SYNODE PROVINCIAL DE DIE
assistances et joyes indicibles que Dieu, par sa singulière bonté, vous faict expérimenter parmy beaucoup plus grandes angoisses et tribulations.
Voilà comment le Seigneur fait sentir au besoing les effects de ses saintes promesses à ses chers enfans qui l'invoquent ardemment en leurs nécessités, comme vous faictes avec tous ceux qui vous aiment et honorent, comme nous faisons de toute nostre affection , en vous remerciant bien humblement de l'honneur de vos lettres et bonnes grâces, et des beaux tesmoignages de vostre sincère affection, etc., etc..
De Gap, ce 20 octobre 1603.
Vos plus fidelles et affectionnés serviteurs.
Les pasteurs et anciens des Eglises reformées de France assemblées en Synode national, convoqué audit lieu.
Et au nom de tous soubsignés,
Chamier, modérateur.
Ferrier.
ViGNIER.
D. Roy.
1604. — S>node provincial de Die. — Pages 115, 117.
Sur les plaintes que fit le roi au sujet de l'article de l'Antéchrist, décrété par le Synode de Gap, les Eglises réformées durent au moins en ajourner la publication. Voici un article du Synode provincial de Die, tenu en 1604, qui le constate :
« La Compagnie, approuvant l'article dressé au Synode national, tenu à Gap en octobre dernier, touchant le Pape, qui y est qualifié estre le vray Antéchrist et fils de perdition, duquel est fait mention en l'Escriture saincte, a esté toutesfois trouvé bon que l'impression dudit article soit déféré jusques au prochain Synode national.
« Cresson, pasteur en la maison de Monseigneur de Lesdiguiéres, modérateur;
« Chamier, pasteur de Montéliviar, adjoint. »
Nous relevons cet extrait dans l'ouvrage récemment publié par un savant docteur de Die, M. J.-D. Long : La Réforme et les guerres de religion en Dauphiné, etc. Paris, 1856. in-8°.
1601 (octobre). — Académie de Die. Appel adressé à Charnier par l'Assemblée synodale de Die. — Pages 70, 109, 127.
« Eu 1604, dit M. J.-D. Long {Op. cit.), on préféra Die, toute dévouée à la Réforme, à Montélimar, pour l'établissement d'un collège ou séminaire protestant, qui, dans la suite conférait le grade de maître ou docteur es arts. Henri IV, en 1608, le constitua définitivement en Académie, sur le modèle de celle de Genève, établie par Calvin en 1îjo3. L'Académie de Die fut établie par l'ordonnance, pour « remettre la ville de Die beaucoup dé- « chue par les troubles passés, » ainsi qu'il est dit dans le manuscrit des Conclusions du Conseil académique (1). »
Depuis que nous avons imprimé les deux documents relatifs à l'Académie de Die, insérés ci-dessus, p, 70, nous avons été mis en possession de plusieurs autres inédits et plus intéressants, que nous donnerons ici. Le suivant est une communication de M. Long, qui possède divers manuscrits originaux concernant les Synodes et l'Académie de Die.
(1) Dans un « Etat des pièces concernant TAcadémie, » extrait d'un Factum fait en sa faveur, en 1671, nous trouvons mentionnées les pièces suivantes :
« Lettres du Roy Henry IV, du 20 mars 1602, promettant à ses sujets du Dauphiné faisant prolession de la R. P. R. d'ériger un Collège qui leur fût particulièrement affecté et qui demeurera à leur disposition.
« Lettres patentes en forme de Chartres, accordées par Henri IV, le 14 février 1604, aux consuls de la ville de Die, portant la création et établissement d'un Collège en la ville de Die pour l'instruction de la jeunesse en toutes sciences et bonnes mœurs. (Avec l'adresse desdites lettres faite en la Chambre de l'Edit du Daupbiné.)
« Acte fait judiciellement, le 6 octobre 1603, par le sieur Evêque, le Chapitre et les habitants catholiques de la ville de Die, par lequel ils déclarent n'entendre point de contribuer à l'entretenement dudit Collège, etc. (Autre acte aux mêmes lins, du 30 octobre 1608, et déclaration conforme de ceux de la religion.)
« Convention 'passée le "20 octobre 1604, entre les habitants de Die faisant profession de la R. P. R. et les députés du Synode des Eglises réformées du Daupbiné, reçue par M" Daniel Jordan, notaire.
« Contrat passé entre les Eglises prétendues réformées du Daupbiné et les habitants de la ville de Die faisant profession de ladite religion, le 28 octobre 1604, par lequel le Collège desdites Eglises est établi à Die, suivant désignation faite auparavant par lesdites Eglises. (Voir ci-après aux dates de 1607, 1608, 1615, 1664.)»
Un autre document, un Procès-verbal de partage du 1" juillet 1664 (1), que nous avons trouvé aux Archives de l'empire [Sect. dom. Tt. 314. 264.), nous fait connaître que cette convention du 28 octobre 1604 avait eu lieu entre MM. Daniel Charnier, Jean de Vulson, sieur de la Colorabière, Guillaume Vallier et Pierre Appaix, ministre des Eglises de Montélimar, de la Mure et de Die, ayant pouvoir et procuration du Synode provincial teuu en ladite ville de Die au mois de juin de ladite année 1604, et les nommés Daniel Gay et Daniel Roman, consuls de Die, assistés de personnes qualifiées de la même ville,
(1) Ce partage par suite d'une enquête qui eut lieu alors, portait sur la préteutiou élevée par les catholiques de Die, qui reveudiquaieut la pro, riete du College. Ce partage fut vide par l'arrêt du Conseil du 11 septembie 1684 que nous avons donné ci-dessus, p. 71.
Jetés de l' Assemblée slnodale provinciale, par députés tenue à Dye le 28 octobre 1604.
Après l'invocalion du nom de Dieu a esté esleu pour présider en ladite Assemblée Messire Barthélémy de Marquet, conseiller du Roy, président en sa cour de parlement du Dauphiné, en la chambre de l'Edict establie à Grenoble, et M. Benjamin Vacher, pasteur en l'Eglise réformée de Saillans, pour secrétaire.
Ont assisté en ladite Assemblée, ensuite de la nomination qui en fust faite au dernier Sinode tenu en ladite ville, M. maître Daniel Charnier, pasteur en l'Eglise de Montélimar; M. maître Guillaume Valier, pasteur en l'Eglise de Dye, et M. maître Pierre Appais. ministre en l'Eglise de Dye, et M. Maître Jean de Vulson, pasteur de l'Eglise de la Mure. Lesquels en vertu du pouvoir à eux donné par ledit Sinode ont appelle en leur compagnie MM. Vacher, neveu, et Barbier, pasteurs des Eglises de Saillans, Clermont et Quint; MM. de la Piarre, Ducros, Poudrel et Gilbert, docteurs en droit; noble Jean Faure, conseigneur de Viviers; M. Benoît, docteur en médecine ; MM. Daniel Gay et Daniel Roman; M. Daniel Jordan, secrétaire d'icelle, et sire Antoine Payan, trésorier des deniers communs dudit Dye.
Ayant les susnommés convenu de ce de quoy ils sont chargés respectivement, à sçavoir les susdits sieurs Vallier, Charnier, Appais et Vulson par les Eglises de ceste province, et les autres cy-avant nommés par l'Eglise de Dye, a esté trouvé bon veu la solennité dudit contract qu'il y aura deux originaux d'iceluy, desquels l'un sera et demeurera entre les mains dudit maître Daniel Jordan, et l'autre de maître Lioutard, notaire dudit Dye.