‹ 1.These: Etudes stratigraphiques sur le Nummulitique alpin. 2.These: Essai sur l'Évolution des Cérithidés dans le Mésonummulitique du Bassin de ParisChapitre 8 sur 51 · ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS OI · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS OI

l'ouvrage précité de M. Cossmann : « Les premiers tours des jeunes individus sont lisses et fortement carénés dans le milieu. A cette carène s'ajoute d’abord à la partie inférieure des tours un rang de petites granulations, puis bientôt parait une petite strie granuleuse ; une seconde strie s'ajoute au-dessus de la carène. Peu à peu cette carène diminue, tandis que les stries augmentent, ainsi que les granulations de la base des tours, de sorte que vers le vingtième tour environ, c’est-à-dire lorsque la coquille a acquis une longueur de près de 2 pouces [54 mm.], la carène est réduite au volume des stries qui l'accompagnent. Ces stries, qui sont granuleuses, finissent par devenir lisses, et enfin elles ont une tendance à s'eflacer lorsque la coquille est parvenue vers le trentième tour. Alors elle a environ 5 pouces [135 mm.] de longueur. Les tubercules de la base se sont constamment accrus, et sur les dix derniers tours ils sont très gros, obtus au sommet, et un peu comprimés sur les côtés. La différence qui existe entre les jeunes individus et les vieux est telle, que l’on pourrait facilement en faire deux espèces, si l’on n'avait des intermédiaires qui servent à établir leurs rapports.» Je n'ai pas cru devoir faire figurer des échantillons adultes de cette espèce très bien connue.

Ce qui demeure constant dans l’évolution de l’ornementation des Campaniles, c'est : la forme carénée des premiers tours ; l’apparition d'un cordon postéro sutural de granules, qui se développeront et évolueront pour donner les gros tubercules de l'adulte ; la formation des cordons antérieurs plus ou moins granuleux, en même temps que l'effacement de la carène primitive; et la disparition finale de toute l’ornementation longitudinale sur l'adulte, quand se seront développés les gros tubercules.

Au contraire, la forme et la disposition des tubercules de l'adulte, le nombre et les proportions relatives des cordons longitudinaux, voilà ce qui est essentiellement variable.

On peut se rendre compte de ces faits d’après les fig. 1, 2, 6,9, de la pl. I, la fig. 7 de la pl. Il, représentant le C. Benechi, Bay., les fig. 3-6 de la pl. VII, représentant C. Bigoti Cossm., la fig. 2 de la pl. IX, représentant C. Lachesis Bay., et la fig. r de la pl. IX, représentant C. vicetinum Bay.

€ Généralement on observe deux cordons spiraux autour de la columelle et quelquefois un troisième sur le plancher. En outre, il existe quelquefois aussi des tubercules variqueux soit au plancher, soit au plafond des tours. Mais ces caractères, bien que fréquents, ne sont pas essentiels, puisqu'ils font défaut dans le représentant actuel du genre » (H. Douvillé).

En résumé, les Campaniles forment un groupe parfaitement homogène et différencié déjà des autres Cérithes dans le Crétacé ; ils méritent de former un genre.

Mais il me faut maintenant légitimer le nom de Campanile donné à ce groupe, en montrant que le Cerithium læve Quoyx et GAIMARD en fait bien réellement partie.

La carène que nous avons vue exister sur les jeunes tours de tous les Campaniles n’est pas toujours médiane. Dans C. Bigoti (pl. IX, fig. 3 et pl. VIL fig. 2-6) elle est très fortement antérieure, et, en même temps, moins élevée. Cette disposition est encore plus accentuée dans C. Charpentieri Basr. de Gaas (pl. I, fig. 3, a et 11) où la carène, granuleuse et peu élevée, est collée contre la suture antérieure des tours. En même temps, le cordon granuleux postérieur apparaît très tôt, de sorte que les premiers tours paraissent concaves, et bordés en avant et en arrière par deux cordons granuleux Or une disposition analogue est parfaitement reconnaissable sur les tours jeunes de certains spécimens de (. læve, qui ont conservé une certaine ornementation. Ceux qui sont figurés pl. I, fig. 8, 9, et pl. IL, fig. 5, a, proviennent de la collection de Malacologie du Muséum d'Histoire naturelle. où j'ai pu les étudier, grâce à l'obligeance de M. le Professeur Joubin et de son préparateur M. Germain. On voit clairement. sur ces photographies, que les tours jeunes sont ornés d’une fine carène antérieure, qui s’efface peu à peu dans l’adalte, et d'une rangée postérieure de granules, qui se développent en formant des tubercules obsolètes sur les tours moyens, pour disparaître complètement sur les tours adultes. Il est facile de reconnaitre là les éléments les plus essentiels de l’ornementation du Cérithe géant, la carène initiale des tours et la rangée postérieure de tubercules.

