VALMY
publia cette proclamation fameuse où il disait « que si la ville de Paris ne mettait point le roi en pleine liberté et ne lui témoignait pas le respect qui lui était dû, les princes coalisés en rendraient personnellement responsables, sur leurs têtes, pour être jugés militairement, tous les membres de l'assemblée nationale, du département, du district, etc.; et que si le château des Tuileries était forcé ou insulté, les princes en tireraient une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant Paris à une exécution militaire ('). «
Loin d'intimider les révolutionnaires, la proclamation du duc de Brunswick hâta la chute du trône de Louis XVI et l'avènement de la république.
Le 20 septembre, veille du jour où la république fut proclamée, les Français obtinrent sur les Prussiens un premier succès à Valmy. Il est vrai que le duc de Brunswick, comme on l'a remarqué, n'avait pas cherché une bataille et qu'il eût préféré se battre contre l'Autriche. La retraite des Prussiens fut décidée et concertée avec le général français. Elle eut de tristes conséquences; elle isola l'Autriche dans la défense des Pays-Bas (2).
(') Ce manifeste outrageant était l'œuvre d'un émigré, le marquis de Limon.
(2) Dans son Histoire de la Révolution française, t. VII, Louis Blanc s'est efforcé d'éclaircir le rôle assez équivoque de Danton, dans les mystérieuses négociations entamées par Dumouriez, avec le quartier général prussien. Elles ont été plus clairement exposées encore, et d'après les sources les plus authentiques, par H. de Svbel, dans son Histoire de l'Europe pendant ta révolution française. En résumé, le ministère français cherchait à détacher la Prusse de la coalition pour s'emparer de la Belgique ; au quartier général prussien, on disait que l'Autriche abusait de la Prusse et que celle-ci s'exposait à des dépenses et à des dangers pour une cause qui lui était entièrement étrangère.