À UN JEUNE HOMME
Qui pour prix de ses vers adressés à l’auteur lui
demandoit un baiser.
Quoi ! pour prix de vos vers, vous voulez un baiser !
Y pensez-vous, Damis, un baiser !… à mon âge ?…
Oui, pour votre intérêt j’ai dû le refuser.
Quand les ans de notre visage
Ont terni l’aimable fraîcheur,
Et que l’art se refuse à cacher leur ravage,
Un baiser, je le sais, n’est plus une faveur ;
Qui le demande alors croit qu’il nous fait honneur,
Et dire non, c’est être sage.