RAMEAU DU CERITHIUM INTERRUPTUM LAMARCK
Cerithium interruptum Lamx. est une belle espèce du Lutétien, dont les collections de la Sorbonne possèdent une série fort riche provenant de Douains(pl.VI, fig. 12-19). L'évolution de l’ornementation peut être facilement suivie sur le jeune échantillon de Grignon représenté fig. 15 : elle débute par deux cordons granuleux, sur des tours très convexes ; ces deux cordons sont traversés par de petites côtes transversales, avec des granules aux intersections ; puis apparaissent peu à peu, en avant et en arrière, d’autres cordons longitudinaux, jusqu’au nombre de neuf ou dix chez l’adulte, alternant de grosseur, avec de petites nodosités aux intersections avec les côtes. Les deux cordons primitifs restent plus ou moins longtemps prédominants. Il existe des varices distribuées irrégulièrement.
L'ouverture est ovale, le canal est très court, à peine formé; le labre est légèrement proéminent en avant et sinueux en arrière ; il existe une gouttière postérieure peu profonde et des sillons divergents à l’intérieur du labre (fig. 17-18).
Cette espèce est variable ; la série figurée montre comment on passe, par tous les intermédiaires, à une forme représentée fig.12 et 13, carénée et à côtes plus espacées, produisant des épines à leurs intersections avec la carène médiane ; tous les autres caractères, de l’évolution de l’ornementation et du labre, sont les mêmes : c'est cette forme qui a été appelée Cerithium angulosum par Lamarcx; et en effet, quand on a des individus isolés, on peut croire à une espèce distincte de C. interruplum ; mais quand on a une très nombreuse série, comprenant une centaine d'échantillons, comme celle que le laboratoire de Géologie de la Sorbonne possède de Douains, il devient évident qu'on a affaire à une seule et même espèce, qui varie, et qui plus est, ce sont les échantillons intermédiaires qui sont les plus nombreux.
Cerithium interruptum Lamx. persiste dans l’Auversien, où il s'éteint; la forme typique y est extrêmement rare, et n'avait encore jamais été signalée ; mais un échantillon du Fayel (pl. VI, fig. 8) montre qu’elle existe bien encore à cette époque; la var. angulosa est au contraire abondante dans les Sables moyens.
Si l'espèce s’atrophie et s'éteint dans l'Auversien du bassin de Paris, il n’en est pas de même dans les couches de même âge du massif Armoricain, où elle prendun grand développementetévolue en donnant des formes nouvelles. La forme typique est abondante dans le Cotentin, en particulier à Fresville, mais rare au Bois- Gouët ; la variété angulosa LaAmx. n'existe pas dans la région. En revanche, on trouve, abondanteisurtout au Bois-Gouët, une forme bien voisine de la variété peu carénée du bassin de Paris : c’est le Cerithium armoricense VAsseuRr (pl. VI, fig. 14); toute la première partie de la coquille et les caractères de l'ouverture sont de Cerithium interruptum Lamx., sauf peut-être que la forme est un peu plus large. L’adulte en diffère par sa taille plus grande, sa plus grande largeur, ses côtes plus espacées ; il n’est guère que l’exagération des caractères du C. interruptum LamKx.; c'en est au plus une mutation. Il existe au Bois-Gouëêt et à Fresville, dans le Cotentin.
Il est encore une autre forme qu'il est nécessaire de rapprocher de cette série : c’est le Cerithium Fernandi Vasseur. Les premiers tours, Jusqu'à un âge même assez avancé, sont identiques à ceux du C. interruptum Lamx. ; puis les côtes s’espacent et les tours deviennent carénés comme dans C. armoricense VAss. ; enfin, sur l'adulte, les côtes sont très espacées, très saïllantes, et leur forme est assez particulière, rectiligne sur la partie postérieure, très convexe en avant à partir de la carène : tous ces caractères sont déjà ébauchés dans C. armoricense Vass. Ce n'en est peut-être qu'une variété, mais je ne possède pas suffisamment d’échantillons pour pouvoir trancher la question.
BaASssIN DE PARIS ARMORIQUE