CHAPITRE VI
Gomment, pendant toute cette période, Humbert avait-il été laissé sans secours?
Dès le 21 juillet, les navires destinés à l'expédition préparée à Brest étaient prêts à recevoir les troupes des généraux Hardy et Mesnage.
Oubreton, commiasaire-^rdonnateur en chef de Varmée d'Angleterre, au général Soherer, minietre de la guerre (i).
An quartier général, à Brest, le 3 thermidor an yi (21 Juillet 1798).
C'est à Brest, Citoyen Ministre, que la dépêche en date du 26, que tous ayez expédiée extraordinairement au général en chef Kilmaine lui est parvenue. J'étais auprès de lui ; je me suis hâté de faire toutes les dispositions adminis^ tratiyes que nécessitait le mouvement des corps d'infanterie et de troupes à cheval à qui tous avez transmis Tordre de se porter sur le Rhin.
Les revues en seront passées et les avis de marche et de départ seront partout donnés à qui de droit ; je n'ai pas perdu un instant pour transmettre à ce si]yet les instructions nécessaires.
Je ne doute point, Citoyen Ministre, qu'il ne tous importe de connaître l'effectif des troupes qui, dans cet instant, sont en embarquement dans le port de Brest pour une expédition secrète et particulière ; je joins ici l'extrait sommaire de la revue qui en a été faite.
Les six frégates et le vaisseau de guerre chargés du transport de ces troupes sont en rade et seitdent prêts à faire voile, mais on attend des ordres ultérieurs du gouvernement, ainsi que l'officier supérieur commandant l'expédition. Du reste, la troupe est pleine d'ardeur et de bonne volonté : elle ne parait point effrayée de la présence de l'ennemi, que l'on signale dans les environs de Brest.
Salut et respect. Signé : Dubreton.
P. s. — L'escadre anglaise qui parait souvent k rentrée du Goulet, est de 28 vaisseaux. (1) Archives de la Guerre. Armée d'Angleterre.
Le général Hardy, parti de Paris le 20 juillet, et le commandant Bompard avaient reçu, le l®*" août, leurs instructions définitives.
Instructions au général Hardy (i), mis à la disposition de la marine
(Ministre de la marine),
12 thermidor (30 juillet).
Plein de confiance en vos tiilents, votre valeur et votre amour pour la liberté, le Directoire vous a chargé du commandement provisoire de Tarmée dlrlande, en attendant Tarrivée du général en chef Chérin. Vous voudrez bien, en conséquence, partir immédiatement pour Brest. Vous vous concerterez avec le commandant des armes, Tordonnateur de la marine et le commandant de la division pour l'embarquement des troupes et des munitions de guerre, et vous accélérerez cette opération par tous les moyens qui sont en votre pouvoir.
Le chef de division Bompard recevra des instructions détaillées sur la route qu'il doit suivre, sur les précautions k prendre pour échapper à Tennemi et sur la partie des côtes d'Irlande où il doit aborder. Quoique le mouvement insurrectionnel des habitants de cette ile soit presque général, il est des points où il n'a pas été assez marqué pour attirer les forces de l'Angleterre et où cependant il ne faut qu'une occasion favorable pour le faire éclater. Telle est la situation au nord-ouest de l'île, et le citoyen Bompard a ordre de débarquer h Killala, Hego ou Donnegall, mais de préférence dans ce dernier port, attendu les facilités qu'il présente, non seulement pour descendre à terre, mais pour se défendre avec avantage contre les bâtiments de guerre ennemis
J'ai pris des mesures pour que des patriotes se présentent à vous au moment de votre apparition, afin de vous donner des renseignements positifs
Aussitôt que le débarquement sera opéré, vous tâcherez de découvrir si quelques bâtiments français et spécialement la division de Rochefort vous ont précédé et surtout dans quelle partie se trouverait la troupe commandée par le général Humbert. Cet officier général a également l'ordre, par ses instructions,
de s'informer avec soin de votre «irrivée et de votre marche et de prendre
vos ordres pour ce qu'il devra faire ultérieurement.
