CHAPITRE VII
Le 22 mars, le Ministre de la guerre écrivait (1) à son collègue de la marine :
J'ai reçu, mon cher collègue, la lettre par laquelle tous me donnez connaissance de Varrété des Consuls en date du 22 ventôse^ qui ordonne Tarmement d'une flottille légère distribuée depuis Flessingue jusqu'aux côtes du Morbihan en 12 diyisions, formant ensemble 36 chaloupes canonnières et 216 bateaux canonniers et qui prescrit qu'il sera placé 33 hommes d'infanterie et 11 canonniers sur chaque chaloupe et seulement 18 hommes d'infanterie sur chaque bateau canonnier.
Je Tiens d'adresser des ordres au général en chef de l'armée de l'Ouest pour l'exécution de ces mesures en ce qui concerne les troupes à fournir pour les armements qui s'effectuent sur les côtes de la 13" diTision militaire, et je TOUS iuTite à charger les préfets maritimes de se concerter à cet égard ayec les chefs de la force armée.
Mais je tous obserye que le peu de troupes qui existent actuellement dans les 14®, 15* et 16* (2) dirisions militaires, ne permet pas de fournir dès à présent les détachements nécessaires pour les armements qui doiTent s'y effectuer.
Je TOUS préTiens cependant que plusieurs demi-brigades, retirées de l'armée du Rhin, Tont se rendre sous un bref délai sur ces différents points pour garnir la côte.
Je donnerai des ordres aussitôt leur arriTée pour qu'il en soit extrait le nombre d'hommes nécessaires pour le service.
(1) Correspondance générale,
(2) La 16* division comprenait les départenients da Pas-de-Calais, du Nord et de la Lys (Arrêté du 13 décembre 1800].
Le même jour, il précisa devant le Premier Consul la situation militaire des 14®, 15® et 16* divisions. Elle était des plus précaires :
Au général Bonaparte.
22 mars.
Le Ministre de la marine me prévient qu'il doit être placé sur chaque chaloupe canonnière :
i lieutenant, 2 sergents et 30 soldats d'infanterie, avec un détachement de iO canonniers commandés par un sergent.
Pour remplir à cet égard vos intentions, il est nécessaire de mettre à la disposition de la marine une force de 5,076 hommes d'infanterie et 396 canonniers.
Mais comme il ne se trouve en infanterie que :
hommes.
Dans la 16* division i bataillon de la 35* demi-brigade ... 617 Dans la 45*, le 2* bataillon de la 26* de ligne, composé de. 3i0 Dans la U*, le 2* bataillon de la 63* 813
Total 4,740
et qu'il pourrait y avoir inconvénient à disposer pour cet objet des troupes stationnées dans la 43* division, veuillez. Citoyen Consul, me faire connaître les troupes que vous destinez pour ce service particulier.
Dans la 16® division, la situation n'était pas plus brillante. Le général Pille, commandant en chef les l^ et 16® divisions, écrivait en effet le 27 mars (1) :
Pille, général de division, commandant en chef la 1^ et la 76* division ^
au Ministre de la guerre,
27 mars.
Il n'y a aucune troupe de ligne, soit à pied, soit à cheval, dans l'étendue ni sur les côtes des deux divisions. La place et le port de Dunkerque font avec raison les plus vives réclamations sur cet abandon total qui compromet la sûreté et la tranquillité par la connaissance journalière que le gouvernement anglais se procure d'autant plus facilement à cet égard, que c'est par ce port que s'effectuent les cartels d'échange des prisonniers marins.
Le 44* régiment de cavalerie qui m'était annoncé pour le t*'de ce mois n'est pas encore arrivé Il arrive demain, fort de 23 officiers et de 435 sousofficiers et cavaliers avec 8 (sic) chevaux de troupe. Vous jugez que, dans cet état, ce régiment doit être regardé comme nul au point de vue du service Le
(l) Correspondance générale.
général commandant la 34" division m'informe que des personnes dignes de foi, arrivant d'Angleterre à Ostende, ont vu s'embarquer 5,000 hommes, et que l'embarquement duquel ils font partie doit être de 18,000 hommes, dont tous les officiers avaient Tordre de se trouver à bord le 26 mars. Déjà une frégate et plusieurs bâtiments sont en vue du port d'Ostende et paraissent vouloir
menacer ce port
Les magasins militaires ne sont pas approvisionnés ; les hôpitaux sont dans un dénûment total
Quant aux défenses de terre, les lettres suivantes précisent leur état, au moins au Havre :
Remoiaaenet, adjudant commandant, au général Lucotte,
commandant la W division.
