‹ 1793-1805 (volume 2)Chapitre 55 sur 62 · II · texte numérisé non relu

II

Rapport du générsil Ferrand.

31 jaiUet.

Suivant le rapport de plusieurs personnes Tenues d'Angleterre, rapports qui me sont connus depuis hier, il paraîtrait que le gouTemement britan> nique fait des préparatifs pour une expédition qui, k ce qu'on prétend, a pour objet Boulogne. Des bateaux qui ne tirent que 18 pouces d^eau sont en construction : des troupes se réunissent à Tembouchure de la Tamise. On confectionne avec soin et mystérieusement des brûlots et même des machines infernales, on attend Tescadre de la Baltique qui est destinée à cette expédition, et c'est Nelson qui doit la commander.

N'ayant que 1800 hommes d'infanterie à ma disposition, j'en avais

demandé 800 au général Pille Les dispositions préliminaires étaient

faites lorsque le chef de brigade Savary, aide de camp du Premier

Consul, est arrivé avec des ordres pour que tout soit sacrifié à l'urgence.

Après être convenus de mettre 600 hommes d'infanterie dans les batteries, d'établir des postes de troupes à cheval sur les côtes, à 800 toises à l'est de Boulogne, un seul camp dé 2,400 hommes d'infanterie, de 600 chasseurs à cheval et de 2 escadrons d'artillere légère, nous avons écrit l'un et l'autre au général Pille, afin qu'il fasse arriver avec la plus grande diligence ce qu'il faut pour compléter en infanterie et en artillerie légère le nombre d'hommes déterminé. J'ai expédié sur-le-champ pour que le 20^ chasseurs à cheval qui se

trouve dans ma subdivision se rende à grandes journées sur cette place

Je n'ai pas de chevaux de trait pour les bouches à feu ni pour les caissons de l'artillerie légère.

Il était heureux, du reste, que la 16® division eût des troupes disponibles, car Texécution de Tarrêté du 22 ventôse relatif aux garnisons des bateaux n'avait pas été complète.

Le général Pille au Ministre de la guerre,

18 jniUet.

Le 15 de ce mois, le contre-amiral Latouche-Tré ville, m'a informé de l'arrivée dans le port de Boulogne de la division de la flottille qu'il attendait du Havre d'où elle était partie le 10 et dont 16 bateaux des 3« et 5» divisions n'avaient pas les troupes fixées par l'arrêté des Consuls, en date du 22 ventôse, de sorte qu'il m'a demandé de mettre à sa disposition 1 6 sergents, 32 caporaux et 240 fusiliers, plus 50 pour 5 péniches et 41 pour compléter les garnisons de 3 chaloupes arrivées du Havre, ce qui présente un besoin de 379 fusiliers : il m'a demandé en même temps des chasseurs à cheval pour les correspondances de la côte et des canonniers J'ai rempli sur-le-champ toutes ces

demandes. La 50" a fourni les 379 hommes.

Par une seconde lettre, l'amiral m'informe qu'une nouvelle division composée de 18 voiles est arrivée du Havre sur la rade de Boulogne et qu'il

faut 266 hommes, ce qui fait avec la première demande 645 hommes.

Je donne à Tinstant des ordres au général Ferrand de faire fournir encore de nouveaux détachements par la 57" qui est à 2,000 hommes présents

Le contre-amiral me forme une troisième demande pour 1307 hommes destinés à 65 bateaux, 'I chaloupes et 2 péniches, qui dépendent de Dunkerque et

et qui sont en état de recevoir leur garnison en me témoignant le désir

que ce fut la 46" en garnison à Dunkerque et à Gravelines qui le fournit.

En attendant vos ordres je laisse à la disposition de Tamiral la 57"

jusqu'à concurrence de tout ce qu'elle pourra fournir sans compromettre les

deux places de Boulogne et de Calais Je ne puis, sans nouveaux ordres,

déplacer la 8" de ses garnisons d'Ostende et Nieuport, ni la 46" de Dunkerque et Gravelines

La 14® division avait, elle aussi, fourni 455 hommes pour la 9* division de la flottille, armée à Cherbourg (1).

