‹ 1793-1805 (volume 2)Chapitre 22 sur 62 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

15 septembre.

Le Ministre ordonne que les commandants de troupes destinées à l'Irlande, tous officiers, commissaires des guerres, tous agents et préposés d'administra* tion militaire, déféreront avec célérité aux demandes qui pourront leur être

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faites par le yice-amiral Martin »oit pour les mouTements des troupes ou

pour toutes dispositions ordonnées

J'ai donné de mon côté tous les ordres pour que les troupes destinées

à être employées dans cette expédition soient rendues sous huit jours à Royan« J'ai écrit en même temps aux directeurs d'artillerie de Bayonne, de Port« Liberté et de Tours pour faire rassembler de suite 4,000 fusils à Royan, en employant des moyens extraordinaires pour leur transport indépendamment des deux pièces d'artillerie de A qui doivent être tirées de la Rochelle sous la conduite de deux escouades de canonniers, pour se rendre à Royan. J'ai donné des ordres pour faire parvenir des magasins de Bordeaux et de la Rochelle 2,000 habits complets, qui seront transportés sans délai à Royan.. •••

En même temps, Bompard et Hardy étaient avisés de Tarrivée de Humbert en Irlande et recevaient des instructions. Celles-ci contenaient une prescription nouvelle que Ton doit souligner, car son oubli causa la perte de l'expédition de Brest.

Le Ministre de la marine k Hardy,

13 septembre.

Je n'ai pas besoin de tous dire combien il est urgent que vous partiez. La position de Humbert, réduit à ses seules forces, est telle que chaque victoire contribue à l'épuiser

// est probable que Us Anglais, informés de la marche de Savary, voxa atten' dront dans les parages où il s'est présenté. Il faut donc user de la plus extrême vigilance pour connaitre leur position et leurs mouvements. Je laisse au commandant de la division toute la latitude nécessaire pour le choix de la baie où il jugera le plus convenable et le plus sûr d'entrer; je lui recommande seulement de s'approcher autant que possible de Killala, pour rendre votre jonction plus facile avec le général Humbert.

Je dois vous prévenir que le Directoire s^occupe de faire repartir le citoyen Savary avec de nouvelles troupes et je donne des ordres en conséquence. .... je suppose qu'il pourra partir environ i200 hommes

Il me tarde bien d'apprendre votre départ

En outre, le commandant de la goélette la Biche reçut une mission spéciale.

Le Ministre au citoyen Bastard (1).

27 (raetiâor (15 septembre).

La confiance que j'ai dans vos talents, me détermine à vous charger d'une mission qui exige de l'activité, de la prudence et du dévouement.

(1) Mission de la Biche (goélette), commandée par le citoyen Bastard, lieutenant de vaisseaa.

Il s'agit d'aller prendre sur. la côte N.-O. d'Irlande des informations sur la situation politique de cette île et particulièrement sur la situation de l'armée républicaine commandée par le général Humbert. . En conséquence, tous appareillerez de la rade de Brest aussitôt que les vents

vous le permettront, tous manœuvrerez de façon à éviter les Anglais

La petitesse et le peu de tirant d'eau de votre bâtiment tous donneront la

facilité de longer la terre et de trouver un refuge sous les batteries Vous

dirigerez votre route de manière à doubler la pointe S.-O. de l'Irlande à 30 ou 40 lieues au large vous dirigerez votre marche de manière à reconnaître la terre, en ayant soin d'atterrer de préférence sur l'île Mullet H

m'importe peu que vous alliez à un mouillage ou que vous restiez sous voiles, pourvu que vous ayez des renseignements précis sur ce qui se passe en Irlande et que vous puissiez écrire ou faire dire au général Humbert que le Directoire s'occupe sans relâche de lui envoyer des renforts et des secours de tous genres et que plusieurs fortes divisions s'arment à cet effet.

Il m'est difficile de vous prescrire la route que voiw devez suivre pour

votre retour : je crois cependant qu'il y aura pour vous plus de sûreté en venant chercher la latitude de Bordeaux pour entrer dans cette rivière ou filer

par les Perthuis jusqu'à Rochefort Si vous étiez forcé de vous rendre,

vous jetteriez à la mer les présentes instructions.

Cette mission ne devait pas être remplie.

Avant l'arrivée des ordres du Ministre, Bompard était parti de Brest, emmenant avec lui la Biche.

Le vent ayant passé à Touest à partir du 9 septembre, la division avait été mouiller à Camaret. Les Anglais ayant presque complètement disparu, Bompard sortit le 16 par le Raz (1).

30 fructidor (6 septembre).