Je n'entrerai pas dans le détail de vos opérations militaires. C'est A vous. Citoyen Cénéral, à employer vos forces de la manière que vous jugerez la plus avantageuse et d'éviter avec le plus grand soin de la compropiettre
Aussitôt que vous en aurez la possibilité, il conviendra que vous réunissiez
(1) Le 6 août, Hardy écrivait discrètement à sa femme :
« J'ai reçu les instmctions du Directoire, sans qu'il me dise encore bien positivement
où J'irai, une division de 10 navires est prête à mettre à la voile Les gazettes à
Brest, comme à Paris et ailleurs, s'occupent beaucoup de notre expédition ; les unes affirment que nous allons à Malte; d'autres à Saint-Domingue, à la Jamaïque, en Irlande. Personne ne sait au Juste de quoi il est question. » (Correspondance du général Hardy, Revue des Deux Mondes, i- septembre 1900.)
LE RETARD DE L*Eâ>ÉDITION DE BREST. 135
autour de tous un certain nombre de chefs du parti patriote, que tous organisiez, de concert aTec eux, un gouTernement proTÎsoire par tout le pays qui
sera au pouToir des Irlandais-Unis, à moins qu'il en existe un déjà établi
Dans chaque Tille et dans chaque canton, tous ferez également établir des
fonctionnaires civils ou militaires Il est très important de TÎTifier Fesprit
public par tous les moyens possibles et surtout d'entretenir constamment la
haine du nom anglais Surtout, tous aurez soin de faire respecter les
mœurs, les usages et les pratiques religieuses des irlandais, et tous ne souffrirez dans aucun cas qu*il soit porté atteinte à leurs personnes ou à leurs propriétés. Tout ofHcier ou soldat qui s'écarterait de la ligne des dcToirs que rhospitalité commande, dcTra être puni d'une façon exemplaire, et tous publierez le nom du coupable et le jugement qu'il aura subi.
11 faut aussi que tous entreteniez la plus exacte discipline parmi vos troupes et qu'elles serTent de modèle aux troupes irlandaises. Dites souTont à tos compagnons d'armes qu'ils doÎTent traiter les Irlandais comme des fr^res, comme des citoyens persécutés par un gouTcmement féroce, ennemi de tous les hommes libres et que, combattant pour la même cause, ils doÎTent être unis par les mêmes liens et les mêmes sentiments
En attendant que, rendu à lui-même, le peuple irlandais puisse jouir de tous ses droits, tous iuTiterez le gouTernement proTisoire à écarter les ambitieux
qui Tondraient spéculer sur les emplois à économiser les faibles ressources
que les Anglais ont laissées en Irlande, h faire respecter et aimer à la fois Tautorité ; en un mot, tous concourrez à l'administration ciTile et militaire de l'Irlande, non par la prépondérance des forces qui sont à Totre disposition, mais par l'influence de la persuasion, par les conseils de l'expérience et par la confiance que tous saurez inspirer. ....
L'intention du Directoire étant de maintenir l'indépendance des Irlandais, TOUS éTiterez soigneusement, dans l'organisation des troupes et dans toute autre circonstance, tout ce qui pourrait leur faire croire que le gouTernement français a d'autres Tues que celle de faToriser les eflbrts qu'ils font pour conquérir leur liberté .....
Il n'est pas une expédition dont le résultat ait une plus grande influence sur la situation politique de l'Europe et qui puisse devenir plus aTantageuse à la République : puissent vos succès répondre à tous nos Tœux, et faire bientôt participer un peuple trop longtemps victime du despotisme aux bienfaits de la liberté et de l'égalité.
Instructions pour le citoyen Bompard, commandant une division
en armement à Brest (1).
12 thermidor (30 joiUet).
Le Directoire exécutif avant ordonné l'armement à Brest du Taisseau le Hoche et des frégates Immortalité, Coquille, Embuscade, Sémillante, Résolue, Bellone et Fraternité, et ayant confié le commandement de cette division au
(1) Archives de la Marine, BB«^, 12t.
citoyen Bompard, chef de diTÎsîon des armées naTales, le Ministre de la marine et des colonies lui fait connaître par les présentes instructions le service qu'il devra remplir.
La situation politique de l'Irlande a fixé l'attention du Directoire, Il a cru digne de sa sollicitude de secourir un peuple trop longtemps opprimé et qui veut briser ses fers. Déjà des actions éclatantes ont signalé les premiers efforts des Irlandais-Unis et sont le présage de tous les succès qu'ils obtiendront lorsqu'ils auront des armes, des munitions de guerre, et que des Français combattront avec eux.
