CHAPITRE Vm
Nous avons laissé le chef de division Savary au moment où, mouillé en Gironde, le gouvernement lui expédiait Tordre de repartir pour l'Irlande avec de nouvelles troupes.
Ces ordres ne devaient plus trouver Savary à Roy an, car il avait déjà mis à la voile pour rentrer à Rochefort.
Savary à Marine,
20 septembre.
C'est sous toutes voiles et dans les passes de la rivière de Bordeaux que j'ai reçu Totre dépêche du 27 dernier. Les vents étant de la partie, de FE.-S.-E. au S.-E., la division pouvait courir quelque danger en retournant au mouillage du Verdon. J'ai donc continué ma route pour l'ile d'Àix où, sous tous les rapports, la division est mieux pour la nouvelle expédition que vous ordonnez, pouvant y faire en huit jours ce que l'on n'aurait pu faire dans un mois dans la rivière de Bordeaux.
Je suis très sensible à la nouvelle preuve de confiance que le Directoire et vous me donnez, mais c'est me traiter en jeune homme que de me faire faire de suite une seconde campagne aussi fatigante pour un chef surtout, lorsqu'il a bien le désir de remplir sa mission. N'importe, et quoique j'aie tout i\ l'heure 42 ans de services, vous ne devez pas moins compter sur mon zèle
Je vous prie de joindre à la division que je commande la frégate la Charente qui est toute armée. Quatre seront plus fortes que trois. Je puis vous assurer, en outre, que 1100 hommes sont trop pour être embarqués sur trois frégates.
Veuillez y joindre encore le lougre le Renard pour porter des ordres
lorsqu'on ne veut' pas faire des signaux, mais surtout pour l'atterrissage sur la côte d'Irlande.
Fort heureusement, le général Muller, commandant la
i74 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VIII.
12* division, avait pris les dispositions que nécessitait cette nouvelle situation.
Muller au Ministre,
19 septembre.
Votre lettre m'est parvenue ce matin et aussitôt Tordre a été donné au
3* bataillon de la 70* de partir des Sables pour arriver à la Rochelle le
7* jour complémentaire Le détachement de 100 hussards arrivera ici le
5' jour complémentaire. Quoique choisi sur le peu qui reste de ce corps il y en a néanmoins sur ce nombre à peu près la moitié d'atteints du mal vénérien, que je serai peut-être forcé de remplacer par des chasseurs k cheval du 3*. Je joindrai à ce détachement et au 3* bataillon de la 70* deux escouades de canonniers avec deux pièces de 4 et tout Tattirail nécessaire.
Lorsque vous avez ordonné de faire cette seconde expédition à Royan, vous ne saviez pas que les trois frégates sous les ordres du chef de division Savary étaient à File d'Aix. Je me suis concerté de vive voix à ce sujet avec le viceamiral Martin. Il a été reconnu que pour la célérité de l'expédition, tant pour l'embarquement que pour la mise en mer, cette expédition se ferait ici comme
la première Voilà deux bataillons et de forts détachements de cavalerie
et d'artillerie de moins dans la 12* division, où la première réquisition et la conscription causent quelques alarmes. Il faut des troupes de ligne, les gardes nationales sédentaires ne convenant pas. Si vous ne pouvez pas en fournir, renvoyez au moins les quatre compagnies de la 70* qui sont à Périgueux
De son côté, le gouvernement français, encouragé par la nouvelle de Theureuse arrivée en Irlande du corps de Humbert, redoublait d'efforts pour lui envoyer du secours.
C'est ainsi que Bruix écrivit, le 18 septembre, au général Hatry, à la Haye (1).
