptes: voyez tome XXII, page 252. B.
[390] Il s’appelait Morin: voyez, tome XX, le chapitre