Dans ce premier moment, le Directoire a jugé convenable de faire passer des secours aux Irlandais et par des voies différentes.
Douze bâtiments légers vont partir des ports de Dunkerque, Calais et Boulogne. Ils portent des fusils, de la poudre, et quelques Irlandais qui vont rejoindre leurs compatriotes. Ces bâtiments seront expédiés séparément, et il y a lieu de croire qu'ils arriveront les premiers.
A Rochefort, une division composée des frégates la Concorde, la Franchise et la Médée, est prête à mettre à la voile, sous le commandement du citoyen Savary. Le général de brigade Humbert est embarqué sur cette division. Il a sous ses ordres un bataillon d'infanterie et une demi-compagnie d'artillerie : des canons, des fusils, des munitions de guerre, des uniformes français sont répartis sur ces frégates. Il est probable qu'elles ne tarderont pas à prendre la mer, et qu'elles suivront de très près les bâtiments de Boulogne et Dunkerque.
Enfin, la division en armement à Brest et dont le commandement est confié au citoyen Humbert, doit porter :
Le général de brigade Hardy, qui commandera en chef les troupes françaises et irlandaises ;
L'état-major général ;
Une demi-brigade d'infanterie ;
Une demi-compagnie d'artillerie à cheval avec le train des équipages d'une compagnie entière ;
Une demi-compagnie d'artillerie à pied ;
6 canons de campagne avec leurs munitions ;
B,000 fusils avec leurs baïonnettes ;
Un million de cartouches ;
6,000 gibernes ;
4200 sabres;
2,000 uniformes français;
Des équipages complets pour monter et armer 150 dragons.
Aussitôt que le général en chef, la troupe et les munitions de guerre auront été embarqués, le citoyen Bompard fera ses dernières dispositions pour mettre à la voile. Il mouillera en rade avec sa division et interdira toute communication avec la terre : il aura soin de tenir ses bâtiments dans une telle position que rien n'en puisse gêner l'appareillage prompt et simultané, cinq minutes après qu'il en aura fait le signal. Il attendra pour appareiller, un vent frais, et il profitera du premier jour où il aura connaissance par les signaux que la osition des ennemis ne leur permet pas de découvrir la division au moment de sa sortie du goulet. Le citoyen Bompard observera aussi d'attendre la fin du
jour, afin que la nuit le prenne et le dérobe à Tennemi lorsqu'il commencera à s'éloigner de la c6te. Il se déterminera à passer par le Raz ou par Tlroise, suivant les circonstances du temps, les a^is qu'il aura pu receToir de la mer ou les signaux qui auront été faits dans la journée. S'il n'avait aucune connaissance de la position de l'ennemi, et que les vents le lui permissent sans compromettre la division, il préférerait de sortir par le Raz : néanmoins, le Ministre laisse au citoyen Bompard une entière liberté de manœuvre à cet égard.
Soit qu'il sorte par le Raz ou qu'il double la chaussée des Saints (sic) par le nord, dès qu'il sera en dehors de tous dangers, il courra au S.-O du monde environ 30 lieues. Il en fera ensuite 80 à rO.-1/4N.-0.; de là, il mettra le cap au N.-0.-1/4 N. et fera 80 lieues à cet air de vent, après quoi il gouvernera au N. et fera 70 lieues, de manière à se trouver par 50^1(K de lat. nord et 16* de long. o€c. du méridien de Paris. Ce point le met à 40 lieues de l'Ile MuUet, à la côte d'Irlande.
Si les vents dépendent de la partie du sud, il gouvernera de manière à atterrir sur l'tle MuUet. Si, au contraire, ils sont de la partie nord, il dirigera sa route sur le cap Teiling ou sur la Tour-d'Achill (sic) et gouvernera en conséquence, non seulement pour mettre sous le vent h lui les points de mouillage indiqués, mais encore pour se tenir dans tous les cas au vent des bâtiments ennemis qui se trouveraient sur la côte au moment oi!k il découvrira la terre.
Dans cette position, il convient que le citoyen Bompard fasse chasser deux lieues en avant de sa division la frégate qu'il aura reconnu la meilleure voilière dans le cours de la navigation, afin qu'il soit prévenu de bonne heure de la présence de l'ennemi et qu'il puisse manœuvrer en conséquence.