Au moment où se produisit contre Boulogne la première attaque des Anglais, la situation était la suivante :

Le général Pille au Ministre de la guerre,

4 août.

Je vous ai rendu compte par le télégraphe de Lille que j*avais reçu ici,

le 14, votre dépêche du 13, par laquelle vous me faites connaître que l'intention du Premier Consul est que les troupes ne campent point» mais qu'elles garnissent la place et les commîmes environnantes.

Des deux bataillons de la 57" qui étaient à Boulogne, Tun, de 671 hommes, est placé en auxiliaire dans toutes les batteries du port et de la rade ; Tautre a fourni 440 hommes, embarqués sur la flottille, et les 160 hommes seront renvoyés au dépôt à Calais, sauf les grenadiers de ces deux bataillons, qui formeront la réserve de Boulogne avec les 3 compagnies de grenadiers et la 51", dont le premier bataillon sera dans la place avec Tétat-major; le deuxième, à la droite, dans les environs d'Ambleteuse, et le troisième, à la gauche de la Liane, cantonné également dans les communes.

Le 20" de chasseurs, qui est arrivé hier, aura un escadron à Calais, deux tant à Boulogne que dans les environs, dans les cantonnements de Tinfanterie et le quatrième à Montreuil et Hesdin, le pays étant mauvais du côté de Saint- Pol. Un escadron d'artillerie à cheval du 7^ arrive aujourd'hui, qui, joint à la compagnie qui est déjà ici, permettra d'en placer une à la gaucbe de la Liane, une à la réserve et l'autre du côté d'Ambleteuse.

L'ennemi fait, depuis 5 heures, un feu très vif contre la flottille, en rade,

(1) Lettre du 7 juillet.

La Barollière rend compte qa*il a fourni pour la 9* division de la flotte de la Mandie à Cherbourg, pour 3 canonnières, 132 hommes, et pour 18 bateaux canonniers ou bombardiers, 323 hommes ; en tout 455 hommes.

388 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE Vil.

mais sa poudre est beaucoup meilleure que celle de notre marine, de sorte que nos bombes ne Tont point atteint et il nous a coulé un bateau et une chaloupe canonnière à 1800 toises La marine est fort contente de nos troupes embarquées, qui montrent la plus grande ardeur et désireraient bien en Tenir aux mains et qu'il y ait un pont pour aller à Dou?res.

A 8 heures du matin, Tamiral m'a incité à faire venir promptement tous les mortiers à longue portée, des crapauds en fer et des «iffûts en bois des places de Saint-Omer, Aire, Montreuil, etc.

Le citoyen est de retour d'une course qu'il a faite à Douai, où le directeur La Martinière lui a promis il pièces de 24 et 14 de 16; le contre-amiral Latouche est baraqué à la Tour-d'Ordres, et les canonniers sont tous sous la tente, dans chacune des batteries

Le général Pille s'occupa avec la plus grande activité de rassembler à Boulogne les renforts en hommes et en artillerie dont Tattaque du 4 août avait montré la nécessité.

Le Ministre de la guerre au Premier Consul.

6 août.

Le général Pille, commandant la i6* division, vient de me rendre compte que, d'après la demande que lui en a faite le citoyen Savary, aide de camp du Premier Consul, de rassembler de suite à Boulogne un corps de troupes fort de 3,0iJ0 hommes, il a fait diriger sur cette place la 51* demi-brigade, le 2U' chasseurs et tout ce qui a été disponible du 7* d'artillerie à cheval, à l'exception d'une compagnie qui se rend à Bruges et d'une autre qui se rend à Dunkerque, mais il expose que toute l'infanterie de sa division se trouva sur les côtes

Il existe dans la 25*^ division 4 demi-brigades : à Maêstricht, Ruremonde, Venloo et Namur

Le général Pille au Ministre de la guerre.

11 août.

