RAMEAU DU CAMPANILE PARISIENSE DESHAYES
Je serai très bref au sujet de ce rameau, qui n’a pas de représentants absolument certains dans l'Auversien. Le type en est C. parisiense, espèce du second ouvrage de DEsnayes (t. IIT, p. 1197, pl. LXX VI, fig. 1; 1864); j'ai cru utile de le figurer à nouveau, (pl. I, fig. 4, pl. IL, fig. 3), pour bien montrerles caractères de l’évolution de l’ornementation et de la columelle. Les tours jeunes possèdent une rangée postérieure de tubercules quadrangulaires, et cinq cordons granuleux couvrant la surface en avant: le cordonnet médian est plus fort que les autres et représente la carène des tout premiers tours. Dans l’adulte, les tubercules de la rangée postérieure se déplacent et viennent former des nodosités qui occupent la partie médiane des tours. Il existe deux plis saillants sur la columelle et un troisième sur la paroi arrière.
Je ne connais rien, dans l'Auversien du bassin de Paris, qui se rapproche de cette espèce ; mais il existe au Bois-Gouëêt une forme décrite par M. Cossmann sous le nom de Campanile rarinodosum, et qui a avec C. parisiense Desx. les plus grandes affinités, à tel point qu’on peut la considérer comme en étant une mutation : les photographies (pl. VIIL fig. 4, a) que je donne de l'échantillon type, obligeamment prêté par M. Dumas, montrent que l’évolution de l'ornementation est tout à fait identique et aboutit dans l’adulte à des nodosités semblables. La différence essentielle consiste dans l'absence de pli pariétal dans C. rarinodosum ; mais cette absence est-elle absolue ? M. Boistel m’avait communiqué un échantillon d'âge moyen et brisé, sur lequel on voit nettement (pl. VII, fig. 7, a) l'existence d’un pli pariétal, obsolète il est vrai, mais très reconnaissable. Il n’y a pas plus de différences, au point de vue des caractères des plis columellaires, entre C. rarinodosum et C. parisiense, qu'entre les différentes races et mutations du C. cornucopiæ ; nous serons, de plus en plus, amenés à n’attribuer qu'une valeur très relative au pli pariétal, qui peut exister ou manquer dans des formes extrêmement voisines les unes des autres.
En résumé, je crois pouvoir considérer C. rarinodosum Cossm., du Bois-Gouët, comme une mutation auversienne du
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 27
C. parisiense DEsux., mutation très voisine du type par l'ensemble de tous ses caractères, mais en différant surtout par l’effacement du pli pariétal.