Pendant sa traversée, quelqu'ordre de marche qu'il observe, il aura soin que sa division occupe le moins d'espace possible, et il ne détachera de bâtiment chasseur qu'autant qu'il le jugera nécessaire pour la sûreté de sa navigation. Dans ce dernier cas, les chasseurs ne pourront se dispenser de rallier avant la nuit. Il ordonnera à tous les capitaines de sa division à tenir rigoureusement la main à ce que tous les feux soient éteints immédiatement après le souper de l'équipage, et à ce qu'il n'y ait aucun fanal ou feu autre que celui de l'habitacle, dans la chambre des officiers ou partout ailleurs. Il exigera, en conséquence, que les officiers s'astreignent à deux repas, qui auront lieu : le premier, de 9 heures à 10 heures, et le second, de 4 heures à 5 heures. Il fera, au surplus, la route la plus prompte possible; il ne visitera aucun bâtiment, ne fera aucune prise, et il évitera tout combat, même contre des forces égaies ou inférieures.
Lorsqu'il sera en vue des côtes d'Irlande, il arrêtera les bateaux-pilotes ou les pécheurs qu'il pourra rencontrer. Il interrogera les maîtres ou patrons sur le nombre, l'espèce et la position des bâtiments de guerre que les Anglais entretiennent dans ces mers ainsi que sur les forces militaires et la situation respective des Irlandais-Unis et des royalistes dans cette partie de l'Irlande. Il aura soin d'interroger ces individus séparément, en présence du général Hardy, seul, afin de découvrir la vérité en composant les diverses dépositions.
Le citoyen Bompard gardera à son bord les équipages des embarcations qu'il aura arrêtées, et il fera embarquer sur les autres bâtiments de sa division un ou plusieurs pilotes pour entrer dans la baie où la descente doit s'effectuer ; il
les traitera et les fera traiter avec bienveillance par les officiers sous ses ordres, et leur donnera une petite gratification pour les récompenser des soins qu'ils auront pris à piloter les bâtiments.
Si, d'après les renseignements que le citoyen Bompard aura recueillis, il était fondé à croire qu'il y ait du danger soit pour ses bâtiments soit pour les troupes à pénétrer dans la baie de Killisbeg ou dans une autre de celles qui lui sont indiquées par les présentes instructions, il choisira, de concert avec le général Hardy, un autre point pour y débarquer. L'intention très expresse du Directoire étant que les troupes et les munitions "soient mises à terre dans un port quelconque d'Irlande, le citoyen Bompard doit épuiser tous les moyens qui dépendent de lui pour remplir cet important objet.
II se concertera d'avance avec le général Hardy siur les mesures à prendre pour effectuer le débarquement avec ordre et célérité, de manière à ne rester sur la côte que pendant le temps strictement nécessaire pour cette opération. Et, comme il se pourrait que, pendant la descente ou immédiatement après, des vaisseaux anglais viennent l'attaquer, le citoyen Bompard aura l'attention de faire mouiller ses bâtiments dans im lieu où il eût la possibilité de s'embosser.
Si, malgré les dispositions qu'il aurait prises et la défense vigoureuse qu'il aurait opposée à l'ennemi, il était tellement écrasé par le nombre qu'il ne fût pas en son pouvoir de conserver ses bâtiments, il les incendierait plutôt que de les livrer h l'ennemi, après avoir fait descendre à terre les troupes et les équipages avec les armes et les munitions qu'ils pourraient emporter, et les marins réunis aux soldats suivraient les drapeaux du général Hardy.
Si, comme il y a lieu de l'espérer, le citoyen Bompard échappe â la sm-veillance de l'ennemi, s'il opère son débarquement sans être inquiété, il ne perdra pas un moment pour effectuer son retour à Brest, ou Lorient. Il pourra, dans cette seconde traversée, visiter les bâtiments qu'il rencontrera, pourvu néanmoins que sa marche n'en soit pas sensiblement retardée, et, s'il fait quelques prises et qu'elles ne soient pas d'une très grande valeur, il les coulera bas ou les brûlera. Les parages dans lesquels il doit naviguer sont trop fréquentés par
l'ennemi pour qu'on puisse hasarder d'expédier sans escorte des bâtiments ,
ou, s'il les convoyait, il courrait risque de compromettre sa division.
