‹ 1793-1805 (volume 2)Chapitre 21 sur 62 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LE LOUGH-SWILLY

C'est le 12 septembre seulement que le gouvernement avait reçu les premières nouvelles positives de Theureux débarquement en Irlande du général Humbert.

Muller au Ministre.

' 10 septembre.

Les drapeaux de la grande nation flottent en Irlande et l'instant de la

réunion des républicains aux Irlandais-Unis a été le signal de la TÎctoire.

Les troupes parties le 19 thermidor ont débarqué en trois heures

à la baie de Killala

Le général Humbert, prévenu par les habitants, a détaché aussitôt une compagnie de grenadiers, sous les ordres de l'adjudant général Sarrazin, pour s'emparer de Killala, yille à 5 milles de Kilmaine, ce qui a été exécuté avec la plus grande valeur. La garnison a été chassée, 2 ennemis tués et 30 faits prisonniers.

Un second engagement a eu lieu le même jour et 100 hommes de troupes anglaises ont été tués, blessés, ou faits prisonniers.

Les trois frégates rentrées dans la rivière de Bordeaux annoncent qu'au moment de leur départ d'Irlande, il devait y avoir une action entre nos troupes et une division ennemie de 400 hommes, embusqués pour s'opposer à leur passage : le général Humbert avait pris des mesiures pour les battre complètement.

Les braves Irlandais ont reçu nos troupes avec le plus grand enthousiasme. Les charrettes pour les transports ont été fournies avant d'avoir été demandées, une quantité de beaux chevaux ont été fournis à l'armée, 1500 Irlandais d'élite s'étaient déjà réunis à nos troupes ; on leur a délivré des uniformes et ils ont été formés en compagnies.

Le commandant Savary était^ en effet, parti de Killala dès-

le 23 août au soir. Malgré les instances de Humbert, qui voulait le retenir assez longtemps pour envoyer en France le plus de nouvelles possible, il s'était cru en danger et avait mis à la voile (1).

A la fois par suite du gros temps et par la crainte très justifiée de rencontrer les Anglais en forces supérieures, le commandant Savary avait dû s'éloigner jusque vers le 57« degré de latitude nord. Là, il avait été pris par des brumes épaisses et sa navigation de retour avait été très lente. Le 9 septembre seulement, il mouilla dans les passes de la Gironde, près de Roy an.

Sans perdre de temps, le Directoire conçut un nouveau projet.

Puisque Bompard continuait à être bloqué à Brest, Savary allait repartir de Royan avec un corps de troupes égal à celui qu'il avait déjà et si heureusement conduit en Irlande. De nouvelles instructions furent immédiatement envoyées.

Le Ministre de la marine à Savary,

27 fruetiâor (13 septembre}.

J'ai appris a^ec le plus grand plaisir TarriTée en rifière de Bordeaux de la

division sous yos ordres; le Directoire a entendu a^ec beaucoup d'intérêt

les détails de Totre nayigation et m'a chargé de tous témoigner combien

il est satisfait de Totre conduite.

Le Directoire croit ne pouvoir mieux tous récompenser qu'en tous offrant une nouvelle occasion de tous distinguer. M faut que tous tous rendiez une seconde fois en Irlande et que tous portiez au général Humbert un renfort dont il a un pressant besoin. Des ordres sont donnés par le Ministre de la guerre de faire filer sur-le-champ des troupes à Royan. De mon côté, je prescris aux administrateurs de la marine à Bordeaux de tous fournir des TiTres, de la poudre de guerre et tous les effets d'artillerie qui peuvent exister dans ce

port il est très important que cette seconde expédition s'effectue sans

retard et que tous puissiez profiter de l'absence des ennemis que le coup de Tent de Téquinoxe éloignera nécessairement de nos côtes.

Je me propose de joindre à Totre division deux ou trois corsaires de marche

(1) Le général Hambert, écrit Savary le 9 septembre à l'amiral Bmix :

M'invitait à retarder mon départ jusqu'au soir du 7. Je l'aurais fait avec plaisir

mais j'étais menacé d*an coup de vent (que nous avons bien eu), qui aurait compromis la division Journal de route (Archives de la Marine, BBiy, 123;.

LE LOUGH-SWILLY. 161

supérieure, que je donne ordre de requérir pour cette campagne et sur lesquels

on embarquera des troupes. Vous pourrez tous servir a\ec avantage de ces

bâtiments pour éclairer votre marche pendant la traversée et aux atterrages.

