‹ 1757-1871Chapitre 7 sur 31 · IL.A. &J±T2Z. IDE BALE · texte numérisé non relu

IL.A. &J±T2Z. IDE BALE

Frédéric-Guillaume cependant, pour acquérir le grandduché de Posen, ne se refusait pas à une transaction avec l'Autriche. « Que les Autrichiens prennent la Bavière, disait-il, pourvu que j'aie la Pologne. L'impératrice Catherine ne veut pas les laisser entrer dans ce dernier pays : il faut bien qu'ils obtiennent quelque chose, mais à la condition que l'occupation de la Bavière marchera de pair avec celle de la Pologne. » Pendant que l'Autriche hésite, la Belgique est perdue par la victoire des Français à Jemmapes, le 6 novembre 1792.

Mais la Belgique n'est pas encore définitivement perdue ; l'Autriche se dispose à la ressaisir afin de reprendre aussi le projet d'échange avec la Bavière; si elle réussissait, elle permettait à la Prusse de s'étendre en Pologne. Le 13 mars 1793 (c'était cinq jours avant la bataille de Neerwinden), l'ambassadeur anglais écrivait que le grand

objet de la cour de Vienne, dans la continuation de la guerre contre la France, était l'échange des Pays-Bas; c'était le seul moyen, croyait-elle, de faire contre-poids à l'agrandissement de la Prusse.

Déjà les troupes prussiennes avaient cerné, du côté delà Pologne, tout le territoire qui devait être abandonné à Frédéric-Guillaume II, et Pacte du second partage avait été signé, le 22 janvier, à l'insu de l'Autriche. Effectué en mars et en avril, ce second démembrement valut à la Prusse le grand-duché de Posen, qui contenait un million et demi d'habitants. Le cabinet de Vienne vit de la déloyauté dans cette conduite; les deux puissances allemandes se brouillèrent de nouveau. Frédéric-Guillaume déclara qu'il manquerait à ses devoirs envers son peuple s'il continuait, à ses propres dépens, à prendre part à la guerre contre la France. Il ne voulait pas, disait-il, conserver sur pied un homme de plus que ne le comportait son contingent comme membre de l'Empire (').

Ces dispositions hostiles de la Prusse et l'inaction de ses troupes sur le Rhin contribuèrent aux désastres de la campagne de 1794. L'Autriche avait définitivement perdu les Pays-Bas ; mais elle avait pris une sorte de revanche en signant, le 3 janvier 1795, avec la Russie, une convention qui déterminait, sans la participation de la Prusse, un troisième et dernier partage de la Pologne.

Irritée, la Prusse se rapprocha de la République française avec laquelle des négociations étaient entamées depuis le mois de décembre précédent. Le 5 avril, Frédéric- Guillaume II sort de la coalition. Par le traité signé à

(') Voir H. de SybBl, Histoire de l'Europe pendant la révolution française, t. IL

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