Passons maintenant aux caractères de l'ouverture et de la columelle. Les figures citées plus haut montrent combien le profil du labre est identique dans C. læve et dans les autres Campaniles ; l'ouverture vue de face témoigne dans le même sens. On voit facilement, sur les échantillons intacts, le pli antérieur de la columelle qui borde le canal. Mais si on a des échantillons brisés, ou si on use la coquille pour voir la columelle des tours internes, on ne voit plus aucun pli. Et cela tient à ce que l’animal, au fur et à mesure qu'il avance dans sa coquille, remplit, par un dépôt calcaire, la concavité existant entre le pli columellaire et le plafond du tour. Et ce phénomène n'existe pas seulement dans C. læve, on le retrouve, identique, dans certains Campaniles fossiles, par exemple, chez C. Charpentieri de Gaas, où il est photographiable,

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L'échantillon brisé, figuré pl. I, fig. 3, montre bien le pli primitif de la columelle, et le dépôt calcaire secondaire qui remplit le canal et se prolonge en formant une mince pellicule sur le reste de la columelle.

Quant aux autres plis que possédent certaines espèces, le second pli columellaire et le pli pariétal, nous savons qu'ils n’ont rien de constant et qu'on ne peut leur attribuer aucune valeur systématique.

Nous conclurons donc que C. læve appartient bien au même groupe que les Campaniles nummulitiques, dont il possède les caractères essentiels ; mais ses affinités réelles sont masquées par un effacement presque complet de tous les éléments de l’ornementation, qui ne demeurent visibles que chez certains échantillons très bien conservés.

Abordons maintenant, après ce préambule trop long, mais nécessaire, l'histoire des Campaniles mésonummulitiques du bassin de Paris. M. Leriche' a montré qu'on pouvait distinguer deux sections ; la première est caractérisée par la présence de deux plis au bord gauche de l'ouverture, l’un bordant le canal terminal, l’autre occupant une position médiane ; elle comprend C. giganteum Lamx. et C. auversiense d'OrB. La seconde section possède trois plis au bord gauche: le pli du canal terminal ; un pli médian, columellaire ; un pli pariétal ; elle renfermerait C. parisiense Desu. et C. cornucopiæ Sow.

La distinction de ces deux sections est très juste, mais on ne peut la baser seulement sur les plis internes, car nous verrons que le pli pariétal peut manquer dans le rameau du C. cornucopiæ. Je me baserai plutôt sur l’ornementation, et je distinguerai trois rameaux :

1° Le rameau du C. giganteum LAMx.; pas de pli pariétal. les tubercules de l'adulte restent contre la suture.

20 Le rameau du C. parisiense Des. ; un fort pli pariétal dans le type ; les tubercules de la rangée postérieure des tours se déplacent et viennent former sur le milieu des tours des nodosités presque coniques.

30 Le rameau du C. cornucopiæ Sow ; un pli pariétal dans le type; les tubercules de la rangée postérieure des tours constituent dans l’adulte des côtes noueuses qui peuvent s'étendre d'une suture à l’autre.

1. M. Lericue. Contribution à l’étude des Poissons fossiles du Nord de la France et des régions voisines. Mémoires de la Société géologique du Nord, 1906 ; T. V, in-4°, 430 p., 79 fig., 19 pl. Lille. Voir p. 304-305.

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