‹ 1.These: Etudes stratigraphiques sur le Nummulitique alpin. 2.These: Essai sur l'Évolution des Cérithidés dans le Mésonummulitique du Bassin de ParisChapitre 9 sur 51 · RAMEAU DU CAMPANILE GIGANTEUM LAMARCK · texte numérisé non relu

RAMEAU DU CAMPANILE GIGANTEUM LAMARCK

Le Campanile giganteum Lamx. est une espèce trop bien connue pour que ‘’entreprenne de la décrire et de la figurer à nouveau: il suffira de renvoyer aux excellentes descriptions et figures de Deshayes' et aux photographies données par M. Cossmann '; j'ajouterai seulement quelques remarques. Comme l'a très bien dit M. Leriche, le C.incomptum de Deshayes n'est pas l'espèce faite .par Sowerby et qui se trouve à Bracklesham Bay ; c'est seulement une variété trapue du C. giganteum. Cette variété présente souvent, ainsi d'ailleurs que bien des échantillons typiques, un pli pariétal, très obtus et très effacé, mais néanmoins reconnaissable.

La distribution stratigraphique et géographique du C. giganteum est intéressante ; 1l semble localisé dans le Lutétien. Dans le bassin de Paris, on ne le connaît que dans le calcaire grossier ; dans le Nord de la France, le Cérithe géant cité dans l'Auversien de Cassel n’est certainement pas le Campanile giganteum LAMEK ; les échantillons (moules internes) des collections de la Faculté des Sciences de Lille, que M. Leriche a eu l’amabilité de me montrer. ont une forme pupoïde qui les rapproche bien plutôt de C. auversiense d'Ors. adulte, comme celui qui est figuré pl. IL, fig. 2.

En Angleterre, les choses ne sont pas nettes. Cerithium giganteum Lamx. a été figuré par J.Sowerby (Min. Conch., IE, p. 199, pl. CLXXXVIIL fig. 2) et par J. de C. Sowerby (in Dixons’ Sussex. p. 101, pl. VI, fig. 10 : 1850) d’après des échantillons provenant de la baie de Bracklesham ; tous les auteurs parlent d’un « banc à Cerithium giganteum », qui contient en même temps et surtout C.cornucopiæ Sow.et C. incomptum J.De C.Sow.in Dixon, maison n'est pas fixé d'une manière certaine sur la posilion stratigraphique de ce banc qui n’est observable que pendant les grandes marées basses d’équinoxe ; on sait seulement par ©. Fisher’ qu'il est audessus du banc à Nummulites lævigatus,etau-dessous des premières couches à V. eariolarius, ce qui ne précise rien ; mais O. Fisher avait assimilé ce banc à celui qui, à Whitecliff Bay, représente la base des assises à Num. variolarius (banc IX ou f de Fisher); et c'est pourquoi, dans ma première note aux CR. de l’Académie des

1. Description des coquilles fossiles des environs de Paris, Il, p. 300-302, pl. XLIL; 1833.

2. Essais de Paléoconchologie comparée, VII, pl. I, fig. 1 et 2, pl. LL, fig. 1.

3. O Fisner. On the Bracklesham beds of the Isle of Wight basin.

Quart journ. of the geol. Society of London, % Déc. 1861 ; XVII, p. 65-94, London.

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Sciences ', j'avais considéré comme auversiens les C. cornucopiæ et incomptum; étant donné qu'ils sont toujours associés à C. giganteam Laux., je serais plutôt tenté de croire que le banc qui le contient appartient à la partie supérieure du Lutétien.

Cerithium giganteum Lamx. est complètement inconnu dans le Nummulitique du massif armoricain. Sa présence reste douteuse à la Palarea®, dans le comté de Nice. Mais. dans le Vicentin, nous le retrouvons dans le Lutétien de Monte-Postale, où il a été décrit et figuré par M.de Gregorio * et par M. Oppenheim"; les collections du laboratoire de géologie de la Sorbonne contiennent de nombreux échantillons de C. 2iganteum à tous les âges, provenant de Monte-Postale. C'est bien exactement la même espèce que dans le bassin de Paris, et c'est bien sans raison que M. Cossmann a suspecté les déterminations de MM. Gregorio et Oppenheim en disant, à propos de C. vicetinum : « Ce Campanile est probablement celui qui a toujours été cité dans le Vicentin et dans les environs de Nice sous le nom de C. giganteum ».

Dans l’Auversien, C. giganteum n'existe plus, il est remplacé par une forme qui en est extrêmement voisine et qui a été longtemps confondue avec lui : c'est C. auversiense D'Org. sp. em.

Cette espèce du Prodrome (t. IT, p. 419, n° 1550) est caractérisée par le fait que les tubercules, au lieu d’être pincés et saillants, et séparés les uns des autres par des dépressions, comme dans C. giganteum, sont portés par un bourrelet sutural, en continuité avec la surface latérale des tours, et sur lequel ils font à peine saillie dans l’âge moyen (pl. IT. fig. 1 et pl. IX, fig. 6), et où ils ne sont presque plus visibles dans l'adulte (pl. IL, fig. 2); en outre, les cordons longitudinaux du jeune âge ne sont plus qu'au nombre de trois, mais larges et relativement peu saillants ; on voit bien ces caractères sur la figure donnée par DEsuAYEs (Animaux s. vert. déc. dans le bassin de Paris, pl. LXXIX, fig. 1) et sur l’échantillon de Mary (coll. École des Mines) figuré pl. IX, fig. 6. Ajoutons que

1. J. Boussac. L'évolution des Cérithidés dans l'Éocène moyen et supérieur du bassin de Paris. CR. Acad. des Sc., 21 janvier 1907; CXLIV, p. 165-167. — Paris.

2. Voir Jean Boussac. Études paléontologique sur le Nummulitique alpin. Mém. Carte géot. Fr., 1 vol. in-4°, 439 p., 22 pl. — Paris. Voir p. 285, pl. XVII, fig. 53 et 54.

3. A. DE GREGORIO. Description des faunes tertiaires de la Vénétie. Monographie des fossiles éocéniques de Monte Postale. Ann. de Géol. et de Paléont., Mars 1894: XIV ; in-4°, 55 p.,9pl. Palerme. — Voir p. 18, pl. IL, fig. 64-65.

4. P. OPPENHEIM. Die Eocänfauna des Monte Postale bei Bolca. Palaeontographica, 1896; XLII, p. 125-221, pl. XII-XIX. — Stuttgart. Voir p. 183, pl. XIL, fig. 5.

cette espèce a, dans l'adulte, une forme pupoïde particulière. Elle n’est connue avec certitude que dans l’Auversien du bassin de Paris, à Auvers, Caumont, la Ferté, Mary, Tancrou, Valmondois, Varinfroy, etc.

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