À MON MARI.
L’hymen, pour mon bonheur, unit nos destinées,
Et l’amour nous combla long-temps de ses faveurs
Gardons te souvenir de nos jeunes années ;
En nous aimant toujours, il aura des douceurs.
Autrefois ton amante, à présent ton amie,
Sans cesse partageant et tes maux et tes biens,
Dans tes bras, sans regret, j’achèverai ma vie.
Puisse, hélas ! la Parque ennemie
Finir mes jours avant les tiens !
Puisse l’objet de ma tendresse
Sur ma tombe verser des pleurs,
Et, pour consoler sa vieillesse,
Quelquefois y semer des fleurs !
Si jamais tu fais cet usage
De ces fleurs que je chérissois,
Souviens-toi que, dans mon jeune âge,
Par vanité je m’en parois :
Mais pour te plaire davantage.