‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 33 sur 80 · SYNODE NATIONAL DE GAP · texte numérisé non relu

SYNODE NATIONAL DE GAP

1603 (octobre). — Synode national de Ciap, présidé par Charnier. — Il est demandé par l'Académie de Die et refusé par le Synode. — Pages 33, 58, 117.

« Les Prétendus Réformés firent l'ouverture de leur Synode national dans la ville de Gap, en Dauphiné, le l*"- jour d'octobre 4603. Le minisire Charnier, le plus turbulent de tous les ministres, y présida, et le ministre Du Moulin y assista de la pan des Eglises prétendues de l'Isle-de-France... » Ainsi s'exprime le prêtre Soulier {Hist, des Edits de pacif. , p. \^\). \\ faut lire aussi ce que disent à ce sujet les Annales des Capucins, manuscrit des pères du couvent de Gap, conservé aujourd'hui aux archives départementales, et dont le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français a publié un très curieux résumé (t. II, p. 374). On y apprend que l'évéque crut devoir appeler du renfort contre l'ennemi, et qu'indépendamment de Fenouillet, il tlt venir à Gap un minime d'Avignon, le père Bruno, grand controversiste, ce dit-on. En même temps il donna à la ville un aspect formidable : le saint-sacrement demeura exposé dans toutes les églises, tous les villages du diocèse furent convoqués et vinrent processionnellement à leur tour, remplissant les airs de leurs cantiques, surtout dans le voisinage du temple, et faisant ainsi entendre aux hérétiques terrifiés, croyaient-ils, les trompettes de Jéricho. Le moyen classique des miracles ne fut pas non plus négligé, et produisit son effet. Bref, ce naïf bulletin de victoires des pères capucins est digne d'être lu.

Tout cela n'empêcha pas, si même cela ne pressa, les pères du Synode de décréter le solennel article sur Y Antéchrist que nous avons rapporté ci-dessus (p. 33, note 1) , et qui fit jeter les hauts cris à tous ceux qu'il stigmalisail, d'une part, et de l'autre au Roi , dont ces sortes de démonstrations gênaient la politique. Nous ne voyons pas que Charnier, quoique modérateur du Synode, ait contribué en son particulier à ce décret; en tout cas a-t-il dû l'approuver pour sa part. C'était la théologie de l'époque ; mais on sait que Jérémie Ferrier, modérateur adjoint, homme emporté et ambitieux, en fut le principal instigateur (1).

(1) La doctrine de Y Antéchrist était particulièrement chère aux Eglises réformées du Dauphiné. Dès 1602^ le Synode provincial de Grenoble avait déclaré que «non-seulement il est vray qu'au lieu mesme oij estoit jadis ceste tant belle Ei^lise de Rome, louée par l'Apostre, se trouve anjourd'huy la synagogue du diable^ y estant entièrement falsifiée la doctrine chr^stienne et corromimes les bonnes mœurs ; mais aiissy celuy qui à cause de f'évesché de Rome se nomme pape universet ou œcuménique, a en soy toutes tes marques que TEscriture sainte donne à celuy que particulièrement elle nomme Antéchrist. Laquelle doctrine nous maintenons et maintiendrons pour vraye, et de plus nécessaire contre les abus de ce temps. »

mS APPENDICE A LA VIE.

Le Synode national de Gap est du reste, il faut le dire à sa louange, un de ceux qui montrèrent le plus de sollicitude pour les Académies et Collèges protestants.

Voici les articles de ce Synode qui intéressent nominativement Charnier :

Jrt. X. Sur la demande des frères de l'Eglise de Die, requérant que M. Charnier leur soit octroyé pour être professeur en théologie dans l'Académie qu'ils prétendent établir, la Compagnie confirme l'article du Synode de Gergeau, portant que ledit sieur Cliamier ne peut être ôlé de ladite Eglise de Montélimar, sans un exprès consentement de ladite Eglise et de la province.

J7-t. XVII. MM. Sonis, Béraud, Giraud, Ferrier et Charnier, sont nommés pour dresser un règlement pour les Académies et les Ecoles, lequel sera présenté au Synode national prochain. Et cependant, afin de confirmer celui qui a été dressé à l'Académie de Montauban, les pasteurs qui passeront par ladite ville de Montauban, au sortir d'ici, exhorteront M^I. les consuls d'icelle, de la part de cette Compagnie, d'y tenir la main avec les pasteurs et professeurs de l'Académie,

L'article XI de ceux qui sont relatifs à l'examen de la Confession de foi porte : « Les provinces sont exhortées de lire désormais la Confession de foi avec la Discipline, à l'entrée des synodes nationaux, autant que faire se pourra ; et M. Charnier a été chargé de dresser une Jpologie de ladite Confession, pour la présenter au prochain synode national. »

C'est sans doute d'après la teneur de cet article que Quick dit à la page xv de son Introduction au Synodicon, que Chamier est l'auteur de la préface apologétique jointe à la Confession de foi des Eglises réformées de France, et commençant par ces mots : Combien que nous sachions, etc. Mais nous ne voyons pas sur quel fondement repose cette assertion. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous ne trouvons pas cette préface dans la Bible de Haultin (La Rochelle, 1606, in-fol,), et que nous la voyons à la suite du Psautier imprimé à Lyon, par Jean de Tournes, en 1563, in-S". Cette date nous paraît donc contredire formellement l'allégation de Quick.

L'article 8 du chapitre II, du Synode national de Gergeau (1602) portait, il est vrai, ce qui suit : « M- Chamier ayant représenté que les jésuites, et plusieurs docteurs de l'Eglise romaine déguisent notre doctrine parmi les peuples et la défigurent par beaucoup de calomnies qu'on pourrait facilement détruire par une apologie qui fût imprimée et jointe à ladite Confession, comme on l'a fait en Angleterre et en Allemagne ; la Compagnie, trouvant que le dessein est fort bon, exhorte tous ceux qui pourront y travailler, de

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