Je donne l'ordre de mettre sous voiles, on a signalé un seul vaisseau dans le sud de Ouessant. En conséquence, je passerai par le Raz avec lèvent de N.-O. et je compte courir dans le sud jusque par le travers de Penmark. Le mécontentement de mon épuipage, occasionné parce qu'ils manquent de tout et qu'ils n'ont pas reçu d'avances (2), a occasionné ce matin une révolte. Plusieurs officiers ont été blessés et pris au collet. J'ai dissipé le cercle & coups de sabre et en ai fait mettre quatre aux fers, qui vont être jugés suivant les lois. Je puis vous assurer que je suis très mal armé et que tous les marins sont rebutés, au point qu'hier, ayant mis à la voile pour prendre le mouillage, je me suis aperçu que mon petit màt de hune était craqué et qu'ayant fallu (sic) le changer, il a fallu pour cette opération vingt et une heures

(1) Lettre de Bompard da 24 septembre, (t) On avait promis quinze joars de solde.

LE LOUGH-SWILLY, 165

Lettre du Commandant des armes de Brest au Ministre de la marine.

!•' compU^mentaire (17 septembre).

Bompard fut mouiller à Gamaret, où les calmes Tout retenu jusqu'à hier 30, qu'il a mis sous Toiles à 3 h 3/4 du soir avec joli frais de vent du N. au N.- N.-O. Je le suppose avoir passé par le Raz et n'avoir pas été aperçu par l'ennemi, qui depuis plusieurs jours n'a pas été signalé.

Hier, dans la journée, Ouessant nous signale deux bâtiments dans le N., qui n'ont sûrement eu aucune connaissance de la division. Le citoyen Bompard, avant de mettre à la voile, avait eu soin de se faire éclairer dans l'ouest de

riroise parla corvette la Tactique, qu'on lui avait donnée h cet effet

Pendant la nuit dernière, le vent petit frais du N. au N.-N.-O. Aujourd'hui,

brume épaisse, ce qui est avantageux Aucun bâtiment de la rade de

Brest et environs ne sortira avant cinq jours Les vaisseaux Mont-Blanc,

Watigny, la frégate Précieuse et 4 corvettes vont se rendre à leur station

(le mouillage extérieur), où ils resteront deux ou trois jours, comme vous l'ordonnez.

Voici, diaprés les journaux de bord conservés au ministère de la marine, le résumé de cette désastreuse expédition.

Le 16 septembre, à 4 heujpesrdu soir, la division Bompard mit à la voile, se forma en trois colonnes, puis, à 11 h. 1/2, eHe donna dans le Raz.

Le 17, à 5 h. 1/2 du matin, on aperçut à moins d'une lieue trois navires ennemis dont deux frégates et un brick ; ceux-ci, tout en se maintenant à bonne distance, suivirent jusqu'au soir la division française, qui faisait route au sud-ouest.

Le 18 au matin, la chasse reprit, mais, dans la journée, un des navires anglais vira de bord et s'éloigna au nord. Il devait aller avertir l'escadre anglaise qui bloquait Brest et cet avis, rapidement et habilement utilisé, devait causer la perte de l'expédition française. Les deux autres navires, VAnsony de 44 canons, et YEthalion^ de 38, suivirent avec acharnement jusqu'au 3 octobre les divisions de Bompard. Vainement celui-ci essaya-t-il pendant la nuit du 26 au 27 septembre de virer de bord à la faveur de Tobscurité pour atteindre et combattre les frégates ennemies, le gros temps l'empêcha de réussir cette manœuvre. Echappé un moment dans la nuit du 24 au 25 à cette chasse persistante, ce fut pour tomber au jour sur un grand convoi anglais, qui le signala de nouveau à ses poursuivants obstinés.

Le détour fait pour dépister VAnson et VEthalion avait été tel que ces deux navires eurent le temps de rejoindre rirlande avant l'arrivée de Bompard et figurèrent parmi ceux qui raccablèrent(l).

Rapport du capitaine de frégate Ijt Couture, commandant /a frégate

la i< Sémillante ».

5 brumaire (26 octobre).

Le 1*' complémentaire, à 5 h. i/2 du matin, nous aperçûmes trois bâtiments ennemis à la distance d'entiron une lieue. L'un d'eux se détacha, faisant route au N.-N.-O. et tirant des coups de canon de distance en distance. Le Taisseau le Hoche serra le vent le long de la côte et deux des b&timents ennemis dont une frégate et un brick firent notre même route. Dans la nuit, étant par le traders de l'Ile de Groix, nous eûmes connaissance d'un .3* bâtiment et, au point du jour, nous le Times joint aux deux autres.

Le 2* complémentaire, à 8 heures du matin, la diTision fit route pour le large et les trois bâtiments ennemis nous imitèrent, tirant toujours de temps en temps des coups de canon. Ils nous suivirent et nous observèrent constamment jusqu'à la nuit du 3 au 4 vendémiaire dernier.

