Essais de Paléoconchologie comparée, p
3. M. Cossmanx. À propos de Cerithium Cornucopiæ Sow. Mém. de la Soc. Linn. de Normandie, 1908 ; XXHL, p. 19-27, pl. II. Caen. Voir p. 27.
Il est regrettable que, dans un travail qui a précisément pour but de définir et de caractériser des genres, l’auteur se trompe aussi complètement sur les véritables génotypes. Il est regrettable aussi que M. Cossmann ait été suivi par M.P.Oppenheim'.
Mais la question ne serait que déplacée si les espèces fossiles n’appartenaient réellement pas au même groupe que C. læve; or, nous verrons tout à l’heure, quand nous aurons étudié les caractères essentiels du genre Campanile, qu'on peut considérer en toute assurance C. læve comme le descendant, plus ou moins direct, des formes fossiles connues.
M. Henri Douvillé a eu l’occasion d'étudier de près le groupe des Campaniles” et a montré que ce qui le caractérise essentiellement c’est « la grande obliquité du labre dans la moitié antérieure des tours ; celui-ci se prolonge ensuite suivant la génératrice du cone dans la moitié postérieure et se recourbe brusquement en avant dans le voisinage de la suture. C'est exactement la disposition que présente le Campanile læve de la Nouvelle- Hollande ». Les fig. 2, 3 a, 8 de la pl. I, 3 de la pl. VI, 9 de la pl. IX, montrent bien cette disposition dans toutes les espèces que j'ai pu étudier.
Dans la forme gérontique, la forme du labre s’altère, il s'évase en pavillon; au lieu de dessiner la courbe gracieuse de l'adulte, il tombe obliquement et presque en ligne droite sur la suture, avec laquelle il se raccorde par un angle aigu; c’est malheureusement cette disposition qui a été donnée comme typique par M. Cossmann (loc. cit., p.71, pl. 1, fig. 2-3).
Un autre caractère essentiel à ce groupe, et dont on n’a pas vu jusqu'ici l'importance, consiste dans l’évolution de l’ornementation, qui s’est montrée constante, dans ses traits essentiels, chez toutes les formes que j'ai pu étudier : C. giganteum Lamx., C. parisiense Desx., C. cornucopiæ Sow., C. Bigoti Cossm., C. rarinodosum Cossm., C. picetinum Bay., C. Lachesis Bavy., C. Charpentieri GRAT., C. læve Quoyx et Gaimarp, etc.
Cette évolution n'était connue jusqu'ici que dans le C. giganteum Lamx., où elle avait été décrite par Deshayes’ dans une page fort intéressante qu'il convient de citer; on pourra suivre cette description sur la fig. 24 de la pl. X, et sur la fig. 1 de la pl. II de
1. P. OPPENuEIM. Ueber die Gattung Campanile Bayle und über eine Anzahl von Cerithien, zumal des älteren Tertiär. Centralbl. für Min., Geol. und Pal. 1909, p. 203-215. Berlin.
3 a. Douvirré. Mission scientifique en Perse. Paléontologie, p. 295 et
DesnAyes. Description des coquilles fossiles des environs de Paris. If, p. 307.