3 mars.
Je me suis rendu comme je vous l'avais promis dans ma précédente au Havre, j'ai parcouru toutes les batteries de côtes et c'est avec un extrême déplaisir que je vous annonce qu'elles sont en mauvais état. Plusieurs ont besoin de fortes réparations et celle du centre, la Patriote, est absolument détruite : un coup de mer l'a écroulée et l'on a été obligé à retirer les pièces de l'eau. La disparition de cette batterie occasionnera un vide considérable qui peut être aperçu de l'ennemi qui n'est que trop bien averti de ce qui se passe au Havre. J'ai témoigné au directeur de l'artillerie mon étonnemcnt de ce qu'on n'avait pas rétabli cette batterie essentielle : il m'a dit que le génie manquait absolument de fonds. Je lui ai répliqué que l'ennemi, pouvant s'apercevoir que cette batterie est disparue, pourrait profiter de cette circonstance pour jeter quelques volées de boulets sur la place, qu'il était nécessaire de monter les pièces sur leurs afifûts marins, qu'à la vérité les canonniers seraient à découvert, mais qu'il fallait étiblir des batteries-barbettes en attendant que l'on puisse faire des épauleraents. Mon avis sera suivi et la batterie rétablie.
Celles du nord sont en meilleur état et peuvent faire la moue à MM. les Anglais qui ne se frotteront pas autour d'elles. Ils n'ont pas quitté le Havre de vue dans la journée du ii : ils étaient au nombre de 5 frégates et de 2 corvettes. Lorsque j'ai fait la revue des batteries, il y avait une forte action d'engagée du côté de Dives Les 2 frégates et la corvette sont dans le bassin :
elles se disposaient à partir dans la nuit Je suis allé voir les frégates que
l'on chargeait Je vous assure, mon général, que je n'ai vu de calmes et
de silencieux que nos braves frères d'armes de la 26*. Eux seuls avaient l'air de dire : nous n'irons pas en Angleterre ; je vous avoue que j'ai été révolté de ce que j'ai entendu .... Je vous dirai de vive voix non pas ce que je pense de l'expédition que je ne connais pas, mais des expéditionnaires.
J'ai fait la visite de Tarsenal, mais il est dénué de tout; V Indienne et la Comète ont tout enlevé (1).
(1) Correspondance générale, année 1801.
Le Ministre de la Marine au Ministre de la guerre*
20 mars.
J*apprcnds, mon cher collègue, que la place du Hayre est absolument démunie de troupes, que les postes de la Tille sont confiés à la garde nationale, que les notices matelots sont chargés du service militaire dans les bassins et l'arsenal, et que les batteries de la côte ne sont point garnies de leurs canonniers.
Ce dénûment absolu de moyens de défense est fait pour exciter de vives inquiétudes, et je crois devoir vous prier instamment de faire filer sans délai des troupes sur le Havre.
Vous savez que plusieurs frégates sont en armement dans ce port, et l'ennemi est tous les jours en vue avec des forces supérieures : il pourrait tenter un coup de main auquel il serait impossible de résister si une garnison nombreuse n'arrive pas promptement au Havre ; et un nouveau motif doit vous inviter à diriger sur-le-champ des troupes sur cette place : je vous ai prévenu le 24 de ce mois des principales dispositions prescrites par le Premier Consul pour un armement de chaloupes canonnières et de bateaux canonniers au Havre. Je vous ai marqué que la plus grande partie de ces embarcations seraient armées au Havre et que, conséquemment, il est urgent d'envoyer dans ce port les soldats qui doivent, avec les marins, être employés à les manœuvrer
Fort heureusement, Farinée du Rhin était devenue disponible, et sa dislocation allait fournir un sérieux appoint à la défense des côtes de la Manche et de la mer du Nord.