Le chef de division Savary, commandant les trois frégates qui doivent
appareiller de Rochefort, est prévenu qu'il sera expédié du port de Brest une division en Irlande. 11 est enjoint à cet officier, dans le cas d'une rencontre pendant sa première traversée, de se rallier au pavillon du citoyen Bompard ; et, s'il ne le rencontrait qu'à son retour, il lui rendrait compte des moyens qu'il aurait employés pour effectuer son débarquement et des renseignements qu'il aurait recueillis sur la situation de l'Irlande et les mouvements des forces
anglaises Le citoyen Bompard ne perdra pas de vue qu'il doit toujours se
concerter avec le général Hardy dans les circonstances difficiles où il s'agirait moins de la conduite des bâtiments en particulier que de l'objet général de l'expédition
Comme pour le corps de Humbert, le manque d'argent et de ressources se fît cruellement sentir.
Le 1*^' août, Hardy écrivait au Ministre de la marine (1) :
Vous me pressez de partir, je le désire autant que tous. Le gouvernement a certainement à cœur que Texpédition réussisse, mais il n*en a pas encore donné les moyens. La Trésorerie nationale ne remplit pas les promesses qu'elle m*a faites ayant mon départ de Paris. L'ordonnance de 135,000 francs que le Directoire avait à ma disposition devait me précéder à Brest. Le payeur de la
13* division n'en a pas même reçu avis La flotte est prête à mettre à la
Toile, ce qui reste à embarquer peut l'être en une matinée, mais ce qu'on a fait pour l'équipage et pour l'état-major ne suffit pas. Il est indispensable que TOUS accordiez encore un mois de solde d'avance. La majeure partie de mes troupes, embarquées depuis vingt jours, a dépensé les deux tiers de ce qu'elle a reçu. Il ne reste plus rien à la marine pour faire de nouveaux approvisionnements et nourrir les passagers J'ai passé les troupes en revue. Je les ai
trouvées dans un état de nudité qui fait pitié. 11 ne reste pas une guenille
dans les magasins de Brest Je devais trouver 2,000 habits d'uniforme,
des gibernes, des armes, pour les transporter en Irlande ; je ne sais si le département de la guerre a donné des ordres, mais il n'y a rien de tout cela à Brest. C'est encore la marine qui a bien voulu me prêter 500 briquets pour armer les sous-officiers et les grenadiers. La cavalerie que j'emmène devait se trouTcr à Guingamp; elle est encore à Nantes et ne pourra être à Brest aTant huit jours. Je dcTais aToir 200 canonniers, je n'en trouve pas 100, tant à pied qu'à cheval. Enfin le commissaire des guerres et ses administrateurs ne sont pas arrivés
Mais tout cela fut assez vite réparé.
Les quelques canonniers qui manquaient furent bientôt fournis.
Le général Macors, commandant l'artillerie de l'aile gauche de l'armée d'Angleterre au Ministre,
4 août.
J'ai reçu votre lettre du 24 de ce mois, par laquelle vous m'enjoignez, d'après la demande du Ministre de la marine, de compléter à 200 le nombre des canonniers destinés à l'expédition de Brest
Canonniers embarqués :
Demi-compagnie n* 9 du 4* d'artillerie à pied 45
— n'>3du5« — achevai 38
Le reste de la compagnie n*' 9 du 4^ à pied 24
— nos — 58
— n« 1 du 5* à cheval 39
— n* 3 du même régiment 8
Total 212
(1) (Correspondanco du général Hardy, Revue des Deux Mondes, 1** septembre 1900).
Le matériel était au complet. 8 canons de campagne et 3 obusiers étaient & bord.
Le 5 août, rembarquement des troupes commença (1). Le commandant en second était le 'général Ménage.
État de répartition des troupes (Commissaire Millet.)
18 thermidor (5 aoAt).
ÉUt-maior.
!•' bat. de la 81« oomp.
Boehe. « . ^ 1/2 hauards
Artillerie
2* ho»Mrds
IEtat-maior S:V±£:.':.'-.'::
4« ré;. d*arUUene. . . .
Régiment Lamonreux.
Î État-major 81« 1/2 brig., l«r bat.