Il est important qu'il (Humbert) reçoive des renforts et que des
troupes, des armes et des munitions de guerre lui parviennent simultanément
des ports bataves et de ceux de la République Je dois vous prévenir que
les Anglais entretiennent sur la côte N.-O. de l'Irlande, et principalement dans les parages de Sligo et de Killala, une division composée d'un vaisseau et de quelques frégates. Les commandants bataves devront, en conséquence, atterrer {sic) avec les plus grandes précautions; peut-être même conviendrait-il qu'ils donnassent dans la baie de Gallway, où l'ennemi ne s'attend pas qu'on puisse
opérer une descente Je pense que les deux frégates bataves auraient moins
de risque à courir si elles effectuaient leur débarquement dans la partie N.-E. de l'Irlande, oîi je ne sache pas qu'il y ait de division ennemie, où il se trouve plusieurs baies faciles et où d'ailleurs j'ai de fortes raisons de croire que les
(1) Archives de la Marine, BBi\ l2t.
troupes de débarquement seraient bien accueillies. Cependant, il ne faut pas perdre de Tue qu'il serait essentiel que ces troupes débarquassent sur un point d'où U leur serait facile de se rallier à celles du général Humbert.
Le chef de bataillon Michel, commandant les troupes à bord des frégates la Furie et la Surveillante ^ ayant eu l'idée de faire débarquer ostensiblement les soldats pour faire croire aux Anglais que l'expédition du Texel était abandonnée, le Ministre de la guerre, après avoir fait part au Directoire de ce stratagème singulier, en approuva la tentative.
Rapport au Directoire exécutif fait par le Ministre de la guerre le 29 fructidor an VI de la République française une et indivisible,
15 septembre 1708.
Citoyens Directeurs,
J*ai eu Thonneur de tous rendre compte, le 15 thermidor dernier, que, conformément à Tos instructions, un détachement de 170 hommes de troupes françaises sous les ordres du commandant de bataillon Michel, et un pareil nombre de troupes bataves, avaient été embarquées sur les frégates hollandaises la Furie et la Vigilance et n'attendaient qu'un vent favorable pour se rendre sur les c^tes d'Irlande.
Le général Hatry, commandant en chef les troupes françaises dans la République batave, vient de me marquer que ces deux frégates sont encore dans la rade du Texel, attendu que les Anglais, qui croisent continuellement dans ces parages, les ont empêchées de se mettre en route, mais il ajoute que le citoyen Michel, commandant les troupes de débarquement, leur a proposé un stratagème qui, k ce qu'il pense, pourrait réussir; c'est de faire courir le bruit que cette expédition n'aura pas lieu, débarquer les troupes dans l'île du Texel, louer des b&timents marchands qui paraîtraient transporter du bord des frégates les objets qui avaient été embarqués, et profiter du moment de l'équinoxe, qui est prochain, pour exécuter sa mission ; comme il ne faut que peu d'heures pour rembarquer et que dans ce moment il est impossible de sortir^ le Texel étant hermétiquement bloqué, le général Hatry en a fait la proposition au Ministre de la marine batave, qui a adopté ce projet.
Ces frégates portent 6,000 fusils et 2 pièces de canon.
Ce général m'observe, au surplus, que tous les papiers publics annoncent que les troubles d'Irlande s'apaisent. Quoi qu'il en soit, veuillez je vous prie. Citoyens Directeurs, me faire connaître vos intentions à cet égard.
Salut et respect.
176 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Vni.
Le Ministre de la guerre au général Hatry, commandant en chef les troupes françaises dans la République française, à la Haye.
Paris, le 3* Jour complémentaire an vi (10 septembre 1798).
Par la lettre que yous m'avez adressée le ^ fructidor dernier, tous m'avez informé, Citoyen Général, que les deux frégates de la République batave, la Furie et la Vigilancey destinées à une expédition secrète et portant 340 hommes de troupes de débarquement, se trouvaient encore dans la rade du Texel, attendu que les Anglais la tiennent hermétiquement bloquée; mais que le commandant de bataillon Michel vous a proposé un stratagème qui j)ourra réussir et que vous en aviez fait la proposition au Ministre de la marine batave qui Ta adoptée.
Vous êtes sans doute informé. Citoyen Général, du succès que les troupes françaises, débarquées en Irlande, ont eu sur les soldats anglais; vous sentez, d'après cet état de choses, combien les renforts destinés à secourir les Irlandais sont nécessaires; je ne puis donc que vous inviter à employer tous les moyens que vou^ croirez convenables pour tromper la vigilance de nos ennemis et faire réussir cette entreprise à laquelle le gouvernement français attache In plus grande importance.