Quant à la route que vous aurez à suivre, je n'ajouterai rien aux instructions

que je vous avais expédiées h votre première sortie Je vous observerai

néanmoins qu'il serait possible que les Anglais, craignant Tairrivée d'une nouvelle division sur le point où vous avez abordé, n'y fassent passer des forces supérieures, et, qu'ainsi, vous devrez user de tous les moyens qui seront en votre pouvoir pour connaître leur position et leurs mouvements. Je vous laisse au surplus le maître d'aborder sur un point quelconque de l'Irlande, depuis la baie de Gallway jusqu'à l'extrémité N.-O. de l'Ile, mais il serait à désirer que vous puissiez vous rapprocher de la partie où se trouve le général Humbert

En même temps, le Ministre de la guerre s'occupa de former le troisième corps expéditionnaire.

Le Ministre de la guerre au Ministre de fa marine.

27 fructidor (13 septembre).

Je vous fais part, mon cher Collègue, des dispositions dont je dépêche les ordres par un courrier extraordinaire :

Le 3* bataillon de la 70* demi-brigade, qui est aux Sables, iOO hussanis du 12*, qui sont à la Rochelle.

Sont dirigés sur Royan

2 pièces de 4 avec attirail et munitions à prendre à la Rochelle, 2,000 fusils — — A Rayonne,

1,500 — — — à Tours,

500 — — — au Port-Liberté,

2,000 habits ) __ __ tant à Rordeaux qu'à

2,000 vestes f la Rochelle,

2,000 culottes, qui peuvent être complétées à Nantes.

L'arrêté du Directoire qui met 150,000 livres à la disposition du général Humbert, n'est pas encore expédié.

n doit être prélevé sur cette solde le montant de trois mois de solde, qui

seront payés à bord aux troupes embarquées Le surplus sera remis à

Tofficier de la marine qui commandei-a l'expédition et qui le fera tenir au général Humbert

Le vice-amiral Martin, commandant d'armes à Rochefort, en fut immédiatement prévenu..

Le Ministre de la marine au vioe-amiral Martin, oommafidant des armes

à Rochefort,

28 fructidor (14 septembre).

J'ai donné ordre aux frégates commandées par le chef de division Savary de II. Il

rester au mouillage du Verdon. Le Directoire veut qu'elles soient, sans délai,

réexpédiées ayec de nouvelles troupes pour l'Irlande

Le Ministre de la guerre a expédié hier un courrier extraordinaire pour qu'on dirigeât sur-le-champ sur Royan, saToir :

Des Sables, le 3* bataillon de la 70* demi-brigade,

De Nantes, 100 hussards du 42* régiment,

De la Rochelle, 2 escouades de canonniers.

Les selles et armes des hussards doivent être transportées avec la plus

grande célérité.

2 pièces de i avec attirail et munitions viendront de la Rochelle avec

les canonniers, 2,000 fusils viendront de Rayonne, 1500 fusils, de Tours, 800 fusils, de Port-Liberté, 2,000 habits, 2,000 vestes seront à prendre tant à Bordeaux qu'à la

Rochelle et 2,000 culottes proviendront de Nantes, sinon elles seront

remplacées par des pantalons de cotonnade pris à la Rochelle

Dans le cas où les frégates auraient quitté le Verdon et seraient de retour en rade de l'Ile d'Aix, vous arrêterez les troupes à leur passage et vous arrêterez aussi, s'il est possible, les effets dirigés sur Royan.

Le Ministre de la guerre au général Muller,

15 septembre.

Comme le gouvernement attache la plus grande importance à la prompte exécution des dispositions relatives à l'expédition qui se prépare, à Royan, je vous invite à faire connaître au vice-amiral Martin, qui commande la marine à Rochefort, l'époque précise de l'arrivée k Royan du bataillon de la 70* demibrigade, du détachement de 100 hommes du 12* régiment de hussards et des deux escouades d'artillerie qui doivent se rassembler dans cette commune, conformément aux ordres que je vous ai adressés le 27 de ce mois

Le Ministre de la marine au Ministre de la guerre,

28 fractidor (14 septembre).

J'ai cru devoir charger le vice-amiral Martin, commandant la marine à Rochefort, de la réexpédition en Irlande des trois frégates actuellement mouillées au bas de la rivière de Bordeaux Je vous prie de vouloir bien donner

ordre à tous les officiers militaires ou administrateurs de correspondre avec le vice-amiral Martin, à Rochefort. ....

Page 1