Le Ministre de la guerre au citoyen Lomet
18 mars.
Présentez-moi les expéditions nécessaires pour Texécution des dispositions
suivantes Les 4" et 6* régiments de dragons retourneront en Batavie ainsi
que les 31% 85% 27% 56« et 29« demi-brigades légères, les 17« et 35« de ligne et 4 demi-brigades de l'armée du Rhin
L'armée du Rhin enverra :
4 demi-brigades en Batavie ;
5 demi-brigades dans la 26« division ; 4 demi-brigades dans la 25* division ; 4 demi-brigades dans la 24* division ;
1 demi-brigade dans la 22* division ; i demi-brigade dans la 18* division ; 4 demi-brigades dans la 16® division ;
2 demi-brigades dans la 11* division; 2 demi-brigades dans la 6* division ;
À demi-brigades dans la 5^ diTÎsion ;
2 demi-brigades dans la 4" diTision ;
3 demi-brigades dans la 3* divition.
Vous mettrez la 4* de ligne et la ii* légère dans la 4* division Vous
me présenterez aussi Tordre de réunir à Saint-Quentin 2 bataillons de sapeurs et les^autres bataillons à Mayence
Effectivement, le général Pille reçut l'avis (1) de l'arrivée des troupes suivantes dans les 1'®, 25* et 24® divisions :
Le Ministre de /a guerre au général Pille.
27 mars, i" Division :
9* demi-brigade, 2,300 bommes (2 bataillons à Ostende, i à Nieu-
port); 46* demi-brigade, 2,200 bommes (2 bataillons à Dunkerque, 1 à Gra-
velines) ; M* demi-brigade, 2,000 bommes (3 bataillons à Lille) ; 57" demi-brigade, 2,300 hommes (1 bataillon à Boulogne, 2 à Calais) ; 2* dragons, 720 cheyaux, à Lille ; 20® chasseurs, 512 che?aux, à Arras.
(Ces troupes arriTèrent du 4 au iO prairial.)
24« Division :
76® demi-brigade, 2,000 hommes (2 bataillons à Anvers, 1 à Malines) ;
84® demi-brigade, 2,600 hommes (2 bataillons à Gand, 1 à l'Ecluse) ;
89® demi-brigade, 2,200 hommes (3 bataillons à Bruxelles) ;
i08® demi-brigade, 1800 hommes (1 bataillon à Mons, 2 à Tournay) ;
13® dragons, 538 chevaux, à Bruxelles ;
2® hussards, 640 chevaux, à Gand ;
3® hussards, 768 chevaux, à Anvers.
25® Division :
36® demi-brigade, 2,100 hommes, à Maestricht ;
48® demi-brigade, 1900 hommes, à Vanloo et Ruremonde ;
94® demi-brigade, 2,400 hommes, à Liège et Huy ;
100® demi-brigade, 2,200 hommes, àNamur;
19® de cavalerie à Liège ;
11® chasseurs à Maestricht.
(1) Lettre do Ministre, 27 mars
D'autre part, la 14* division (général La BaroUière) recevait la 49* (1) à Caen, avec le 10* dragons, ce qui lui permettait de « concentrer [sic) le 2® bataillon de la 63® à Cherbourg, La Hogue et Valognes » (2) ; et la 15« division recelait le H floréal, à Rouen, la 98®, venant de Mayence (3).
D'ailleurs le besoin de troupes s'affirmait de toutes façons.
Le 26 mai, La Barollière écrit qu'il est inquiet des préparatifs d'une nouvelle chouannerie et d'une descente des Anglais, et qu'il n'a pas assez de troupes.
Lettre du ministre Forfait au premier Conaui.
28 mai.
Je Tois par la correspondance des préfets maritimes que les Anglais entretiennent de petites divisions à TouTcrture de plusieurs ports de la Manche où, probablement, l'attention de Tennemi est éveillée par le rassemblement des chaloupes canonnières et des embarcations armées qui se préparent en ce moment.
