‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 65 sur 80 · LE TEMPLE DE MONTÉLIMAR, AI · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE MONTÉLIMAR, AI

4° Que l'exercice de la R. P. R. fût défendu à Montélimar, sous prétexte qu'il n'y avait pas été établi pendant les années requises. — (Les deux commissaires furent d'accord au contraire pour l'y maintenir, conformément aux ordonnances, en exécution de l'Edit de Nantes, du 12 novembre 1598, 28 février 1636 et arrêt du conseil du 4 août 1623.)

2° Que le temple fût démoli, parce qu'il était bâti près d'une Eglise de l'ordre de Malte où les pénitents font tous les jours le service divin. — (Les deux commissaires furent d'avis de maintenir le temple.)

3° et 4° Que la tour bâtie par ceux de la R. P. R. pour se fortilier dans ladite ville de Montélimar, sous prétexte d'en faire un clocher, fût démolie jusques aux fondements, ne leur étant permis par l'Edit que de poser un clocher sur les murailles de leur tour et non pas de bâtir des tours. — (Le commissaire catholique demande sa destruction. Le commissaire réformé demande le maintien, attendu, dit-il, que ledit clocher n'est ni une tour ni une fortitication, comme il nous a paru dans une descente sur les lieux.)

5° Que les maisons qu'ils ont achetées pour en faire des hôpitaux pour ceux de leur religion soient démolies

9° Qu'il soit défendu aux ministres de prendre la qualité de docteurs en théologie, pour n'y avoir aucune faculté dans ladite religion qui puisse s'appeler de théologie.

10° Qu'ils ne puissent porter, ni dans le temple ni par la ville, ni robes longues ni bonnets quarrés, attendu que ce sont les insignes des docteurs et qu'ils ne les ont pas.

1 1° Que les dits ministres où leurs femmes ne pourront prétendre à aucun rang, ni prééminence même sur les artisans, soit dans les temples ni ailleurs.

12° Que les consuls de Montélimar qui sont de la R. P. R. ne pourront pas paroître en public précédés de massiers, comme les consuls catholiques.

13° Qu'il leur sera défendu de mettre dans leur temple ni tapis de haute lice ni étoffes chargées de fleurs de lys, ou aux armes de S. 31. ou de la ville, ni peintures aux fleurs de lys ou aux armes de la ville, ni sur les bancs, murailles ou vitres, attendu que les dites armes de S. M. ne peuvent paraître dans un tel lieu sans déshonneur. — (Approuvé par le commissaire catholique. Le commissaire protestant s'en réfère aux usages.)

16° Qu'il leur sera défendu d'aller en grande foule et procession aux baptêmes et mariages et de n'y être à chacun que quatre à cinq personnes, selon l'art. 6 de l'Edit de 1570.

17° que les armes du roy et celles de la ville seront ôtées de sur les vitres dudit temple, comme étant mises en lieu indécent et faisant injure à Sa Majesté.

18° Que les armes de M. de Lesdiguières seront ôtées de sur la porte et des autres endroits dudit temple, où on les a mises, comme aussi on ôtcra

la chaise couverto de fleurs de lys qui est dans le temple et qui est conservée pour avoir été audit sieur connestable, attendu qu'il a abjuré avant sa mort, et que la maintenir c'est faire injure à sa mémoire. — (Le commissaire protestant répond qu'il n'y a lieu, attendu que c'est une chaise qui appartient à M. de Gouvernet, gouverneur de ladite ville.)

1 9° Que deffenses soient faites aux ministres de ladite religion de prendre le nom de pasteurs, et qu'on efface de sur la porte du temple les deux vers ci-après :

Quisquis amat Petrum divino numine pastor A Petro curam discal habere gregis.

Fait à Valence, le 9 septembre 16G4.

BocnART. — Cn. Aubalestier.

Outre le plan que nous avons reproduit, on a conservé à Montélimar et placé dans les archives de l'Eglise réformée actuelle un vieux registre provenant de l'ancienne Eglise , intitulé : « Coppie de l'Inventaire général des Actes, Papiers, Titres et Documents qui appartiennent ou servent à l'Eglise réformée de Montélimar. Cotté Salomon^ n° 20. » Voici les informations que nous avons pu puiser dans ce répertoire, pour compléter celles que fournissent les deux pièces qu'on vient de lire.

C'est de 1599 à 1609 que le temple de Montélimar fut construit, avec les deniers « exigés pour ce regard des habitans de la ville faisant profession de la religion réformée cottisés pour la construction dudit temple. » L'acte de bail à « prix faict pour bastir le temple » fut passé par-devant notaire le 27 septembre 1599. En l'année 1GÛ9 « recepte fut faite des deniers qui furent doimés pour achepter une cloche. » Le clocher fut construit « es années 1638, 1639. » On y travailla de nouveau en 1646 et 1647, sans que rien explique ce qui en avait suspendu l'achèvement ou motive ces nouveaux travaux. Le 21 juillet 1399, on avait acquis par contrat « une maison, estable et jardin de noble Guillaume de Saint-Ferréol, pasteur, par luy vendus h l'Eglise pour faire partie du temple. » Autres achats cn novembre 1599 et cn mai 1600.

Quant au don de 20,000 livres fait à l'Eglise de Montélimar par le duc de Lesdiguières qui fait l'objet de l'inscription ci-dessus relevée, nous trouvons les mentions que voici : « Promesse de mondit seigneur de Lesdiguières en faveur de ladite Eglise du don de vingt mille livres, signée de sa propre main, en date du 12 juin 1607. » « Extrait vidimé du contrat de cession et donation faicte par mondit seigneur de Lesdiguières en faveur de ladite Eglise réformée de Montélimar... du l"^"" décembre 1608. » Des difficultés, ^ dont on ne voit pas bien la cause, s'étant élevées, Lesdiguières y met lin

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