RÉFLEXION.
Malgré la constance du sort
À prolonger les douleurs que j’endure
Je l’avoûrai, je redoute la mort.
Le sentiment, bienfait de la nature,
Me console de tous mes maux.
Ah ! lui seul peut charmer les peines de la vie.
Je souffre ; on y prend part, mon âme est attendrie,
Et mes sens tourmentés se livrent au repos.
Si les objets de ma tendresse
À mon cœur alloient échapper ;
Ou si ce cœur devoit, flétri par la tristesse,
Du doux plaisir d’aimer cesser de s’occuper,
Non, non, je ne crains plus : Ô mort ! tu peux frapper.