Comme il serait possible que les Anglais fissent une tentative pour incendier une partie de la flottille, et que même ils entreprissent quelques débarquements partiels il me paraîtrait inutile de faire cantonner des troupes sur
les points principaux du littoral de la Manche, et surtout de pourvoir au service des batteries de côtes en y destinant les hommes et les munitions nécessaires. . . . ,
Au Ministre de /a guerre^
29 mal.
On est fondé à croire que des exportations frauduleuses de grains s'effectuent.
Et le 3 mai le général Saint-Hilaire, commandant la 15* division, écrit :
Je profite de l'arrivée de la 98* demi-brigade, forte d'environ 1500 hommes présents sous les armes, pour remettre à la marine un bataillon de cette demibrigade, qui sera entièrement employé sur cette flottille, les deux autres m'étant d'une absolue nécessité, soit pour poursui?re les brigands, former un cordon de troupes sur les côtes, etc
(1) Lettre du Ministre, 18 mars.
(2) Lettre du général La Barollière, 11 avril.
(3) Lettre du Ministre au général Saint-Hilaire, 13 avril.
On ne consacra donc aux besoins de la flottille qu'une partie minime des renforts reçus.
Note du général Lomet, adjoint, au Ministre de la guerre.
27 mai.
Le général commandant la IS'^ division vient de fournir! bataillon et
4 compagnies pour la flottille du Havre. Le général La Barollière est requis par la marine de fournir iSOO hommesi pour être embarqués à Cherbourg.
Le Ministre de la guerre au général Pille (en lui communiquant
l'arrêté du 22 ventôse).
1" mai.
Je vous charge de donner des ordres pour qu*il soit mis à
la disposition du préfet maritime de Dunkerque le nombre nécessaire pour compléter les armements qui s'effectuent sur la côte de la 16* division, en profitant à cet effet des demi-brigades qui se rendent dans Fétendue de votre commandement et en prenant de préférence les hommes du dépôt de la marine de Dunkerque qui se trouvent incorporés dans la 35* demi-brigade, comme devant être les plus propres à ce genre de service.
Le Ministre de la guerre au général Mortier, commandant en chef
les t'« et t5« divisions (même lettre),
En profitant de préférence de la 98® demi-brigade, qui doit être rendue
à Rouen le 1 5 de ce mois, et en prenant de préférence les hommes les plus propres à ce genre de service
En ce qui concerne la 15® division, il s'agissait de fournir 1400 hommes.
Le Préfet maritime du second arrondissement au général Saint^Hilaire,
.Voici le détail :
Au Havre, 60 bateaux ; A Dieppe, 14; A Fécamp, 3; Au Tréport, 2.
En tout, 79 bateaux, sur chacun desquels je dois mettre i sergent, 2 caporaux et 15 hommes.
De plus, 3 chaloupes canonnières, sur chacune desquelles il faut 3 serçents, i sergent d'artillerie, 10 canonniers, 30 hommes d'infanterie, ce qui formera un total de 1400 hommes environ
Je TOUS rappelle aussi la demande que je tous ai faite des troupes nécessaires pour la garde des établissements maritimes du Havre : j'évalue leur nombre à 4400 hommes.
Je TOUS prie également de mettre à ma disposition 50 cavaliers, pour être «aployés à la recherche des marins déserteurs.
Il fallait, en outre, y igouter 100 canonniers, et l'ordre en fut donné le 28 mai.
Le Ministre de /a guerre au Général oommancCafit /a 15* division,
M mai.
Je vous charge de faire extraire des compagnies de canonniers volontaires des demi-brigades d'infanterie qui se trouvent dans la 15* division, im détachement de 100 hommes, que vous ferez mettre immédiatement à la disposition du préfet maritime du Havre.
De plus, le 3 juin, on envoya (1) dans la 14® division la 43« demi-brigade et le 3* bataillon de vétérans (2). Mais, en même temps, le général La BaroUière était invité à garnir les côtes sérieusement menacées (3).
(1) Lettre du général La BaroUière, 3 juin.
(i) Répartition des vétérans, — Lettre du général Pille.
3 Join.
U restera du !•' bataillon :
1 compagnie à Lille, 1 à Cambrai, 1 à Nord libre, 1 à Montreoil, 1 à Nienport^
1 à Aire; Du V, 3 compagnies à Calais ; Du 3*, la compagnie de Calais ira à Roaen ; celle de Montreoil, à Dieppe ; celle
d'Arras, à Ham.