11 (mon aide de camp) est parvenu, avec beaucoup de difficultés, à

trouver dans les sept places de Saint-Omer, Hesdin, Saint- Venant, Béthune, Arras, Douai et Lille, ^HH mortiers; il les a fait partir de suite et il y en a déjà 30 d'arrivés; une partie se monte sur les batteries de la rade, quelques-uns seront mis à la disposition de la marine, pour être embarqués sur de nouvelles bombardes

Tout le monde se rendait compte, en effet, que les Anglais allaient renouveler leur attaque.

Le général Bonnard, commandant la 24* division, à Bruxelles,

au Ministre de la guerre,

7 août 1801.

J*ai Thonneur de tous informer, Citoyen Ministre, que le général Osten, commandant dans l'Ile de Walcheren, à Middelbourg, d'après des données verbales de quelques personnes dignes de confiance, vient de me prévenir qu'il i*egardait comme certaine la tentative d'une descente des Anglais sur la côte des îles de et de Walcheren.

L'amiral Nelson dit qu'il est arrivé à Deal le 31 juillet, et que l'amiral Ludridge lui a remis le commandement de la flotte mouillée dans les Dunes et destinée pour une expédition secrète. Cette flotte est forte de 30 frégates, 3 vaisseaux de ligne et d'un grand nombre de bateaux canonniers et brâlots, et le bruit courait à Deal que c'était pour brûler les bâtiments en rade de Flessingué et Terre-Weed, bombarder ces villes et bloquer l'île de Walcheren lors de l'arrivée de Nelson h Deal qu'il se trouvait dans ce port quatre petits bâtiments fraudeurs, qui ont été mis en réquisition pour servir de pilotes dans cette expédition ; mais, les capitaines de ces bateaux, auxquels il était offert 8 livres sterling par jour pour s'engager, ont refusé et ont été pris par force ; enfin le général Osten ajoute, toujours sur des renseignements verbaux, que les habitants de Deal et les Anglais résidant à Middelbourg croient efiectivement que cette expédition est destinée pour l'île de Walcheren et que leur intention, au moins présumée, était de s'emparer avant tout, afin de s'assurer

leur retraite au besoin, de l'île de pour ensuite se retirer par la passe du

nord, dans le cas où Flessingué offrirait trop de résistance J'ai, à cet

eff*et, fait porter dans cette île un escadron du 2® régiment de hussards et plusieurs compagnies de la 84*, pour renfort de celles existantes déjà, de sorte que maintenant il s'y trouve suffisamment de troupes, qui ne tarderont pas

d'ailleurs à être promptement augmentées par celles qui sont stationnées

dans ]'Escaut, et que je fais arriver la majeure partie sur les points d'Assenede

et Ecloo, afin d'être à proximité des îles J'ose vous assurer que l'Anglais

sera vigoureusement accueilli s'il veut tenter une descente ou toute autre expédition sur le territoire des côtes de la 24* division

Le général Pillé au Ministre de la guerre,

7 août 1801.

Des bateaux qui ne tirent que 18 pieds d'eau sont en construction à Douvres, des troupes se réunissent à l'embouchure de la Tamise ; on confectionne avec soin et mystérieusement des brûlots et même des machines infernales, on attend l'escadre de la Baltique qui est destinée pour l'expédition, et c'est Nelson qui doit la commander; on prétend qu'elle a pour objet le port de Boulogne

Le général Pille au Ministre de la guerre.

16 août.

J'ai renvoyé depuis l'attaque du 4 : 1* les 2 compagnie» de grenadiers et le

i** bataillon de la 51*, dont les deux autres bataillons sont cantonnés à droite et à gauche de la place, ainsi que je le détaille ci-après; î* Tétat-major et un escadron du 20* chasseurs, un autre escadron à une lieue autour de Boulogne, le 3« à Calais et Ardres et le 4« h Montreuil et à Hesdin ; 3* Fétat-major et une compagnie du 20* d'artillerie légère, à Boulogne, une compagnie dans chacun des deux cantonnements de droite et de gauche, une compagnie à Calais, la 5* à Dunkerque et la dernière à Ostende.