L'approche de l'équinoxe facilitera d'ailleurs la sortie de ces frégates et il est urgent de profiter de cette saison pour porter avec sûreté et rapidité les secours en tout genre destinés pour l'Irlande.
Je me repose sur vos soins. Citoyen Général, pour la ponctuelle exécution de cette disposition qui est conforme aux intentions du Directoire exécutif et h me tenir exactement informé du départ de ces frégates, ainsi que des mesures que vous aurez prises à cet égard en m'accusant la réception de cette lettre.
Salut.
D'autre part, le général Kilmaine avait soumis au Directoire un nouveau projet de descente dont le défaut principal était d'être trop tardif.
Kilmaine, général en chef, au Président du Directoire exécutif.
An quartier général de Rouen, le 2* jonr complémentaire. Tan vi de la République française, une et indivisible (1).
Citoven Président,
En pensant à l'événement malheureux qui a eu lieu dans la Méditerranée, ma première idée après l'impression douloureuse que cet événement a dû natu-
(1) Armée d'Angleterre.
rcllement me causer, a été de chercher les moyens de le réparer; c'est surtout en se hâtant et ayant que Tcscadre anglaise ait eu le temps de se remettre de ses avaries et soit sortie de la Méditerranée (où deux ou trois vaisseaux de ligne et quelques frégates suffisent pour intercepter désormais toutes nos communications) pour renforcer la flotte de Kingsmill sur les côtes dlrlande ; c'est en envoyant dans cette lie assez de forces pour Taider à résister efûcacement à l'Angleterre et à assurer son indépendance, que nous diminuerons de moitié rimmense prépondérance de la marine anglaise, et que nous augmenterons la nôtre par toutes les ressources que l'Irlande fournissait à la puissance de TAngleterre en subsistances, en marins et en soldats ; il n'est pas encore trop tard d'y réussir, mais il faut employer à cela l'homme qui a la plus grande probabilité de réussir axec le moins de moyens, parce que nous ne pouTons en ce moment employer beaucoup de moyens de ce côté. Je crois ne rien hasarder en assurant avec confiance que je suis le général de la République qui présente à un plus haut degré cette probabilité de succès, et celui qui peut en Irlande réussir avec le moins de movens raisonnables; en consultant les Irlandais qui se trouvent à Paris, le Directoire peut s'assurer que mon nom suffirait pour réunir autour de moi un très grand nombre d'amis de la liberté et de l'indépendance, principalement dans les provinces de Gonnaught et de Leinster, il me suffirait d*avoir un noyau auqqel ils pourraient se réunir et que ce noyau fût assez considérable pour leur en faciliter les moyens ; il serait seulement nécessaire de porter à 7,000 hommes le nombre de ceux destinés à s'embarquer à Brest, je prendrai ce surplus dans l'armée et sur les points où il y aurait le moins à craindre des attaques de l'ennemi qui pendant la mauvaise saison ne pourrait pas tenter un débarquement (en lui supposant des troupes destinées à cet objet) sur les côtes de Cherbourg et celles de Brest, il faudrait aussi joindre à la flottille déjà prête six vaisseaux de ligne, les meilleurs Toiliers ; avec ces moyens, je crois pouvoir répondre du succès avec certitude. En voici le résumé :
La 81* demi-brigade, déjà destinée à cet objet 1,500
La 40" demi-brigade i ,6(^0
La 6« d'infanterie légère i ,600
Chasseurs à cheval ou hussards non montés 600
12 compagnies de grenadiers déjà organisées en
bataillons i ,000'
La brigade étrangère déjà destinée à cet objet 800
Total 7,100
7 vaisseaux de ligne,
8 frégates, 25,0<i0 fusils,
40 pièces d'artillerie de tout calibre, 4,000 ou 5,000 habits et capotes, Et un million en numéraire.
Presque tous ces objets se trouvent sous la main et dans un mois, au plus tard, je pourrai les réunir à Brest.