(3) Rendu compte d'une attaque du Havre le 4 prairial, par t adjudant Giupard, commandant la subdivision des côtes et places maritimes de la Ib* division.
14 Juin.
n n'est pas difficile de connaître les intentions de l'ennemi, qui sont de détmira ou de
s'emparer de la flottille Toutes les précautions sont prises autant que le permettent
le peu de troupes que nous avons
Je viens de détacher une compagnie de la partie droite des côtes (Abbeville) pour Ten*
Le Ministre de /a guerre slu général Labarrolière (sic),
4 Jain.
• Le Ministre de la marine ayjint rendu compte au Premier Consul que les Anglais, inquiets sans doute par le rassemblement de chaloupes canonnières et d'embarcations qui se préparent en ce moment, entretiennent des divisions de quelques frégates et de quelques bâtiments, et qu'il serait possible qu'ils tentassent d*incendier une partie de la flottille ou de faire des débarquements partiels pour piller le territoire, tous sentez qu'il est essentiel de se mettre en mesure pour parer à ces deux événements.
Je vous autorise, en conséquence, à cantonner autant de troupes que tous le pourrez sur le littoral de la Manche et à garnir les batteries de côte des hommes et des munitions nécessaires pour assurer leur service.
Rapport au général Labarrolière, sur le port de Cherbourg»
tZ Juin.
Cette place, entièrement ouverte du côté de la terre, contient des établissements extrêmement importants à conserver et ce n'est pas sans surprise que je me suis rendu compte que, si les ennemis actuellement en forces, sous le prétexte de défensive dans les quatre îles environnantes, avaient Taudace de descendre à Tanse de Urville, distante d'une lieue de Cherbourg, comme ils firent en 1758, rien n'empêcherait qu'ils ne brûlassent les établissements et qu'ils ne se rembarquassent avant qu'on ait pu porter secours à la ville.
Cette descente s'exécuterait presque sans opposition, parce que quoique la
voyer au Havre seconder les efforts du commandant Roemont, dont le zèle depois ces différentes attaques a singulièrement contribué au succès que les batteries ont eu.
Le Ministre de la marine au Ministre de la guerre.
10 Juin.
U est à craindre que les armements qui s'exécutent au Havre, en excitant davantage les inquiétudes des Anglais, ne les portent à former quelque tentatiye contre ce port. La garnison est très insuffisante et vous jugerez sûrement qu'en raison de ces nouvelles tentatives
il est nécessaire de Taugmeuter'. Le service extraordinaire que la marine est en ce
moment chargée de faire au Havre exige qu'un bataillon de troupes soit mis à sa disposition Je vous entretenais de la nécessité d'avoir 10 mortiers à la Oomer. Trois de
ces bouches à feu sont destinées pour le port de Boulogne, mais, indépendamment de ce moyen de défense, il serait convenable que la marine pût disposer pour le même objet de 6 canons de 24 et je vous prie de donner, en conséquence, des ordres au directeur d'artillerie de la IS* division militaire.
Le U juin le Ministre de la marine demande 600 travailleurs pour les travaux de Boulogne.
Le 21, ordre du Ministre de la guerre en conformité avec le générai commandant la 16* division militaire.
Le même jour, le Ministre de la guerre informe le Ministre de la marine qu'il a donné l'ordre d'ayoir un bataillon disponible au Havre.
rade soit protégée par les batteries d'Oraonville et d'Arville, cette dernière n'ayant été construite qu'en terre, c'est-à-dire en sable et n'étant point fermée à la gorge, serait enlevée sans le moindre obstacle, surtout si l'on débarquait
de nuit C'est également avec surprise que j'ai trouvé dans les arsenaux
de Cherbourg seulement 340 fusils, encore sont-ils réclamés par la marine
(Transmis au Premier Consul le 1*' juillet).