Le i« bataillon de la 51* est cantonné entre la rive droite de la et l'arrondissement de Calais, dans un rayon de 9,000 mètres du bord de la mer, de manière que les compagnies, assez rapprochées entre elles, puissent se réunir en moins de deux heures sur un même point; elles occuperont les communes de Tardinghen, Jughen, Audinghen, Audembert, Basinghen, Marquise, sur la route de Calais, et la Capelle sur celle de SaintrOmer, pour la police de ces communications et ne laisseront sortir ni déserteur marin ni pénétrer des Tagabonds espions.

La 2* compagnie d'artillerie légère sera cantonnée dans les communes de Leilingfaen, Marquise, Wacquighen et Offrethun, son parc sera à Marquise, d'où il pourra se porter en moins d'une heure sur tout TEstran, qui forme son front.

Le 3* bataillon de la 51* est cantonné le long et sur les deux riTes de la Liane, à Eckinghen, Saint-Léonard, Isque, Condette, Hesdigneul, Famer, Neufchâtel et Étaples.

La 3* compagnie d'artillerie légère sera à la gauche de la Liane, à Ontreau et Saint-Étienne-au-Mont. Une compagnie de chasseurs à cheval occupera les communes de Saint-Martin-les-Boulogne et Bainctun.

Tai fait donner connaissance de ces dispositions au sous-préfet

n y ayait à midi, mouillés à fîOO mètres de notre ligne : 3 Taisseaux de ligne, î frégates, 2 bombardes, 1 vaisseau armé, 7 bricks, i lougre et 16 cutters, avec beaucoup de petites embarcations. Soit que le vent ne soit pas favorable, soit que les moyens ne fussent pas prêts, il parait diiférer l'attaque dont il menaçait ce matin notre flottille, mouillée en ligne dans la rade, en avant, et à 500 toises du port, mais il parait y renoncer ce soir, quelques-uns de ses cutters s'étant déjà éloignés.

Mais, heureusement, la tentative faite par les Anglais dans la nuit du 16 au 17 août échoua.

Le général Pille au Ministre de la guerre.

17 août

Cette nuit, à 1 heure, une grande quantité de canots chargés d'hommes sont venus attaquer la flottille. Ils sont montés à l'abordage, mais ils ont été vigoureusement repoussés. Marins et soldats ont fait leur devoir de la façon la plus brillante. Le capitaine de vaisseau Desrieux a tué de sa main les deux premiers Anglais qui ont sauté à son bord ; il a été légèrement blessé. Le capitaine Bretevillois a eu le bras cassé, l'aspirant Lacombe a été tué, un autre

LE ROLB DBS TROUPES DE TERRE. 391

blessé ainsi que 3 matelots. Le lieutenant Renaud, de la 57* a été blessé ayec 27 soldats; 8 ont été tués. Les Anglais ont dû perdre beaucoup de monde

Rapport de Leoamus, commandant à Boulogne.

17 août.

J*ai Thonneur de tous rendre compte que Tennemi a attaqué cette nuit la petite flottille en ligne dans la rade de Boulogne. Le combat a commencé à minuit et demi et n'a cessé qu'au grand jour. L*ennemi, aTec plus de 100 embarcations, a abordé à diiTérentes reprises notre flottille composée de la 5^ division montée par le bataillon de la 57*^, et des détachements de la8<^, de ^49*^ et de la 108^ demi-brigades. Ces anciens braves ont occasionné une perte considérable à Tennemi qui a tenté plusieurs fois Tabordage. Nos batteries de terre et les troupes qui bordaient le rivage ont fait des merveilles. Nous avons perdu 7 hommes morts, 29 blessés dont 2 marins L'ennemi nous a laissé 3 prisonniers, quelques chaloupes ; nous lui avons eoulé 3 ou 4 péniches, et sûrement il ne doit pas être content de sa tentative Le bataillon du 5* d'artillerie à pied arrive aujourd'hui à Boulogne, il sera réparti demain dans toutes les divisions.

Le détail des pertes subies par les troupes de terre était le suivant :

Ëtat des pertes subies dans le combat du 16 (Lecamus).

18 août.

8* demi-brigade, i sous-officier blessé ;

45* demi-brigade, i officier blessé, 18 soldats blessés, 6 soldats tués ;

46* demi-brigade, i soldat blessé.

Totaux : 6 tués et 21 blessés.

