‹ Œuvres philosophiques de Sophie GermainChapitre 13 sur 24 · Correspondance · _______ XXIII LEGENDRE À SOPHIE GERMAIN

Correspondance · _______ XXIII LEGENDRE À SOPHIE GERMAIN

Paris, juillet 1821.

Mademoiselle, j’ai reçu mardi dernier le Mémoire que vous avez bien voulu m’envoyer, avec beau papier, belle couverture et une petite lettre fort obligeante, mais trop modeste. Je vous fais mon compliment bien sincère d’avoir enfin triomphé de votre répugnance à rendre publiques des recherches qui vous ont coûté tant de travaux. J’espère que vous n’aurez pas lieu de vous repentir de votre courage, et que cette première émission, qui était la plus difficile, sera bientôt suivie de plusieurs autres qui obtiendront sans doute l’estime et le suffrage des connaisseurs.

Je n’ai pu encore que parcourir les premières pages de votre Mémoire, et vous pensez bien que je suis loin de pouvoir porter un jugement sur cet ouvrage, qui est du nombre de ceux qu’on ne peut apprécier que par une étude longue et approfondie car, sans doute, vous repousseriez vous-même un jugement qui ne serait fondé que sur un examen superficiel.

J’ai trouvé votre Avertissement très bien rédigé, il présente fort nettement l’état de la question ; vous proposez votre opinion de la manière la plus modeste et, si l’on avait quelque chose à vous reprocher, ce serait les compliments dont en quelque sorte vous accablez le géomètre dont vous combattez l’opinion. Puisse-t-il répondre dignement à cet assaut de civilité ; c’est ce que je désire plus que je n’espère.

J’ai été fâché de ne pas voir dans l’errata le mot campanarum à la place de campanorum qui, malheureusement, est répété trois ou quatre fois.

Aussitôt que nous pourrons faire un petit séjour à Paris, nous nous empresserons d’avoir l’honneur de vous voir. Ma femme se porte assez bien maintenant. Elle vous fait mille tendres compliments auxquels vous me permettrez, Mademoiselle, de joindre mes hommages respectueux.

Legendre.

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