‹ VercingétorixChapitre 9 sur 191 · VII

VII

À côté de ces éléments de grandeur et d’épouvante, le sol arverne renfermait une abondante source de richesse, de travail et de calme: la plaine de la Limagne. Le contraste entre cette claire vallée et l’ombre noire du Puy de Dôme, entre la masse énorme de montagnes qui couvrent les trois quarts du pays et cette couche grasse de limons fertiles, nul peuple ne le présentait en Gaule au même degré que les Arvernes.--Seuls encore, les Éduens revendiquaient à la fois les sommets du Morvan et les plaines du Beaujolais et de la Bourgogne: mais, de même que ceux-là étaient moins superbes, celles-ci étaient moins fécondes.

Cette Limagne, où certaines terres valaient récemment 25000 francs l’hectare, exerça sur les anciens un réel enchantement. On la dit si gracieuse et si gaie! répétaient les Barbares. Au printemps, tout y apparaissait vert et fleuri, les prés, les vignes et les blés; elle n’avait même pas de bois qui fit sur son tapis d’émeraude une tache plus sombre. Elle devint pour les Chrétiens l’image du Paradis, quand du moins l’Enfer ne la troublait pas de ses orages. Les voyageurs s’y arrêtaient, pour oublier la patrie de leur naissance comme dans une patrie du bonheur. Les Arvernes ne s’éloignaient qu’en pleurant de cette terre dont les glèbes renfermaient de mystérieuses richesses, de cette mer d’épis que le vent agitait de vagues sans colères.

L’Auvergne avait donc tout ce qui faisait la fortune foncière d’un Gaulois: le lait des pâturages, le gibier des bois, le blé des plaines.

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