LA PAIX DE BALE
Bâle, les possessions prussiennes sur la rive gauche du Rhin devaient rester au pouvoir de la France ; et si, à la pacification générale, cette cession demeurait définitive, le roi de Prusse serait indemnisé par d'autres territoires, aux dépens des États ecclésiastiques.
Pour protéger l'Allemagne contre les progrès redoutables de la République française, l'Autriche, soutenue par les subsides de l'Angleterre, était maintenant seule sur les champs de bataille. La politique égoïste de la Prusse allait exercer sur les destinées de l'Europe une influence désastreuse.
Frédéric-Guillaume II, descendu au tombeau le 16 novembre 1797, eut pour successeur un jeune prince dont les vues étaient pacifiques. Lorsque se forma, en 179S, la seconde coalition contre la France, Frédéric-Guillaume III, occupé de réformes intérieures, annonça formellement l'intention de rester neutre. En vain Bonaparte, devenu premier consul, essaya-t-il d'amener le gouvernement prussien à s'unir étroitement avec la France; le roi refusa de prendre aucun engagement. Il ne pouvait se décider ni à former une alliance formelle avec la France ni à se joindre aux ennemis de celle-ci. Toutefois il se vit à certains ég'ards contraint d'adhérer à la ligue du Nord, qui fut sig'née à Saint-Pétersbourg, le 16 et le 18 décembre 1800, pour défendre la liberté des mers contre les Anglais. Au mois de mars 1801, les Prussiens occupent le Hanovre. La mort violente de Paul 1er (34 mars 1801) entraîne la dissolution de la Ligue ; mais déjà le traité de Lunéville du 9 février a brisé la seconde coalition. L'Angleterre accepte des négociations préliminaires de paix qui aboutiront au traité signé à Amiens, le 25 mars 1802. La Prusse évacue le Hanovre et obtient, par une conven-
tion du 13 mai, en dédommagement de ses possessions de la rive gauche du Khin, les évêchés de Paderborn et d'Hildesheim, la ville et une partie de l'évêché de Munster, etc.; en tout, une augmentation de plus de 400,000 âmes.