‹ 1757-1871Chapitre 5 sur 31 · VALMY · texte numérisé non relu

VALMY

et de soutenir la France contre les autres puissances, conformément aux anciens traités; si, dans l'espace de trois semaines, l'empereur ne donnait pas une réponse satisfaisante, il devait être considéré comme ennemi. Léopold répond, le 17 février. Il déclare que, depuis l'acceptation de la constitution par Louis XVI, l'alliance des puissances n'-existe qu'éventuellement, mais qu'il regarde comme un devoir de la laisser subsister ainsi, tant qu'une fraction républicaine menacera le roi, son allié, et cherchera, par de vastes armements et des déclamations forcenées, à étendre la révolution à toute l'Europe. Il désirait la paix, ajoutaitil; tandis que la France se préparait à combattre, il avait désarmé les émigrés et exhorté les autres puissances à l'imiter; » mais les Jacobins cherchaient à allumer la guerre, parce qu'ils y voyaient un moyen d'exciter chez le peuple un fanatisme propre à leurs desseins... «

Quinze jours après avoir signé cette déclaration, l'empereur mourait presque subitement ('), laissant pour lui succéder l'archiduc François, alors âgé de vingt-quatre ans.

En France, les événements se précipitent. Les Girondins parviennent à renverser le ministère feuillant et s'imposent à Louis XVI. Dumouriez, devenu ministre des affaires étrangères, demande que l'Autriche désarme et rompe son alliance avec la Prusse (*). Le cabinet de Vienne répond que, avant tout, il faut que la France répare l'injustice commise envers les princes de l'empire possessionnés en Alsace et envers le pape, dépouillé d'Avignon ; il demande que la France se place dans une position qui ne menace

(') 1" mars 1792.

('-) Cette alliance avait été conclue le 7 février 1792.

plus la sécurité de l'Europe, et il lui laisse le choix des moyens à employer pour atteindre ce résultat.

Le 20 avril, Louis XVI se rend à rassemblée législative. Dumouriez lit un exposé des griefs de la France contre la maison d'Autriche, puis Louis XVI, aux termes de la constitution, propose la guerre contre le roi de Hongrie et de Bohême. L'assemblée, à la presque unanimité, adopte cette proposition dans une séance extraordinaire tenue le soir même.

Un historien de la révolution française a dit, pour justifier cette détermination et d'autres encore : </ La défensive ne va pas à la France. La France n'est pas un bouclier. La France est une épée vivante. Elle se porte elle-même à la gorge de l'ennemi ('). «

Les Prussiens, commandés par le duc de Brunswick, étaient encore en marche pour se joindre aux Autrichiens que déjà un désaccord se manifestait entre Vienne et Berlin. Le nouvel empereur, reprenant le projet de Joseph II, voulait échanger la Belgique contre la Bavière ; la Prusse recevrait, de son côté, une nouvelle province polonaise et céderait à l'empereur le margraviat d'Anspach-Bayreuth qu'elle avait acquis en 1791. A cette prétention Frédéric- Guillaume II opposait un refus formel. De là, méfiance et jalousie des deux côtés; de là cette hostilité sourde qui devait faire échouer la première coalition (*).

Le 25 juillet, au moment où l'armée prussienne partait de Coblentz, le duc de Brunswick, obéissant au désir de Frédéric-Guillaume II plutôt qu'à sa propre conviction,

(') Michelet, Histoire de la révolution française.

(s) Voir pour les détails, H. de Sydel, Histoire de l'Europe pendant la révolution française, t. I,r, passim.

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