Le 4 dudit mois, à 6 h. .3/4 du matin, faisant route à TO.-N.-O., nous Times devant nous un convoi considérable courant au S.-O. Aussitôt, le commandant tint le vent, ainsi que toute la division. A midi, nous perdîmes de vue ce convoi, mais nous retrouvâmes les trois bâtiments ennemis que la brume, sans doute, nous avait cachés jusqu'alors.

Enfin, dans la nuit du 13 au 14 vendémiaire, le citoyen Bompard ayant fait faire plusieurs fausses routes à la division, parvint par là à s'en débarrasser, ce à quoi on n'avait pu réussir par les diverses chasses qu'on leur avait appuyées à cet effet et dans l'une desquelles le vaisseau le Hoche cassa son grand mât de hune, qu'il fut obligé de changer en leur présence.

Depuis cette époque, nous continuâmes à naviguer ensemble et en ordre, jusqu'à la nuit du 16 au 17 qu'une brume très épaisse et différentes manœuvres que fit la division occasionnèrent la séparation des frégates Y Immortalité et la Romaine, qui ne nous rallièrent que le 19, à 2 heures de l'après-midi.

Les navires anglais prévenus à temps furent donc disposés pour attaquer Bompard dès son apparition au N.-O. de rirlande.

« A la première nouvelle du départ de Brest, le 17 sep- « tembre, d'une expédition ayant des troupes à bord, le

(1) Le tableau d-joint des points relevés chaque jour montre bien l'immensité du détour fait^ malheureusement en pure perte.

LE LOUGH-SWILLY.

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Journal de route de la « Romaine ».

Date.

Points.

Lat.

Long.

Date.

Points.

Lat.

Long.

complém'*

sept.

▼endôm'*

sept.

l^'OCt.

JO

vendém»*

(1) Chasse par 3 pnis 8 narires anglais.

(2) Éebappé k la chasse des 8 naTtres anglais,

(3) Rencontre d'un convoi ; reprise de la chasse par les 3 navires anglais.

(4) Fin de la chasse des 3 bAtiments anglais.

(5) Rencontre de Tennemi.

(6) Combat.

« Commodore sir John Borlase Warren, sur le vaisseau de 74 « le Canada^ avec le Foudroyant de 80, le Robert de 74, la « frégate de 44 la Magnanime^ était parti de la baie de « Cawsand. Il avait été joint au large de la pointe Achill « Head, le 10 octobre, par les frégates Melampus et Dom, « cette dernière envoyée en observation vers l'île de Tory, «( puis par V Amélie et enfin, le il au matin, par VAnson et « VEthalion^ revenus de leur poursuite (1). »

Quant au commandant Bompard, lorsque, le 3 au soir, il avait réussi à échapper à ces deux navires, il se trouvait par 52H3 de latitude N. et 17<'de longitude; c'est-à-dire à hauteur de Tembouchure du Shannon. // ne pouvait plus dissimuler que son objectif fût V Irlande, Or, jusqu'au 6, il continua à courir au N.-N.-O. et au N.-O., s'éloignant sensiblement à Touest de la côte puisqu'il parvint, le 5, jusqu'à 19^50 de longitude. Ce détour donna le temps au commodore Warren de remonter jusqu'au N.-O. de l'Irlande, vers l'île de Tory. Aussi, lorsque, le 10 octobre à midi, Bompard, cinglant au S.-S.-E., parvint dans ces parages, il trouva devant lui les huit navires ennemis.

Il n'avait pas été éclairé, malgré les recommandations de l'amiral Bruix, et, vu par l'ennemi en même temps que la frégate \ Immortalité qui le précédait à courte distance, il dut prendre chasse au plus près, dans l'E. 1/4 N.-E.

Les combats qui suivirent ont été rapportés en grand détail par plusieurs auteurs. Les documents qui s'y rapportent sont d'ailleurs fort nombreux. Celui qui paraît le mieux résumer les événements est le rapport de Bompard.

Procès verbal de prise du « Hoche ».

Le 20 -vendémiaire (10 octobre), à midi, Tent N.. et N.-N.-E. grand frais, mer très grosse, cinglant au S.-S.-E. par 55® i' lat. N. et 10® 53' long. occ. Signalé devant nous S.-S.-E. 8 bâtiments à 3 mâts, fait signal de ralliement et tenu le vent amures à bâbord, cap E -1/4-N.-E.

A 2 heures, cassé le grand màt de hune et crevé la grand'voile.

A 4 h. 30, Tennemi derrière et sous le vent dans le S.-0.-I/4-S. Signalé de prendre les amures à tribord à 8 heures. Le vent tournant au N.-N.-O., impos-

(1) James, Naval History.

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