CHAPITRE II
GENRE CAMPANILE Bayze in FiscHER
Avant d'entreprendre l'étude détaillée des Campanile du bassin Anglo-Parisien, il convient de définir ce genre et d’en indiquer les caractères essentiels, car il a été l’objet d'interprétations contradictoires de la part des auteurs qui s’en sont occupés.
Campanile a été séparé, comme sous-genre de Cerithium, par BayLe in Fiscer' (1884); l’auteur le caractérise en ces termes : « Coquille très grande; columelle simple ou munie de plis qui se montrent sur toute la longueur de l'axe columellaire ; ouverture courte; labre sinueux, oblique ; canal fortement tordu. Opercule typique (C. læve, Quoy et Gaimard. Australie)».
Cette définition ne laisse aucun doute sur le véritable type du genre : c'est C. læve Quoy et Gaim., vivant sur les côtes d’Australie ; et certains traits de la diagnose, que j'ai soulignés intentionnellement, comme « columelle simple », et « orpercule typique », montrent bien que c'est l'espèce actuellement vivante que l'auteur du genre avait en vue.
On ne comprend pas, dans ces conditions, pourquoi M. Cossmann, sans aucune explication et sans renvoyer à la diagnose originale, prend Cerithium giganteum Lam. comme type de Campanile, alors que cette espèce est simplement citée par Fischer comme exemple d'espèce fossile éocène. Et plus loin, le même auteur considère comme douteuse l’attribution de C. læve, le type même du groupe, au sous-genre Campanile! Dans une publication plus récente’, M. Cossmann dit à propos de C. giganteum : «C'est le type du genre Campanile BAYLe » ; et plus loin : « Après l’Éocène, Campanile paraît s'éteindre et n’est remplacé aujourd'hui que par une forme des antipodes qui n'apparlient pas au même groupe ».
1. P. Fiscuaer. Manuel de Conchyliologie et de Paléontologie conchyliologique. 1 vol. in-8 , 1369 p., 1138 fig., 23 pl. Paris, 1880-1887. Voir p. 680.