Loritz, commandant d'armes à Dieppe,
Les Anglais, qui sont journellement en croisière devant Dieppe, se sont approchés hier au nombre de cinq navires, attirés par cinq bateaux plats qui étaient à l'ancre en rade; ils ont lâché une trentaine de coups de canon sur
les bateaux, mais très infructueusement Ils se sont ensuite retirés.
Comme il y a dans les sept batteries dépendantes de cette place 33 bouches h feu h servir, je suis bien éloigné d'avoir un nombre sufQsant de canonniers. S'il vous était possible de m'envoyer une compagnie, elle serait ici bien nécessaire
Enfin, le 21 juin, un bataillon venant de Tarmée d'observation du midi fut envové à Rouen.
Au Général commandant la 15* division.
SI juin.
Je VOUS préviens que le 1®' bataillon de la 26* d'infanterie légère venant de l'armée d'observation du midi, composé d'environ 500 hommes, doit arriver à Rouen le 6 thermidor prochain pour se réunir au second bataillon employé sous votre commandement.
Et le 13 juillet, 10 compagnies du 5® d'artillerie, stationnées à Metz, reçurent Tordre de se rendre au Havre (1).
Là s'arrêta Tenvoi des renforts.
C'est à ce moment que Tarrêté du 12 juillet organisa d'une façon définitive l'armement de 9 divisions de la flottille.
Les forces amenées sur les côtes parurent à peine suffisantes lorsque les Anglais les menacèrent sérieusement.
Le Ministre de la guerre au Général commandant la 16* division
à Arras,
29 juin.
Deux arrêtés des Consuls du 12 du mois dernier et du 2 de ce mois ordon-
(1) Lettre du Ministre, 13 avril.
nent de construire plusieurs batteries pour défendre l'entrée du port de Boulogne et le mettre h Tabri d'un bombardement.
Les f compagnies de canonniers employées dans la direction de Tartillerie de Saint-Omer sont insuffisantes pour armer ces batteries aussi promptement qu'il est nécessaire qu'elles le soient. Donc \ous voudrez bien envoyer dans le plus bref délai i\ Boulogne une des 3 compagnies de canonniers qui se trouvent dans votre division.
Le général Pille au Ministre de la guerre.
t juillet.
Il y a déjà plus de 400 ouvriers employés aux travaux du port de Boulogne et parmi ces ouvriers, près de 150 de la garnison sont payés à 30 sols par jour : cette garnison est en ce moment de 600 hommes et je donne Tordre au général Ferrand de la compléter au chiffre que vous prescrivez (lettre du 2 messidor), en les prenant dans les garnisons de Calais et de Saint-Omer, y ayant 1300 hommes dans la première et près de 300 dans la seconde.
Je vous rends compte aussi que le général Lebley, commandant d'armes à Dunkerque, m'écrit du i et m'envoie copie d'une lettre du chef des mouvements maritimes de ce port, qui demande 132 hommes de troupes de terre d'embarquement destinés à former le complément des équipages de 3 chaloupes canonnières
Ce soir, le général Lebley recevra mon ordre de fournir ces garnisons.
Le 16 juillet, le général Pille en rendant compte de Texécution des ordres relatifs aux 46®, 8® et 57®, ajoute :
Une division de 12 vaisseaux anglais s'est présentée devant le port de Boulogne à 2 heures après-midi ; la garnison a pris les armes,rennemi s'est ensuite retiré, à l'exception d'un lougre qui est resté mouillé presqu'en rade.
Le contre-amiral Latouche m'ayant fait prévenir que les Anglais devaient se porter avec des forces importantes sur les côtes de Boulogne, j'ai pressé l'arrivage des divers convois d'artillerie en marche, pour armer les nouvelles batteries, et j'ai donné l'ordre à un escadron du 7® d'artillerie légère de se porter rapidement de Douai sur Saint-Omer, dans le cas où l'ennemi tenterait un débarquement qui ne lui réussirait pas avec les braves demi-brigades qui sont sur les côtes.
Effectivement, le 26 juillet, 5 compagnies de la 51®, en garnison à Lille, furent dirigées sur Boulogne. C'était le moment où Tamiral Nelson s'occupait d'attaquer la flottille et où l'attitude des Anglais était si menaçante que de tous côtés on croyait qu'ils allaient faire une descente.