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Napoléon III vient d'entraîner la France ou la France impériale a entraîné Napoléon III dans une voie sanglante.
Bientôt les Allemands refoulent les 200,000 hommes qui leur sont opposés et s'ouvrent le pays ennemi par les victoires de Wissembourg, de Woerth et de Forbach.
Le peuple de Paris surexcité rejetait sur les ministres la responsabilité des défaites de l'armée, et l'empereur luimême était l'objet des plus violentes imprécations (').
(') o Woerth et Forbach éclatèrent comme un coup de tonnerre sur la France stupéfaite et consternée... — On ne voyait plus que défaites et trahisons. La multitude affolée ne rêvait plus que traîtres, espions, Prussiens ! — ... Dans la Dordogne, on brûle vif M. de Moneys; dans l'Hérault, le r-oitou, la Champagne, le Nord, des hommes considérables sont traînés par la populace et n'échappent à la mort que par miracle. Le député comte
Le 9 août, le ministère d'Emile Ollivier est renversé par les ultra-bonapartistes groupés autour de l'impératricerégente.
Non-seulement l'empereur a dès lors cessé de gouverner la France, mais il a dû aussi abandonner le commandement de Tannée du Rhin. Celle-ci, ayant à sa tête le maréchal Bazaine, tente de s'ouvrir une voie vers Châlons; vaincue à Borny, elle est repoussée jusqu'aux glacis de Metz et rejetée définitivement dans cette place après de nouveaux et terribles combats soutenus héroïquement de part et d'autre.
Le maréchal Mac-Mahon, vaincu à Woerth, avait cherché à réorganiser son armée dans le camp de Châlons ; il voulait ramener l'empereur à Paris, mais il reçut du gouvernement de l'impératrice l'ordre de rejoindre Bazaine. Le 30 août, il était repoussé jusqu'à Sedan par le prince royal de Prusse, et deux jours après le sort de l'empire était décidé. » Refoulé et pressé avec son armée derrière les remparts de Sedan, dit un publiciste allemand, Napoléon III, s'il laissait errer ses regards dans l'espace, pouvait embrasser d'un coup d'œil l'œuvre dont il avait, sans le vouloir, amené l'accomplissement. Au dehors de la ville se tenait toute l'Allemagne. Les hommes de la mer du Nord et de la Marche sablonneuse, les habitants des bords du Rhin et les Souabes, les riverains de l'Elbe et de l'Isar, tous étaient accourus sous le même drapeau pour faire sentir la colère de leur bras à l'insolent perturbateur de la paix. «
Napoléon adresse au roi de Prusse ces mots désespérés :
d'Estourmel faillit être pendu par ses commettants. A Paris, l'émotion était indescriptible. » [Le dernier des Aupuléoti, p. 362.)