‹ 1757-1871Chapitre 16 sur 31 · L.E TIR.A.ITÉ IDE PARIS · texte numérisé non relu

L.E TIR.A.ITÉ IDE PARIS

Six jours après la bataille de Waterloo, Blùcher avait écrit à Frédéric-Guillaume III : » Je supplie respectueusement Votre Majesté d'avertir les diplomates qu'ils ne perdent pas encore une fois ce que le soldat a gag-né avec son sang-. Cet instant est le seul et le dernier où nous puissions nous assurer contre la France. « Les ministres dirigeants de l'Allemagne paraissaient ne pas avoir besoin de cet avertissement. Dans une conférence qu'ils tinrent au quartier général de Heidelberg, Stein, Hardenberg, Metternich et Gagern semblaient tous être d'accord qu'il fallait détacher de la France l'Alsace, la Lorraine et la partie de la Flandre conquise par Louis XIV ('). Une furieuse exaspération contre les Français se manifestait dans toute l'Allemagne. » On n'entendait partout, dit un témoin, que des cris de

(') Gervinus, Histoire du xixp siècle, t. Ier.

colère à la seule pensée qu'on ne leur prendrait pas au moins l'Alsace, la Lorraine, les trois évêchés et toutes les forteresses frontières des Pays-Bas. « Tel était aussi le vœu de la majorité des Anglais. » L'idée dominante, eu Angleterre, écrivait lord Liverpool, est que les alliés sont pleinement autorisés à profiter de l'occasion pour ôter à la France les principales conquêtes de Louis XIV. «

Comment la France, vaincue et foulée par un million d'ennemis, put-elle échapper à ce démembrement, à cette revendication? Si la France avait contre elle le sentiment national en Allemagne et en Angleterre, elle pouvait heureusement compter encore une fois sur l'appui du czar Alexandre, intéressé, croyait-il, à ne pas laisser affaiblir un État dont l'alliance serait désirable; elle fut de nouveau aidée par la rivalité des puissances victorieuses et par l'antagonisme des États allemands eux-mêmes.

Les alliés, déjà en désaccord, entamèrent des négociations confidentielles pour arriver à une sorte de transaction.

Dans une note en date du 28 juillet, le confident du czar, Capo d'Istria, s'était montré très-contraire à des exigences qui pourraient, disait-il, exciter le désespoir en France. La Prusse répondit que les cours de l'Allemagne devaient attacher un intérêt particulier à revendiquer au moins une partie de ce qui leur avait été injustement arraché.

« Veut-on, disait le prince de Hardenberg dans une note en date du 4 août, veut-on une paix durable et solide comme on l'a annoncé et prononcé tant de fois ; la France elle-même veut-elle une telle paix avec ses voisins? Il faut qu'elle rentre dans sa défensive formée par l'art ou par la nature et qu'elle rende à ses voisins la défensive qu'elle leur a ôtée, c'est-à-dire, l'Alsace et les forteresses des

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