A ce moment, la situation sur les côtes était devenue très bonne au point de vue défensif. L'armement de Boulogne était complet :

Etat de batteries maritimes de Boulogne,

19 août.

Batteries de la droite :

De la Crèche, 3 mortiers de 12 ;

De la République, 6 pièces de 24 ;

Du Moulin-Hubert, i pièce de 24, 1 de 18, 1 gril, 2 mortiers de 12.

Batteriei du centre :

De la Tour-d' Ordres, 6 mortiers de 12 à la Gomer ; De rAmiral, 2 mortiers de 12 à la Gomer ;

Du four à chaux, 3 pièces de 21, 1 fourneau portatif à rougir les boulets.

Batteries de gauche :

Du musoir, 4 pi^ces de 24, 1 fourneau à réverbère ;

Des Dunes, 4 pièces de 24 en bronze ;

Nationale, 4 pièces de 24 en bronze ;

Fort Chfttillon, 3 pièces de 24 en fer, 2 mortiers de 12 ;

Du Préfet maritime, 3 mortiers de 12, 2 h la Gomer, 1 à chambre

cylindrique ; Du Mont de Coupe, 2 pièces de 24, 1 de 18.

Totaux : 27 pièces de 24, 2 de 18, 18 mortiers de 12 pouces.

Les troupes réparties sur la côte étaient en nombre suffisant pour résister à une attaque.

Rapf>ort fait aux Consuls par le Ministre de la guerre,

26 août.

Le général Pille, commandant la l*"^ division militaire, m'informe que la flotte commandée par l'amiral Nelson et composée de : 3 vaisseaux de ligne, 2 frégates, 2 bombardes, 1 vaisseau armé, 7 bricks, 4 lougres et 16 cutters, continue de rester en présence à environ 600 mètres de la flottille qui se trouve mouillée en rade, et à environ 900 mètres en avant du port. On s'attendait à être attaqué le 27, mais dans la soirée du 28, plusieurs vaisseaux et cutters anglais se sont éloignés en mer.

Les troupes réunies en ce moment à Boulogne et dans les environs sont disposées comme il suit :

57* demi-brigade, 1 bataillon dans la place, 1 à droite, 1 à gauche ; 20* chasseurs à cheval, 1 escadron à Boulogne, 4 entre ce point et une

lieue de distance, 1 à Calais et Ardres, i à Montreuil et Hesdin : 1* régiment d*artillerie légère, 1 compagnie à Boulogne, 1 à droite et

1 à gauche, 1 à Calais, 1 h Dunkerque, 1 à Ostende.

Toutes les mesures sont prises pour qu'en moins de deux heures de temps, il puisse être réuni des forces importantes sur un seul point.

. La situation n'était pas moins favorable dans la 15® division

OÙ 1 compagnie du 5® d'artillerie venait d'arriver pour être employée au Havre (1).

Le général Saint-Hilaire au Ministre de la guerre,

26 août.

Venant de parcourir la presque totalité des côtes maritimes de la

division que je commande, j*y ai trouvé tout dans le meilleur état possible.

Toutes les mesures sont prises pour repousser victorieusement une

attaque de Tennemi..... Tous les postes sont passablement garnis de troupes

d'infanterie et d'artillerie ainsi que de munitions Toute la division jouit

de la plus parfaite tranquillité, sauf le département de TEure , mais la

surveillance active y seconde puissamment l'autorité civile

On y ajouta 2 compagnies du 8® d'artillerie à pied, venant de Rennes, et qui arrivèrent au Havre le 23 août (2).

Dans la répartition ou les mouvements de ces troupes on ne saurait voir un signe quelconque se rattachant à un grand embarquement en vue d'une descente.

Cest de la défensive la plus stricte^ dont les conditions d'abord très mauvaises vont en s'améliorant. Les côtes de France sont mises peu à peu à l'abri d'une insulte, mais celles d'Angleterre n'ont jamais été menacées.

(1) Lettre du 25 août.

(2) II n'y avait à Dunkerque que 612 fantassins et 70 cavaliers (Rapport du directeur des fortifications, 2 septembre).

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