II
Les échecs subis en 1798 devaient faire abandonner les projets d'oflfensive contre TAngleterre pendant plus de deux années.
Depuis le mois de décembre 1798 jusqu'à l'automne 1800, s'étend une période, que l'on pourrait appeler celle de la suprématie anglaise, car les forces britanniques de terre et de mer agissent d'une façon généralement offensive et la politique du cabinet de Saint-James est plus arrogante que jamais.
Pour la France, cette période est marquée par une situation militaire sur le continent d'abord critique et qui reste sérieuse jusqu'aux grands succès de Marengo et de Hohenlinden.
EUe domine la politique suivie \îs-à-vis de l'Angleterre qu'on ne cherche plus à attaquer, à qui on oflFre même la paix, sans parvenir à rendre cette puissance moins menaçante.
Le ministère Pitt ne perdit pas de temps pour profiter de ses succès en Irlande.
Dès le 22 janvier 1799, un message royal recommandait aux Chambres « de déjouer les projets de l'ennemi, qui désire rait en particulier une séparation entre l'Irlande et l'Angle- « terre ». C'était le début de la politique « unioniste », qui allait rendre plus dure que jamais l'asservissement de l'Irlande par la suppression de son Parlement et l'acte d'Union.
Bientôt après, l'entrée des Russes dans la coalition déterminait les Anglais à tenter une offensive contre la Hollande.
Ils espéraient détacher ce pays, où les partisans du stadthouder étaient nombreux, de son alliance avec la République française. Un résultat plus immédiat, et qu'ils atteignirent du reste, devait être la destruction ou la prise de la flotte batave, dans laquelle ils s'étaient ménagé de nombreuses intelligences.
Il suffira de citer, sur cette campagne anglo-russe en Hollande, quelques extraits d un document anglais officiel :
L'expédition combinée angio^ruase en Hollande en 1798.
(D*après TouTrage : Britisk minor expéditions, compiled in the intelligence branck of the qwtrtermaster*s department [service des renseignements de Tétat-mi^or général anglais], Londres, 1884.)