Il est inutile que je dise au Directoire que ce ne serait qu'une avance que la II. i2
République ferait, et que, dans quatre mois, Flrlande serait en état de commencer à s'acquitter de cette dette ainsi que des frais qu'a occasionnés Texpédition du général Hoche.
Si le Directoire agrée ma proposition, je me concerterai avec les Ministres de la guerre et de la marine pour tous les détails nécessaires à mon prompt départ.
Mon premier aide de camp, le citoyen d'Arbois, qui est chargé de tous remettre ma lettre, aura Thonneur de recevoir les ordres que le Directoire jugera convenable de me donner.
Salut et respect. Kilmaine.
P,-S. — J'ai prié le citoyen Thompson, que j'ai déjà eu Thonneur de vous recommander, d'accompagner mon aide de camp quand il vous remettra ma lettre; le citoyen Thompson réunît la confiance illimitée des Irlandais et la connaissance la plus étendue et la plus exacte de Tlrlande et de ses ressources.
Telles quelles, les idées du général Kilmaine reçurent l'approbation du Directoire, et le ministre Bruix s'empressa d'expédier les premiers ordres.
Marine à Commandant des armes à Brest
5 yendémiaire (tô septembre).
Je vous préviens. Citoyen Général, que l'intention du Directoire exécutif est d'expédier pour une mission particulière une division composée de 6 vaisseaux, 2 ou 3 frégates et 1 corvette.
Je prescris, en conséquence, à l'ordonnateur de la marine, d'armer le plus promptement possible les vaisseaux :
Le Formidable, Le Dix-Août f Le Zélé,
auxquels seront joints le Wattigny, le J.-J, -Rousseau et la Constitution, et de leur faire donner quatre mois de vivres.
Gomme il est nécessaire de joindre quelques autres bâtiments à cette division et qu'il est possible que le citoyen Bompard n'ait pas effectué son retour à Brest au moment où elle pourrait prendre la mer, vous choisirez, de concert avec le commandant de la rade, les deux meilleures frégates disponibles
Ceci n'était que le début de la préparation au grand armement il sera question dans le chapitre suivant.
Presque simultanément, des instructions précises étaient envoyées au capitaine Savary et au commandant non encore désigné des troupes à embarquer à la Rochelle.
G^est le 30 septembre seulement que cette désignation fut faite, et cela, en dehors du gouvernement, par les soins du général MuUer, qui désigna le chef de brigade Gassagne, de la 3* brigade d'infanterie légère (1).
Le Ministre de la marine au commandant Savary.
7 Tendémiaire an ra (28 septembre).
J*ai reçu la lettre que tous m'ayez écrite le 4* jour complémentaire et par laquelle tous m'annoncez Totre départ de la rade du Verdon pour tous rendre à File d'Aix. Puisqu'il y aTait du danger à retourner au mouillage au moment où TOUS aTcz reçu tos ordres, je ne puis qu'approuTer le parti que tous aTez pris.
Je ne tous dissimulerai pas que j'ai été peu satisfait de tos obsenrations sur la nouTeUe mission que tous êtes chargé de remplir : un officier, quels que soient ses serTices et son ancienneté, doit s'estimer heureux d'être honoré de
la confiance du gouTernement Il ne m'est pas possible de joindre k Totre
expédition la frégate Xsl Charente Je donne des ordres au Tice-amiral
Martin de réunir à Totre paTillon la corTette la Vénus et le lougre le Renard,,,, Je TOUS obsenre de nouTeau que les ennemis doiTent garder plus soigneusement les parages où tous aTez abordé pour la première fois, et je tous inTite à prendre toutes les précautions possibles au moment de Totre atterrage. Vous pouTez choisir un point quelconque de la côte, depuis le Shannon jusqu'au cap Telling et même plus au nord.
ÀTant de mettre les troupes à terre, tous tous assurerez si le général Hardy est débarqué et s'il se maintient dans le pays. Alors tous tenterez tout pour débarquer les troupes Mais dans le cas où vous apprendriez que les républicains ont été forcés de se rendre à des forces supérieures, ou si après avoir épuisé tous les moyens d^avoir des nouvelles, il vous était absolument impossible de vous en procurer, vous effectueriez votre retour dans un des ports de France avec les troupes passagères.
