‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 30 sur 80 · SYNODE DE GERGEAU. — ASSEMBLEE DE SAINTE-FOY · texte numérisé non relu

SYNODE DE GERGEAU. — ASSEMBLEE DE SAINTE-FOY

Lettre de M. Du Plessis à M. Charnier, du li janvier \b\)\ .

« Monsieur, j'ai lu les combats qui vous sont présentés de toutes parts, par delà, et la vertu et vigueur que vous y apportez. Vous en êtes loué de tous les gens de bien ; mais nous avons principalement à rendre grâces ù Di..u, qui nous suscite des héraulls de sa vérité à mesure que nos charlatans redoublent leur impudence, seules armes qui leur restent aujourd'hui peur défendre leur mensonge. De moy je suis en butte, comme vous sçavez, aux défaveurs du monde et aux calomnies des anges des ténèbres, mais résolu, par la grâce de Dieu, contre l'un et l'autre, en tant que je sçay que Dieu est mon loyer, auquel je tâche de servir, mon bouclier aussi contre ces gens qui ne me sont ennemis qu'autant qu'ils sont les siens. Vous verrez un échantillon que je vous envoyé de mes loisirs, dont je serai fort aise de savoir votre jugement. 3Iais vous pouvez penser que je ne puis suffire à tout, battu de tant de parts, partie incommodé de ma santé, et par-'e rebuté de redites; mais, principalement, parce qu'il me fâche d'interrompre la revue que j'ai entreprise de mon livre, que je trempe de telle sorte que leurs plus acérées calomnies n'y trouveront plus de prise, et fortifie de nouveau de tant de preuves qu'il sera aisé de voir que ce que j'alléguois n'étoit point de notre nécessité, mais de notre abondance. J'accepte donc, sous votre bon plaisir, la proposition que me faites de vouloir répondre à ces Messieurs. Et voyez si vous aurez agréable de commencer par le sieur d'Evreux, qui fait publier une réponse à notre discours de la conférence de Fontainebleau. A quoi, si vous vous résolvez, je vous prie de m'en donner avis au plus tost, afin que je vous donne le mien en certains points qui sont du fait ; lesquels toutefois, pour ne repiquer le Roi de nouveau, je suis d'avis ou de ne loucher point ou de frayer bien légèrement, nous arrêtant purement à ce qui est de la théologie. Au reste , je prie Dieu qu'il vous fortilie de plus en plus par son Esprit, et désire d'être recommandé en vos saintes prières, etc. »

1601 (mai et octobre). — iSyuode national de Gerg^eau. — Assemblée g^éuérale de Saînte-Foy. — Page 195.

« Le Synode national fut assemblé à Gergeau le 9 de may [1601]. L'Assemblée de Saumur y envoya ses députés pour leur donner avis de l'ordre qu'elle avoit reçu de se séparer. Sur quoy le Synode députa le ministre Chamier avec un ancien, pour aller supplier le Roi de souffrir que l'assemblée de Saumur fust continuée. Mais ils ne purent obtenir autre chose, sinon

qu'il leur seroit permis davolr dorénavant deux députés généraux à la suite de la Cour pour négocier leurs affaires ; de sorte que , ne pouvant plus résister à des comraandemens si souvent réitérés, ces notables se séparèrent, après avoir dressé un inventaire de leurs cahiers et autres papiers de conséquence pour estre envoyés dans les Archives de La Rochelle, comme avoientfait ceux de Chastellerault. » (Soulier, Histoire des Edits de pacification, 1682, in-12, p. 170.)

Charnier fut élu, avec Josias Mercier, sieur des Bordes, secrétaire du Synode national de Gergeau. Voir ceux des articles où figure son nom :

Extrait des articles du Synode :

Art. III. M. Charnier ayant représenté que les jésuites et plusieurs docteurs de l'Eglise romaine déguisent notre doctrine parmi les peuples et la défigurent par beaucoup de calomnies qu'on pourrait facilement détruire, par une .-apologie qui fût imprimée et jointe à la Confession de foi, comme on l'a fait en Angleterre et en Allemagne, la Compagnie, trouvant que ce dessein est fort bon, exhorte tous ceux qui pourront y travailler, de mettre par écrit ce qu'ils jugeront devoir entrer dans cet ouvrage, pour l'apporter au Synode national prochain.

Jrt. Fil. Sur la demande de l'Eglise de Lyon, qui témoigne avoir besoin d'un pasteur, la province de Dauphiné. ayant des ministres qui appartiennent à ladite Eglise de Lyon, est chargée de lui en fournir un, et surtout M. Chamier, s'il lui est possible, pour quelques mois.

Jrt. XII'. Sur l'appel de l'Eglise de Nîmes, du Synode du Dauphiné, touchant la personne de M. Chamier, qu'ils ont demandé pour être professeur en théologie dans leur université, la Compagnie est d'avis que ledit sieur Chamier ne peut êlre ûté à l'Eglise de I\Iontélimar sans le consentement exprès tant de ladite Eglise que de la province [c'est-à-dire du Synode pro- ^^ncial].

Art. XXXII. Les députés de l'Assemblée de Saumur ayant fait entendre que Sa Majesté leur avoit commandé de se séparer, la Compagnie résolut de députer les sieurs Chamier et de Moravat vers Sadite Majesté, pour la supplier qu'elle eût pour agréable la continuation de ladite Assemblée; mais à leur retour ayant déclaré que l'intention de Sa Majesté était qu'on obéît sans délai au commandement qu'elle avait fait de séparer ladite Assemblée, et qu'elle permettrait à tous ceux qui voudraient porter leurs plaintes et leurs requêtes par-devant elle d'avoir un ou deux députés à sa

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