‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 34 sur 80 · RÉPONSE DU SYNODE DE GAP AU DUC DE BOUILLON · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU SYNODE DE GAP AU DUC DE BOUILLON

mettre par écrit ce qu'ils jugeront devoir entrer dans cet ouvrage, pour l'apporter au Synode national prochain. »

Il est à remarquer que l'article 3 des observations faites par le Synode de La Rochelle (1607) sur le Synode de Gap porte que, « La Compagnie a jugé qu'il n'est pas besoin de faire présentement une Apologie de la Confession de foi j»

Il ne paraît donc pas qu'en définitive Chamier ait fait aucune préface de ce genre.

L'admirable prière liturgique qui ouvre le culte dans les Eglises réformées de langue française, et qui est connue sous le nom de Confession des péchés, est généralement attribuée à Théodore de Bèze, sans doute parce qu'il la prononça en 1561, au colloque de Poissy, au début de son discours. M. Ch. Schrœder nous apprend qu'elle était déjà en usage depuis plus de sept années dans l'Eglise française de Francfort-sur-Mein, et que Calvin l'avait déjà insérée dans la Liturgie publiée en 1545. Le D'' Ebrard croit qu'QEcolampade en est l'auteur. {Troisième Jubilé séculaire de la fondation de U Eglise réformée française de Francfort-sur-Mein. 1854. In-S", page 1 1 .)

1603 (octobre). — Réponse du Siynode de Gap au duc de Bouillon. — Page 117.

Nous avons trouvé, dans le tome 428 de la Collection Dupuy, des pièces qui se rapportent à une circonstance importante, dont le Synode de Gap eut à s'occuper, et dont cependant les Actes publiés par Aymon ne nous disent rien. Il s'agit de la situation fausse et périlleuse où se trouvait alors placé le duc de Bouillon, accusé par Henri IV, qui lui en voulait d'avoir trempé dans la conspiration du maréchal de Biron, et qui n'avait dû qu'à sa prudence de ne pas partager le même sort. Le duc s'était retiré à Genève, puis à Heidelberg, chez son beau-frère l'Electeur palatin Frédéric de Bavière (1). Il écrivit de là au Synode, le M septembre 1603, pour protester de son innocence. L'électeur avait aussi écrit le 30 août. Dupuy a conservé copie de ces deux lettres et des réponses du Synode. Voici celle adressée à Bouillon :

Response du Synode national de Gap au sieur duc de Bouillon.

Monsieur, La lecture de vos lettres en pleine assemblée et la sérieuse considéra- Il) Claude, duc de la Trémouille, le duc de Bouillon, et l'Electeur Frédéric, étaient beaux-frères, ayant épousé les trois sœurs, filles de Guillaume, prince de Nassau^ prince d'Orange. (Voir VHistoire de de Thou, liv. 129.)

lion d'icelles, comme aussy de toutes les autres pièces qu'il vous a pieu nous envoyer avec le rapport que nous en a faict de bouche >I. Gantois, concernant vos prudentes et sages procédures depuis vostre départ de Turenne jusques icy, nous ont tous merveilleusement resjouis et consolés, et quand et quand fortiffiés en la créance et ferme asseurance que nous avons tousjours eue et constamment nourrie en nos âmes de vostre constance et ferme persévérance, tant en la vraye religion dont nous tous faisons profession qu'en l'obéissance et fidelle service du Roy nostre prince naturel et souverain seigneur, comme aussy envers le bien de toutes nos Eglises.

Les protestations que vous faictes et les asseurances que vous donnez de l'innocence et de l'intégrité de justice de vostre cause avec la déclaration de vostre sincère et constante affection envers Sa Majesté et le bien de son Estât, ne nous console (sic) pas moings pour la communion dont la religion et la patrie nous astreint par ensemble très estroitement.

Aussy n'avons-nous oncques pu croire, ny ne pouvons nullement nous persuader que jamais vostre âme se soit souillée de la moindre pensée des horribles crimes dont on vous veult charger. Principalement nous réputons vos belles qualités et alliances dedans et hors le royaume, les grandes faveurs et honneurs qu'avez reçus de S. M., le rang que tenez en son royaume par sa bonté et libéralité, la bonne et sainte instruction qu'avez reçue en nos Eglises de longue main, la profession ouverte et si constante qu'en avez toujours faite en tout temps, sans aucune flétrissure ny interruption, avec un courage et zèle merveilleux : donnant à tous un si bel et rare exemple de toute piété, modestie, sainteté et justice par toutes vos actions, et comportant (sic) tant en publicq en nos Eglises et communautés qu'en particulier en vos maisons qui ont tousjours esté comme autant d'escoles de toute tempérance, vertu et charité chresliennes, et autant de domiciles du pur service de Dieu où la parole et la louange du Seigneur ont retenti si hault avec autant d'édification que d'admiration.

Toutes ces considerations et autres semblables nous font croire et espérer avec vous que Dieu, protecteur de l'innocence et qui a le cœur des rois en sa main pour les fléchir où bon luy semble, mettant en lumière la vérité des choses, donnera heureuse issue à vostre affaire, contentement à S. M. et consolation tant à vous qu'aux vostres à la grande joye et liesse de nous tous et de toutes les Eglises réformées. Ce que tous nous souhait tons grandement et en prions l'Eternel de toute nostre affection.

Or de vous exhorter icy à patience, constance et persévérance au millieu de vos ennuis et afflictions si dures, nous remarquons par les vostres que ce seroit chose non-seulement superflue, mais obscurcissant en quelque sorte le lustre des singuliers tesmoignages (jue vous donnez, dos grandes

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