LE L0U0H-3WILLY
sible de fnire ce virage snns retomber sur l'ennemi. Ordre à In Rétoliie, qui fait beaucoup d'eau, d'amter pour fnire fiiu«se roule et fuux signaux. Gouverné toute In nuit au N.-E. par vent de N.-N.-O. La Béioltu n'a arrivé que d'une lieue et a fait route parallèle en lançant des fusées qui repèrent l'ennemi. . Le 11 octobre, à 5 heure», l'ennemi est tout proche.
Au jour, le vent calme, mer houleuse, terre sous le vont; nous sommes entourés par In division anglaise. Signalé ralliement.
Positions de lu Hotte trui(aise (d'après les dessins de Bomptrd).
6 h. ,10, étant N. et S. du lac Swilly, laissé arriver pour en tenter l'entrée. Signal de former l'ordre de fi-ont et de se préparer à mouiller « mais il n'a eiisté que dix minutes » (li>).
L'ennemi s'est approché, à grande portée, VlmmoTtaliU formant de voiles et doublant par tribord h ouvert le feu sans ordre et est venu masquer le Huclu, ainsi que les autres frégates péle-raèle. A 7 h. 1/2, joint par le Robuste et le Magnanime, commencé le combat par tribord, puis, l'ennemi étant revenu,
par bâbord. A iO heures, complètement entouré par le Robuste^ le Magnanime, le Foudroyant, VEmmeline, puis le Canada, le Hoche étant totalement
dégréé 10 pièces de canon démontées dans la batterie de 36, 6 dans celle
de 18 et 10 sur les gaillards, avec 2 caronades sur la dunette, ne pouvant plus gouverner « dut amener son pavillon » avec 5 pieds d'eau dans la cale et 9 pouces dans la batterie de 36; 46 tués et 47 blessés (i).
Quant à VEmbuscade et à la Coquille, elles se rendirent, Tune à midi 1/4, l'autre à H h. 5. La première avait 6 pieds d'eau dans sa cale et 20 hommes hors de combat dont 4 morts, la seconde avait 4 pieds 1/2 d'eau, H tués et 27 blessés (2).
Le capitaine Bergevin, commandant la Romaine, donna alors le signal de retraite pour les frégates Romaine, Résolue, Loire, Immortalité, Fraternité et Rellone. Cette dernière, après avoir échappé, au prix de graves avaries, aux vaisseaux Melampus et Foudroyant, fut complètement dégréée par VEthalion et amena son pavillon à 4 heures. D'après le procès- verbal de prise de cette frégate, elle avait à ce moment 5 pieds d'eau dans les fonds, 20 blessés et 10 tués.
Le lendemain, le Melampus^ en se rendant à la baie de Saint-John, y trouva la Résolue et V Immortalité. La seconde de ces frégates s'échappa « sans tirer un coup de canon », dit l'historien anglais W. James; la première, écrasée par l'artillerie du vaisseau anglais, se rendit après une courte poursuite.
La Loire avait réussi à s'échapper, mais le 23, à 8 heures du matin, se trouvant au large de la baie de Black-Cow, elle fut aperçue des frégates anglaises Révolutionnaire et Mermaid qui croisaient dans ces parages avec le brick Kanguroo, portant 16 caronades de 32. Ces deux derniers bâtiments lui donnèrent la chasse toute la journée du 15, et le 16 jusqu'à 3 heures du soir. A ce moment, le Kanguroo, s'étant approché de la Loire, en fut vite si maltraité qu'Û dut battre en retraite. La Mermaid conivùMtL seule la poursuite toute la nuit et, le 17
(1) D'après la comparaison des hommes recueillis et des rôles, il restait du Hoche 104t hommes de 1189 embarqués à Brest, soit : 147 tués ou morts de leurs blessures, 35 blessés, 20 blessés légèrement. Total : 202 hommes hors de combat.
(2) Procès-verbaux de la prise de VEmbuscade et de la Coquille (Archives de la Marine, BBi\ 123).
LE LOUGH-SWILLY. 171
au jour, le capitaine Second, commandant la Loire, accepta résolument le combat. Après une lutte acharnée, la Mermaid, ayant perdu 3 tués et 13 blessés, son gréement haché, 2 pièces démontées, dut se retirer et se réfugier à grand'peine à Lough SwiUy (1).
Mais le brave capitaine Second n'avait échappé à ses deux adversaires que pour en rencontrer un troisième plus redoutable encore. « Le 18 au matin, il se trouva inopinément dans les eaux d'un vaisseau qui dépassait en force le double de la Mennaid, (1) » C'était le vaisseau rasé Anson, bientôt rejoint par le Kanguroo dont Tartillerie abattit tout ce qui restait de la mâture, et avec eUe a le pavillon, qui ne fut pas amené ». La Loire se rendit, ayant livré quatre combats en six jours, ayant 6 pieds d'eau dans la cale et tous ses canons démontés, sauf S (2).
Enfin, le 20 octobre, à 8 heures du matin, par 48® de latitude nord et 7® de longitude (méridien de Greenwich), 17mmortalité rencontra la frégate Fishguardy de 38 canons. Après une courte chasse, le combat s'engagea bord à bord et bientôt le navire français, criblé de boulets, avait 6 pieds d'eau dans sa cale. Mais son brave équipage lutta jusqu'à 3 heures du soir. A ce moment, près de sombrer, le capitaine Legrand, le général Mesnage et 100 hommes ayant été tués, le second du bord, le capitaine de frégate Audouart (3) amena son pavillon.
Restaient la Romaine, la Sémillante et la goélette la Biche qui rentrèrent à Brest et à Lorient les 20 et 21 octobre.
L'infortuné Wolf Tone avait été pris avec Bompard. Trahi par un de ses anciens condisciples, il fut reconnu sous l'uniforme français et condanmé à mort, se tua pour éviter la pendaison, n'ayant pu même obtenir d'être fusillé. Les instances du général Hardy n'avaient pu lui obtenir le traitement d'un belligérant.
(1) W. James, Naval History.
(t) Rapport très élogieux da chef de division d'Âugier, 12 germinal an vu et lettre du commandant da Kanguroo.
(3) Il fat aeqaitté avec éloges le 1*' ventôse an vu.