Je TOUS recommande d'accélérer Totre sortie par tous les moyens qui sont en Totre pouToir Le Directoire n'a pas touIu destiner de général ni d'étatmajor pour la troupe que tous embarquez pour éviter toute espèce de lenteur.
Instructions à l'officier commandant les troupes embarquées sur la division en armement à Rochefort.
7 vendémiaire (28 septembre).
Le général Hardy, commandant en chef les forces de la République
en Irlande, est parti de Brest le 29 fructidor dernier avec environ 4,000 hommes de troupes et j'espère qu'il sera sûrement arriTé à sa destination. Destiné à le
(1) Ordre du général MoUer, commandant la 12* division, en date du 30 septembre {Archives de la GuetTe, expédition d'Irlande).
rejoindre et à le renforcer, il est nécessaire que tous fassiez toutes vos dispositions pour partir le plus promptement possible. J'espère que les hommes, les munitions et les effets qui doivent être embarqués ne tarderont pas à paryenir
à la Rochelle Le citoyen Savary a reçu des instructions détaillées sur la
route qu*il doit suivre et sur la partie des côtes d'Irlande où il doit aborder. . . . .11 est exclusivement chargé de la conduite des forces navales, ainsi vous n'aurez à vous occuper pendant la traversée qu'à soutenir le bon esprit et le
zèle des troupes Si, comme je Fespère, le général Hardy a effectué son
débarquement sans peine, et s'il s'est maintenu dans le pays, alors vous descendrez avec vos troupes et les munitions de toute espèce sur le point de la
côte que le commandant Savary aura déterminé Dans le cas où le général
Hardy n'aurait pas pu parvenir en Irlande , l'intention du Directoire est
que la division fasse son retour en France avec les troupes passagères.
Sans doute, cette circonstance est plus à prévoir qu'à redouter, et le général Hardy aura pu remplir l'objet de sa mission. Votre premier soin sera de l'informer de votre arrivée Vous demanderez au général ses ordres pour la
marche et ne négligerez rien pour le rallier le plus tôt possible. Par conséquent, vous éviterez tout engagement qui pourrait compromettre vos forces et vous ne tenterez aucune opération militaire quelle qu'elle soit, à moins que vous n'en receviez l'ordre formel ou qu'elle soit nécessaire à Totre jonction.
Si des Irlandais-Unis vous demandent à se réunir à nos troupes, vous ne les admettrez provisoirement qu'après vous être assuré, autant que vous en aurez les moyens, de leur attachement à la cause de la liberté. Vous les surveillerez et ferez surveiller avec soin jusqu'à ce que votre jonction ait été opérée.
Lorsque vous aurez rallié le général Hardy, vous lui communiquerez les
présentes instructions Il peut être assuré que le Directoire ne le perd
pas de vue, qu'il s'occupe constamment de lui faire passer des renforts et qu'il attend avec impatience la nouvelle de ses premiers succès
Le choix du citoyen Cassagne n'avait pas été heureux. Presque immédiatement il avait fallu le remplacer.
Muller au Ministre.
4 octobre.
Un incident fâcheux vient de me forcer à révoquer le choix que j'avais
fait de cet ofûcier (Cassagne) Je vous ai fait part de Tinconduite de la
3" demi-brigade à son passage à Chantonnay, Saint-Fulgent, etc., en vous
prévenant que j'avais traduit ce corps devant le conseil de guerre Le
capitaine rapporteur me fait connaître que le chef de brigade et quatre officiers seulement étaient désignés dans les dépositions J'ai ordonné l'arrestation du citoyen Cassagne J'ai été forcé de le remplacer par le citoyen
Cortez, adjudant général réformé Je lui donne des lettres de service pour
le commandement de l'expédition, avec l'injonction de se ranger sous les ordres des généraux Hardy et Humbert, dès qu'il aura accompli sa jonction.
Cela n'avait pas empêché la répartition des troupes d'être faite dès le 3 octobre.
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